Ciné Ma Passion

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"Our hero, Balthazar" = C +. Pas mal.Déjà sorti en salles au Québec et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée...
08/27/2026

"Our hero, Balthazar" = C +. Pas mal.

Déjà sorti en salles au Québec et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: Ce premier film très singulier et typique du cinéma indépendant américain tendance brut et punk jongle avec des sujets explosifs, en l'occurrence les tueries de masses (et les armes en général) et les masculinistes Incel. Et honnêtement il s'en sort plus que bien entre discours satirique et opposition des contraires mis en boîte par des situations et dialogues adroits et éloquents. Maintenant, la narration est un peu chaotique et tout cela apparaît un peu tiré par les cheveux mais les deux acteurs donnent le change en formant le duo de potes le plus absurde de récente mémoire.

Un film américain d'Oscar Boyson.
Avec Jaeden Martell, Asa Butterfield, Jennifer Ehle, ...

Le producteur des frères Safdie (« Good time », « Uncut Gems », ...) passe à la réalisation avec ce pur produit du néo-cinéma indépendant américain. « Our hero, Balthazar » est clairement le genre de production que l’on peut retrouver à Sundance ou au sein de festivals dédiés. Et cela ne veut pas pour autant dire qu’il en embrasse forcément tous les clichés (même si un peu quand même) ou qu’il soit uniquement destiné à un public de niche ultra cinéphile. Non, le long-métrage demeure relativement accessible malgré des thèmes ô combien abrasifs. En effet, on parle du problème des armes à feu aux États-Unis et du corolaire que sont les tueries de masse. Second sujet délicat abordé ici : celui du masculinisme option incel chez la population masculine jeune et souvent défavorisée. Et là-dessus on évoque aussi certaines conséquences psychologiques des réseaux sociaux telles que le besoin de validation ou le spectacle à tout prix.

Bref, « Our hero, Balthazar » déploie un programme chargé et lourd pour une première œuvre en plus d’être fortement politique et polémique. Oscar Boyson aurait pu se fourvoyer avec un tel menu mais il s’acquitte de ces thématiques explosives avec dextérité tant son angle d’approche est malin. Plutôt que de verser dans le film à charge, l’œuvre à thèse ou la tragédie à suspense avec une fusillade en morceau de bravoure (comme le « Un 22 juillet » de Paul Greengrass), il emprunte d’étonnants chemins de traverse. Car ce type de production est un exercice d’équilibriste dont tous les cinéastes ne peuvent véritablement s’acquitter avec brio et la distance nécessaire. Ici, on oscille donc plutôt entre la farce satirique et un buddy-movie poussé à l’extrême avec opposition des contraires pour désamorcer la gravité des sujets. Mais cela n’empêche aucunement le film de s’attaquer frontalement à ce qu’il entend aborder avec maestria, même si le script montre finalement plus qu’il ne dénonce et que l’épilogue nihiliste et misanthrope va peut-être un peu trop loin.

Voilà donc un petit film couillu et ambitieux dans ses sujets mais qui fatigue un peu dans son milieu. Son côté fauché ne dérange pas tout comme son aspect brut et punk mais il manque d’un vrai geste de mise en scène. Quant aux pérégrinations de ces deux personnages aux caractéristiques contraires (intellectuelles, politiques, comportementales, ...) elles sont amusantes mais vite redondantes et on a quand même un de mal à croire à leur relation amicale soudaine. On prend quand même plaisir à cette plongée chez les ultra riches et les rednecks et le film écorne aussi un fait rare : la baisse des taux de testostérone chez les hommes devenant un business. Et que dire des prestations incroyables, sans filtre et osées de deux stars Netflix, le jeune Jaeden Martell de « Stranger Things » et Asa Butterfield de « S*x Education ». Ils sont exceptionnels! « Our hero, Balthazar » est donc parfois un peu grivois, un peu trop expérimental et bordélique mais on ne peut lui enlever l’ambition de son discours et le fait d’être un objet sacrément singulier.

