10/11/2026
Nouvelle création-🖼
Le conte d'une maman verte et de son Prince Zarychat Ier 👑🐈
Il était une fois, dans un royaume un peu de travers, une femme qui ne ressemblait à aucune reine.
Elle préférait les forêts aux châteaux, les mains couvertes de terre aux gants de soie, et les éclaboussures de peinture aux robes de bal.
On disait d'elle qu'elle était une sorcière verte.
Pas de celles qui jettent des mauvais sorts, non !
Plutôt de celles qui parlent aux plantes, ramassent des trésors dans les bois et transforment les choses ordinaires en créations étranges.
Elle vivait quelque part entre les racines et les étoiles, avec mille idées dans la tête et rarement les deux pieds au même endroit.
Mais malgré toutes les couleurs qui l'entouraient, son monde lui semblait parfois bien noir et blanc.
Jusqu'au jour où un petit prince fit son entrée dans son royaume.
Et sans baguette, sans formule magique, sans même le savoir, il changea la lumière.
La sorcière verte voulut naturellement lui enseigner ses enchantements.
Elle lui présenta les pinceaux, les couleurs, les matières et même les merveilleuses possibilités de la pâte de sel.
Mais vers cinq ans, le jeune prince sembla considérer que son apprentissage artistique était terminé.
Quant au coloriage, il le percevait comme une véritable condamnation royale !
Le roi, de son côté, tenta de lui transmettre le langage des notes et des mélodies.
Mais le prince avait d'autres projets.
Il préféra le bruit des crampons aux pinceaux, les terrains de football aux ateliers et le mouvement aux partitions.
Sept années durant, il parcourut les terrains de son royaume. Et même devenu grand, il continua de cultiver sa force et son amour du sport.
Ainsi, malgré tous les efforts de ses parents, le petit prince choisissait déjà sa propre voie.
Il avait d'ailleurs un talent assez particulier.
Lorsqu'il désirait quelque chose, il ne lançait ni sortilège ni crise de colère. Il préparait plutôt ses arguments avec un sérieux presque inquiétant.
Il négociait, calculait, raisonnait.
Et gare à celui qui tentait de lui soutirer quelques pièces d'or ! Le trésor royal était sous haute surveillance.
Sa mère, elle, semait ses idées comme on lance des graines au vent, sans toujours savoir ce qui allait pousser.
Lui préférait savoir où il mettait les pieds.
Elle collectionnait les feuilles, les écorces et les objets improbables.
Lui collectionnait les bons arguments et gardait précieusement ses économies.
Elle voyait de la magie dans le désordre.
Lui trouvait son équilibre dans la logique.
Deux êtres si différents, et pourtant issus de la même histoire.
Les saisons passèrent.
Le petit prince grandit, grandit encore, jusqu'à dépasser presque toutes les branches du jardin.
Il troqua les culottes courtes contre des habits élégants, développa un amour particulier pour les chats et choisit de consacrer ses études aux lois et à la justice.
La sorcière verte le regardait parfois avec étonnement.
Comment un être aussi posé, aussi raisonnable, aussi terre à terre avait-il pu grandir dans son univers si éclaté ?
Puis elle comprit.
Un enfant n'est pas une œuvre que l'on façonne à son image.
Il est une graine que l'on accompagne, sans jamais connaître exactement la forme qu'elle prendra.
Et peut-être était-ce là la plus belle magie de toutes.
Alors, un jour, elle prit ses pinceaux, quelques morceaux d'écorce, des feuilles cueillies dans son univers et toutes ces couleurs qu'elle avait tant voulu lui transmettre.
Elle créa un royaume à leur image.
Un peu étrange, imparfait, coloré, avec des couronnes qui ne tenaient pas toujours bien droites.
Et au milieu de ce royaume, elle plaça son prince.
Non pas pour représenter celui qu'elle aurait voulu qu'il devienne, mais pour célébrer celui qu'il était.
Car la sorcière verte n'avait jamais prétendu posséder le grand grimoire des mères parfaites.
Elle avait parfois improvisé, débordé des cadres, mélangé les bonnes et les mauvaises couleurs.
Mais elle avait aimé. À sa façon. Avec tout ce qu'elle était.
Aujourd'hui, son prince n'aime plus tellement entendre les petits noms qu'elle lui donnait autrefois.
Mais il existe des couronnes invisibles que même les années ne peuvent enlever.
Et dans le cœur de cette drôle de sorcière verte, il restera toujours Prince Zarychat Ier.
Son seul et unique petit prince.
Celui à qui elle avait voulu offrir toutes les couleurs du monde…
Sans réaliser que c'était lui, depuis le début, qui avait coloré le sien.