23/02/2026
🌙 Chronique du Ramadan – Jour 5
Je me suis réveillé à 01h38, encore une fois arraché au sommeil par cette insomnie qui me tient compagnie bien avant le Ramadan. Allongé dans le silence de la nuit, j’essaie de comprendre ce qui m’arrive, d’en saisir la cause… mais les réponses se dérobent à moi. Il ne me reste que le calme, les pensées et ce dialogue intérieur que seule la nuit sait imposer.
Aujourd’hui n’était pas un jour ordinaire. Nous marquions le 7e jour du rappel à Dieu de tonton DIOMANDÉ Mamadou, époux de tata Bintou BAMBA. Famille, proches et amis se sont réunis pour élever des prières en faveur du repos éternel de son âme.
Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, l’accueille dans Sa lumière et lui accorde le Paradis.
Les guides religieux, à travers des témoignages empreints d’éloges et de gratitude, ont rappelé la noblesse de son parcours. Un homme reconnu pour sa constance dans l’adoration, pour sa discrétion dans le bien, pour une vie tournée vers son Seigneur. Des paroles sincères qui apaisent les cœurs et honorent la mémoire du défunt.
Ce fut également un moment de retrouvailles. Pour beaucoup d’entre nous, les années s’étaient écoulées sans que nous ne nous revoyions. Malgré le contexte de deuil, il y avait cette chaleur humaine, cette joie profonde de se retrouver, de renouer des liens que le temps n’a pas effacés.
Après la cérémonie, je me suis rendu à la cité universitaire pour prendre part à la rupture collective du jeûne. Un moment simple, fraternel, où les regards fatigués par la journée retrouvent éclat autour d’un repas partagé. Puis je suis rentré chez moi.
Mais sur le chemin du retour, une scène m’a profondément marqué. Un jeune homme, à peine vêtu, s’est approché de moi. Son regard trahissait la détresse.
« Tonton, j’ai faim… aide-moi s’il te plaît. »
Pris au dépourvu, je lui ai répondu, presque honteux :
« Je suis désolé, je n’ai pas de pièce sur moi. »
À ma grande peine, il s’est effondré dans une supplication insistante. Cette image m’a serré le cœur.
Son insistance n’était pas du théâtre, c’était la faim. Une faim réelle, brutale, humiliante.
Je me suis senti impuissant. Incapable de soulager une détresse si proche, si tangible.
J’espère sincèrement qu’Allah orientera vers lui une âme charitable, une main généreuse qui saura répondre à son appel.
Le Ramadan nous confronte à nous-mêmes. À notre humanité. À nos limites. À notre responsabilité envers les autres.
C’est sur cette note mêlée de recueillement, de gratitude et de réflexion que je vous donne rendez-vous demain, pour une nouvelle page de cette chronique.
À demain, si Dieu le veut. 🌙