"La Place" = C +. Pas mal.En salles au Québec demain et pas de date de sortie annoncée en France.En quelques mots: Le pr...
08/26/2026

"La Place" = C +. Pas mal.

En salles au Québec demain et pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: Le premier tiers du film est une petite pépite de tension sur une situation ubuesque en plus d'être une leçon de mise en scène. En outre, le film ouvre des portes intéressantes sur la frustration et le dépression mais le fin mot de tout cela nous apparaît un peu cryptique surtout que l'apparition d'une pointe de fantastique plutôt bien négociée (et occasionnant de très beaux plans) vient brouiller encore plus le propos. Mais le film a du mal à tenir le même cap tout du long et s'essouffle une fois les protagonistes loin de ladite place.

Un film québécois de Louis Godbout.
Avec Maxim Gaudette, Christine Beaulieu, Benoît Gouin, ...

Après nous avoir livré une comédie cynique et noire où trois amis voyaient leur partie de golf dérangée par un quatrième joueur au point de perturber leurs rapports dans un savant et joyeux jeu de massacre social, le cinéaste québécois Louis Godbout continue dans la même veine incisive et psychologique. Cette fois, c’est au sein d’une œuvre bien plus sérieuse convolant davantage avec le suspense et le drame mâtiné d’une étude de caractères. Si « Les Tricheurs » étaient très amusant et piquant, « La Place » est un film bien plus insidieux et tendu. Et les deux sont très sympathiques, laissant paraître un cinéaste qui a un univers bien à lui et qui sait très bien ausculter les comportements et les tempéraments. Sauf que, ce second long-métrage souffre de son excellente - voire magistrale - mise en bouche. Que l’on pourrait qualifier également d’ensemble de séquences inaugurales ou encore de premier tiers, au final peu importe comment on définira cette partie. On s’explique.

« La Place » part d’un postulat génial et prometteur comme celui de l’excellente série Netflix « Acharnés » ou comme un thriller routier de l’acabit du bourrin et efficace « Enragé » avec Russell Crowe. De la même manière ici, un désaccord ou incident en voiture va être la cause de bien des maux. Ici, deux véhicules se disputent une place de stationnement dans une petite rue tranquille. Ce qui commence comme un simple malentendu va aboutir à une situation complètement ubuesque et presque absurde. Cependant, ici, rien de drôle. Durant presque trois quart d’heure, le film va nous mettre la pression crescendo grâce à une mise en scène élégante et au cordeau, une manière d’occuper le cadre oppressant et un enchaînement de dialogues et de conséquences imprévisibles et extrêmement tendues. Ce qui aurait pu aussi être un (excellent) court-métrage qui s’arrête là se révèle d’une précision d’horloger sur tous les plans, qu’ils soient formels, narratifs et psychologiques. Cette admirable entame nous scotche à notre siège durant ces quarante minutes et nous met dans une posture de malaise. Mieux, ces séquences nous intriguent par le mystère de cet inconnu platonique et entêté. L’aura étrange dudit quidam nous hante... Bref, voilà une œuvre qui débute fort et avec une idée de départ impeccablement optimisée.

Malheureusement, comme si le long-métrage ne parvenait pas à se remettre de ce début tonitruant et magistral, la seconde partie nous convainc un peu moins. Pas qu’elle soit ratée, loin s’en faut, mais elle souffre de la comparaison avec ce qui a précédé. En outre, ambitieux dans sa volonté d’instaurer une part de fantastique dans l’équation, « La Place » ne la négocie pas toujours de la meilleure manière. Si cela permet quelques plans magnifiques (cet arbre en feu dans le champ la nuit...), c’est sur le fond que cela coince. En effet, plutôt que de rester sur le thriller psychologique le film se charge de symbolisme et de significations parfois cryptiques. Le comportement de Jo et de cet harceleur presque irréel (validé par les réactions du second rôle campé par un policier) ouvre des voies malheureusement trop opaques. Un simple suspense routier ou domestique nous aurait tout aussi bien convenu. On parle ici de dépression et de frustration et de l’anxiété de notre monde qu’un simple petit conflit du quotidien peut exacerber. Et il va catalyser toutes les névroses du personnage principal de belle manière jusqu’au surnaturel. La fin abrupte termine de rendre ce film anxiogène et qualitatif un peu trop sûr de ses effets, un film qui aurait dû continuer sur sa parfaite lancée initiale mais qui demeure tout de même hautement intéressant et volontaire.

