05/09/2025
Témoignage de l’ONG CIAF/Centrafrique, à l’occasion de la cérémonie officielle de lancement du Projet de Renforcement du Rôle de Organisations Féminines dans la Prévention et la Gestion des Conflits pour une Paix Durable en RCA ainsi que des Initiatives du Fonds des Femmes pour la Paix et l'Action Humanitaire (WPHF)
Bangui, le 04 septembre 2025
• Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
• Madame le Ministre de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant ;
• Mesdames et Messieurs les Membres du gouvernement ;
• Mesdames les Représentantes des Institutions de la République ;
• Monsieur le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies, Représentant Spécial Adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique ;
• Madame la Représentante d’ONU Femmes ;
• Monsieur le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droit de l’Homme ;
• Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences du Système des Nations Unies, du Corps diplomatique, du Corps Consulaire et des Organisations Internationales ;
• Madame et Messieurs les Gouverneurs des Régions ;
• Madame la Vice-Présidente de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui ;
• Mesdames et Messieurs les Maires ;
• Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations non gouvernementales nationales et internationales ;
• Mesdames les Responsables des Organisations de la Société Civile, chères Sœurs ;
• Distingués invités en vos rangs, grades et qualités ;
• Mesdames et Messieurs.
A l’occasion de la cérémonie officielle de lancement du Projet de « Renforcement du Rôle des Organisations Féminines dans la Prévention et la Gestion des Conflits pour une Paix Durable en République Centrafricaine » ainsi que du projet issues des Initiatives du Fonds des Femmes pour la Paix et l’Action Humanitaire (WPHF), je voudrais, à travers ce témoignage, porter la voix des organisations féminines de la Société Civile, afin de remercier ONU Femmes pour tous les appuis fournis, qui nous ont permis de jouer nos rôles d’actrices de paix et de relèvement, tels que prescrit dans la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et saluer les objectifs de ces 2 projets qui visent de manière ciblée le rôle que doivent jouer les femmes pour une paix plus durable et inclusive en République Centrafricaine.
Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.
Ce témoignage, je le fais à triple titre. D’abord en ma qualité de Présidente de l’ONG CIAF/Centrafrique, l’une des 8 organisations dont les propositions de projet, soumises au Fonds des Femmes pour la Paix et l’Action Humanitaire, viennent d’être retenues par le comité technique de sélection.
Je me de rappeler que l’ONG CIAF/Centrafrique a été créée à mon initiative le 11 septembre 2004 et elle est la Section Nationale d’une organisation inter africaine dénommée « Comité Inter Africain pour la lutte contre les Pratiques Traditionnelles Néfastes et les violences faites et aux Femmes et aux Enfants », créé à DAKAR, au Sénégal, le 06 février 1984.
Je le fais également en tant qu’organisation ayant bénéficié de plusieurs appuis d’ONU Femmes en vue d’apporter des réponses aux conséquences des conflits que notre pays a connus.
Et enfin en ma qualité d’ancienne Présidente Nationale de l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA), élue lors du dernier congrès tenu en juillet 2017, l’OFCA étant une grande organisation à assise nationale, créée depuis 1964 et qui continue de jouer son rôle de lead auprès de nos populations.
Je reconnais que l’OFCA a également bénéficié de plusieurs appuis d’ONU Femmes, surtout dans le cadre du Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF).
Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.
Permettez-moi de témoigner aussi d’une intervention d’ONU Femmes en République Centrafricaine, au temps fort de la crise en 2014, alors qu’il n’y avait encore de représentation de cette Agence dans notre pays.
En effet, la situation humanitaire déjà difficile, s’était détériorée après les violents affrontements du 5 décembre 2013 et en janvier 2014, l’on estimait à 922 000 le nombre de Personnes Déplacées Internes réparties sur l’ensemble du territoire centrafricain, et le nombre des réfugiés dans les pays voisins était estimé en 250.000 en mai 2014.
Dans la ville de Bangui, on comptait sur la même période, 317.635 personnes déplacées internes dont 142.635 réparties sur 69 sites.
