18/04/2025
Bouaké, 500 ans avant JC
Ce matin, les tam-tams se sont tus,
Et l’aube m’a salué d’un silence lourd.
Sur la natte de mes années,
les souvenirs rampent
Comme des serpents d’ombre dans le jardin du temps.
Ils appellent ça un anniversaire.
Je devrais souffler des bougies,
mais c’est moi qu’on éteint, chaque année un peu plus.
Comme un crachat de Dieu.
Je suis né aujourd’hui,
il y a longtemps.
Trop longtemps.
Et que reste-t-il ?
Un corps fatigué de porter un nom,
un cœur qui tape comme une porte qu’on n’ouvre plus,
une bouche pleine de poèmes que personne ne veut entendre.
Les années m'ont vêtu de sagesse
Mais aussi de solitude,
Car chaque bougie que je souffle
Est une étoile morte dans le ciel de mes espérances.
Je me sens vieux,
Vieux de mes questions,
de mes amours défaites, de mes promesses
Mon cœur bat au rythme d’un tam-tam brisé.
Et mes mots, ces oiseaux fidèles, tournent dans le ciel sans trouver de branche où se poser.
Je suis né dans un soupir que nul n’a entendu,
Un matin sans couleur, sans bras tendus.
Depuis, je porte en moi le poids de cette absence,
Comme un chant inachevé, comme une danse en silence.
On me dit : « C’est ton jour », mais c’est le jour du vide,
Une cloche qui sonne creux, un refrain timide.
Je suis la fleur fanée qu’on arrose trop t**d,
Un sourire peint sur un masque blafard.
Alors je souffle (non la flamme) mais le vent,
Celui qui me traverse et m’emporte en rêvant.
Et je redeviens cendre, un instant suspendu,
Poète né trop tôt, ou trop longtemps venu.