"Le dernier refuge" = C -. Pas terrible.Disponible sur Netflix.En quelques mots: Le postulat apocalyptique est quelque p...
08/25/2026

"Le dernier refuge" = C -. Pas terrible.

Disponible sur Netflix.

En quelques mots: Le postulat apocalyptique est quelque peu poussif mais il autorise un beau huis-clos familial et survivaliste en première partie porté par les grands Wagner Moura et Greta Lee. Ensuite ça se gâte dès lors que la menace prend forme (entre originalité et ridicule on hésite encore). Le film se veut spectaculaire et tendu mais il vire clairement au grand n'importe quoi où plus grand chose ne cherche à être cohérent. À partir de là, on décroche.

Un film américain de Louis Leterrier.
Avec Wagner Moura, Greta Lee, Gabriel Barbosa, ...

Découvert par l’écurie Besson au début des années 2000 avec des films d’action comme « Le Transporteur » et « Danny the Dog », Louis Leterrier a vite signé à Hollywood pour devenir un honnête faiseur de blockbusters musclés et spectaculaires qui font rarement dans la dentelle à l’instar de « Le Choc des Titans » ou du Marvel « L’incroyable Hulk ». Plus récemment, c’est lui qui a été choisi pour clore le final de l’increvable saga « Fast and Furious ». Bref, technicien appliqué et à l’aise avec les gros budgets, sa filmographie verse clairement dans le très commercial et le bourrin. C’est pourquoi la première partie de son essai inaugural pour une plateforme étonne. Partant sur un postulat postapocalyptique quelque peu incongru où la pluie enferme les gens dans leurs maisons pour les faire mourir de faim (!), il embraye vite sur un huis-clos survivaliste en conséquence qui voit les quatre membres d’une même famille tenter de survivre au sein de leur propre maison. Et, honnêtement, durant une petite heure – la première partie donc, quand les enfants sont jeunes – on assiste à un beau film d’entraide et de solidarité familiale face à l’adversité. Une famille attachante qui va se serrer les coudes face à une menace étrange, mystérieuse et invisible bien entretenue. Et puis, il a choisi deux des plus grands acteurs récemment révélés sur les écrans. D’un côté, le brésilien Wagner Moura acclamé l’an passé pour « L’Agent secret » et de l’autre la sud-coréenne Greta Lee, révélée par le sublime « Past Lives » il y a trois ans. Ils portent le film sur les épaules, des acteurs moins doués ou aguerris auraient rendu « Le dernier refuge » bien moins convaincant.

On peut donc avancer sans mal que l’on passe plutôt un bon moment durant cette première heure. Puis une très longue ellipse narrative de cinq ans vient changer la donne. Comme si le cahier des charges de Netflix avait demandé aux scénaristes de rendre tout cela plus... tout. Plus spectaculaire, plus effrayant, plus rythmé et finalement cela aboutit à du grand n’importe quoi et gâche toutes les belles promesses initiales. Lorsque la menace prend forme on hésite entre originalité avec design performant ou une approche totalement ridicule. D’ailleurs, on hésite encore! Mais c’est surtout dans les développements suivants du script que cela coince le plus. Les personnages vont enchaîner les décisions illogiques et les facilités de scénario vont entacher le réalisme de la chose. Chaque membre de cette famille semble se transformer en Mac Gyver et leur manière de contourner les obstacles est un peu trop évidente. Et l’astuce de scénario qui leur permet de ne pas subir le même sort que les autres, voire même la logique de la menace pour éliminer la population, ne font aucun sens. Et quand arrive le grand final, ça part dans tous les sens et surtout ceux qu’il ne faut pas. En gros, c’est n’importe quoi et on finit donc par décrocher. Enfin, il ne faudra pas espérer un quelconque discours écologique ou un sous-texte quel qu’il soit. Bref, « Le dernier refuge » c’est une fausse belle promesse qui fait illusion la moitié du temps. Du Netflix quoi...

