18/01/2023
Merci à Antoine Le Roy pour sa critique dans le Journal du Jura de mardi à propos du concert de Lionel Friedli & the Counter Punchers.
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Poinçonner l'instant d'après
Initiée par le Kartell Culturel, la formule des résidences de création fait florès au Singe. Il s'agit d'offrir à tel artiste sélectionné un accueil de quelques jours sur place, afin qu'il y prépare un concert en toute indépendance. Invité de janvier, le batteur biennois Lionel Friedli donne d'emblée une mesure internationale à son projet, conviant le contrebassiste londonien John Edwards, ainsi que le guitariste zurichois Flo Stoffner, à le rallier dans l'aventure.
Après cinq jours de labeur, le trio est rejoint samedi soir par plus de cent personnes au taquet. Affamé de musique actuelle, de celle qui convie à la noce des paradoxes (entre rigueur technique quasi ascétique et abandon de tout déterminisme musical), le public s'en prend plein les esgourdes.
Passant illico de bas en haut. l'auditoire décolle dans une dimension qui s'avère impossible à saisir en mode instantané. Une comparaison hardie s'impose: tout comme on ne voit pas la poussée de l'air sur les ailes d'un avion, on n'entend pas la logique prévalant à l'enchaînement des fractions sonores dans ce genre non programmé à l'avance. Tout au plus pronostiqué, quand, comme ici, la matière traitée gicle aussi spontanément, fortement... et durablement.
D'une vélocité extrême, le tempo de la batterie s'allie sans coup férir avec celui de la contrebasse.
Révérencieuse face à l'inattendu, à la fois variée et inventive, l'alerte grand-mère s'échappe, entre petits patterns singuliers et forts accents issus d'ailleurs, dont celui du kalimba! Dans cette trame ultra-resserrée, la guitare ponctue le flow dans une subtile économie de langage, renonçant à occuper tout le manche pour extraire, encore et encore, les composés volatils de quelques notes toutes nues. Vivement un premier CD de Lionel Friedli and The Counter Punchers!