Cette situation avait amené la Communauté Internationale à déclarer notre pays au niveau 3 de l’urgence humanitaire, c’est-à-dire au même titre que le niveau de crise au Mali, en Syrie, aux Philippines, etc.
Les atrocités, accompagnées de violences basées sur le genre, notamment les violences sexuelles ont accentué la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles, pour lesquelles une assistance multisectorielle était nécessaire pour leur survie et leur réinsertion sociale.
C’est ainsi que lors du passage à Bangui en 2014 de Dr Phumzile MLAMBO-NGCUKA, Directrice Exécutive d’Onu Femmes à l’époque, Madame Catherine SAMBA-PANZA, Chef d’Etat de la Transition, l’a sollicité pour une action d’urgence en faveur de ces victimes. Sensible à ces doléances, Madame la Directrice Exécutive a accepté d’appuyer notre pays en apportant un soutien aux victimes survivantes de ces violences, grâce au Fonds Français MUSKOKA.
Ce programme d’accompagnement, suivi par le Bureau Régional ONU Femmes Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale de DAKAR, a été mis en œuvre par l’ONG CIAF/Centrafrique qui, après une soumission, a été retenue comme partenaire d’exécution entre 2014- 2015.
Le programme a démarré par :
• la formation de 60 Agents Psychosociaux par un Consultant International, le Professeur Serigne Mor MBAYE, Psychologue Clinicien ;
• la mise en place d’un Dispositif Itinérant d’Appui Psychosocial (DIAP) sur 31 sites ;
• la prise en charge des victimes survivantes à travers l’écoute active, le suivi psychosocial, le référencement médical et l’appui pour une solution durable à travers les activités génératrices de revenus.
En termes de résultats, 4.096 femmes survivantes de violences liées aux conflits dans les huit (8) Arrondissements de Bangui, les Communes de Bimbo et Bégoua et sur les sites de déplacés ont ainsi été prises en charge de manière holistique.
Par la suite un Bureau de coordination d’ONU Femmes a été ouvert en République Centrafricaine et la suite se passe de commentaires.
Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement ;
Madame la Représentante d’ONU Femmes.
La question de la prise en charge des femmes victimes violences sexuelles liées aux conflits est d’une immense complexité et exige notre pleine attention dans la mesure où il existe des victimes silencieuses qui vivent un calvaire faute de programmes suffisants de prise en charge.
C’est le capital humain qui est ainsi altéré.
Pour conclure ce témoignage, je suis convaincue que les femmes ont un rôle central à jouer en cette période de reconstruction nationale, d’abord parce qu’elles sont donneuses de vies, parce qu’elles élèvent et éduquent les enfants, parce qu’en période de conflits, elles assument la survie de la famille et qu’à ce titre, elles savent sans doute mieux prévenir.
Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, la femme, la maman, est la 1ère éducatrice de l’enfant. Elle participe au quotidien à l’éveil de son caractère, elle influence ses comportements, elle guide ses premiers pas dans la vie. La paix étant une valeur qui doit prendre place dans l’éducation de l’homme, la responsabilité d’une mère est engagée quant à son incorporation dans ce processus. Même si cet enfant doit être exposé plus t**d aux agressions de la société, la cellule familiale devrait l’avoir façonné pour en faire un être de Paix au service de la Paix.
Ainsi donc grâce au partenariat et au soutien de l'ONU-Femmes, les femmes doivent désormais être des moteurs de la paix et du progrès en RCA, participant activement aux dialogues communautaires et remettant en question les normes traditionnelles néfastes.
Je ne pourrais terminer ce témoignage sans remercier Madame la Représentante d’ONU Femmes qui, suite à ma requête, a marqué son accord pour la prise en charge de l’organisation de l’Assemblée Générale ordinaire de CIAF Centrafrique, ce qui permettra de renforcer notre cadre de gouvernance et nos capacités institutionnelles.
La Société Civile féminine s’aligne derrière le gouvernement et se positionne en tant que son bras technique auprès de la population à la base, pour faire progresser l’agenda d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes en Centrafrique.
Le changement est possible et nous y contribuerons.
ONU FEMMES UN JOUR, ONUFEMMES TOUJOURS !!!
Je vous remercie de votre aimable attention.