"Rosebush Pruning" = D +. Mauvais.Déjà sorti en salles au Québec et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée en...
08/23/2026

"Rosebush Pruning" = D +. Mauvais.

Déjà sorti en salles au Québec et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: On est devant l'exemple parfait du film d'auteur prétentieux et chiant. Pourtant, le principe de cette famille de nantis à la ramasse qui tourne au jeu de massacre en mode farce aurait pu aboutir à un petit bijou du style "Saltburn", surtout avec un casting royal comme celui qu'on a ici. Cependant, entre provocation vaines, lenteurs, bizarreries stériles et du non-sens constant dans les comportements et réactions des personnages, on décroche vite et on trouve le temps long. On sauvera un beau travail sur l'image et quelques séquences réussies mais c'est globalement raté.

Un film germano-britannico-espagnol de Karim Aïnouz.
Avec Callum Turner, Elle Fanning, Jamie Bell, ...

Le cinéaste brésilien Karim Aïnouz tourne depuis déjà quelques décennies mais il n’était que très peu connu en dehors de son pays si ce n’est par le biais de quelques festivals indépendants. Il y a presque dix ans, son flamboyant et magnifique « La vie invisible d’Euridice Gusmao » l’avait mis dans la lumière sur le plan international. Cependant et depuis, il ne confirme pas les promesses de ce nouveau départ avec un enchaînement de déceptions assez frustrantes. D’abord, son film d’époque sur la royauté britannique avec Jude Law et Alicia Vikander, « Le Jeu de la Reine », fut une belle do**he froide et son suivant, « Motel Destino » n’avait pas conquis grand monde et se positionnait comme un film arty de niche. Avec « Rosebush Pruning » il titillait fortement nos instincts cinéphiles avec son casting quatre étoiles de jeunes étoiles montantes et sa promesse de farce acerbe qui tourne au jeu de massacre sur les nantis de ce monde. Malheureusement, c’est une troisième énorme déconvenue avec ce film raté qui coche toutes les cases du film d’auteur prétentieux, chiant et vain.

Dès les premières séquences très décousues et bavardes pour rien, on se dit que cela commence mal. Et, jamais, « Rosebush Pruning » ne va contredire cette première impression. Au contraire, il va même la confirmer durant une heure et demie qui en paraît le double tellement on se désintéresse totalement de ce qui se passe à l’écran. Il y a des scènes purement provocatrices et choquantes qui lorgnent sur du Lanthimos de la première heure ou du Michael Haneke mais sans le talent et frôlant souvent le ridicule (la séquence de ma********on au dentifrice tient le pompon du n’importe quoi et du gros et mauvais malaise!). Il y en a d’autres où il ne se passe rien. Il y a celles qui auraient pu être géniales mais qui s’avèrent la plupart du temps ratées (la sœur et sa chanson à la guitare) ou pas vraiment à la hauteur (la scène du dîner, prometteuse, mais qui retombe vite comme un soufflé). Et, au milieu de tout cela, on a quelques moments réussis (la chute de cheval) ou amusants (la première scène avec Pamela Anderson) mais bien trop rares pour tenir tout un film sur elles seules. La seule vraie qualité du long-métrage est peut-être le travail sur l’image avec un joli grain et une belle colorimétrie.

