15/08/2021
LA SOUPE DE SIDONIE
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Sidonie dirige une ONG « humanitaire ». Citadine moderne et engagée, mais d’extraction
populaire, elle a l’esprit fort occupé par un sport bien connu : la chasse aux subventions. Ce soir,
un bailleur venu des pays riches a souhaité faire connaissance avec « l’Afrique profonde ». Il est
attendu à dîner par la militante, installée dans sa cour. Sidonie commence à préparer le repas.
L’eau boue dans la marmite.
Boubakar, son époux, est un ingénieur au chômage, spécialisé dans la conception et la
réalisation de «monuments historiques et machines spéciales». Débouchés rares, métier ingrat,
mais passion exclusive, donc aigreur assurée. Pour Sidonie, c’est un paresseux, un phraseur. Elle
ne se prive pas de le lui dire. Boubakar espère beaucoup sur la venue du bailleur pour plaider
en faveur de l’œuvre de sa vie : un restaurant panoramique en forme de léopard géant (symbole
patriotique de la RDC ) Sidonie voit d’un très mauvais œil cette intention perturbatrice,
susceptible de détourner à son profit l’attention du bailleur.
De Boubakar, la moderne Sidonie, adepte du planning familial, n’a voulu avoir qu’une seule
grossesse. Résultat : des triplés ! Dieudonné, surnommé « Ben Laden », est adepte d’une secte
islamique, qui refuse le contact avec tout ce qui touche d’une manière ou d’une autre au monde
occidental. Dieumerci est un « ultralibéraliste » touché par la grâce des évangélistes born again.
Sidonie considère l’un et l’autre comme des bons à rien. Elle compte surtout sur Gloiradieu,
émigré en France. Elle a néanmoins fait appel à tous les trois pour qu’ils l’aident à préparer un
repas susceptible de séduire le bailleur.
À son grand désespoir, « Ben Laden », qui ne manque pas de lui faire une petite leçon d’Islam
rigoriste, lui rapporte du CHAMPIGNONS sauvage dont elle doute très fort qu’ils puissent être
appréciée par le bailleur. Après avoir réuni ses maigres sous de capitaliste en mal de fonds
de départ, Dieu merci n’a pu acheter que du poisson fumé. Quant à l’argent qu’elle attendait de
Goiradieu, elle ne viendra pas, et pour cause. La jeune femme arrive piteusement dans la cour de saCollectif Culturel N-K