Et, pourtant, on se retrouve avec l’un des castings les plus intéressants de l’année. Entre le potentiel futur James Bond, Callum Turner, décidément partout en ce moment, Jamie « Billy Elliot » Bell, Lukas Gage (découvert dans la série « The White Lotus »), la talentueuse Riley Keough et les anciens Tracy Letts et Pamela Anderson, on avait un sacré cocktail de talents. Mais devant ce script improbable où les situations incongrues, presque absurdes, et des personnages aux réactions bizarres, s’enchaînent, ils semblent tous jouer dans un film différent. Et quand arrive le jeu de massacre, tout cela n’a aucun sens. D’ailleurs, arrivé à un moment, on ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du comment de ce qui nous est présenté ici. Parce qu’on ne l’a pas saisi. Bref, une satire des nantis bien trop poseuse et prétentieuse qui aboutit à du vent. On est loin, très loin, dans le même genre, de l’immense « Saltburn ».

"La bataille De Gaulle - L'Âge de fer" = B +. Très bien.Déjà sorti en France et toujours en salles, en salles au Québec....
08/22/2026

"La bataille De Gaulle - L'Âge de fer" = B +. Très bien.

Déjà sorti en France et toujours en salles, en salles au Québec.

En quelques mots: Porté par un Simon Abkarian impérial et évident dans le rôle, ce premier volet réussit son pari d'être le grand film populaire espéré sur l'une des plus grande figures de l'Histoire française. Il évite l'hagiographie gonflante pour nuancer le portrait d'un homme fascinant mais à l'égo imposant. Cela notamment grâce à un humour presque absurde qui fait souvent mouche et brille particulièrement lors des scènes avec Churchill. La mise en scène est ample, le souffle épique est indéniable et on ne voit pas le temps passer devant cette belle leçon d'histoire faite film.

Un film francais d'Anthony Baudry.
Avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesueur, ...

Il revient de loin ce projet fleuve tant attendu – et en deux parties - sur l’un des plus grands hommes qu’ait connu la France : le Général De Gaulle, Charles pour les intimes. Doté d’un budget stratosphérique de près de 80 millions d'euros, soit 40 par film. Cette somme en fait, même pris séparément, certains des films les plus coûteux de l’histoire du cinéma français. Produit par Pathé dans la même veine que « Le Comte de Monte-Cristo » et un autre diptyque, celui des « Trois Mousquetaires », il est censé conforter la stratégie de la firme visant à produire de très grands films vantant la France et ses figures connues, qu’elles soient littéraires ou historiques. Le long-métrage n'est peut-être pas aussi bon que la grandiose adaptation de la vengeance du comte avec Pierre Niney mais bien au-dessus des deux volets issus de l’adaptation des fameux mousquetaires de Dumas (intitulés « D’Artagnan » et « Milady »), qui souffraient d’une intrigue confuse et d’un manque de souffle épique. « La bataille De Gaulle : l’Âge de fer » est un (début de) biopic de haute volée, dans la lignée de celui sur Mesrine il y a vingt ans par Jean-François Richet et avec Vincent Cassell, dans un tout autre genre bien sûr. Problème : le premier volet a fait un démarrage catastrophique en juin en France au point que le second volet a été avancé. Heureusement, la qualité du film lui a valu un bouche-à-oreille rare et incroyable qui a conduit les deux volets à s’approcher des trois millions en fin de carrière, sauvant les meubles et en faisant (presque) un succès.

Le grand homme qu’est De Gaulle avait déjà connu maintes reportages, documentaires et quelques apparitions dans des feuilletons ou séries télévisées mais il n’avait connu qu’un vrai film jusque-là, d’ailleurs assez récent : le sobrement intitulé « De Gaulle » avec Lambert Wilson, qui n’avait pas marqué les mémoires ni tutoyé les cimes du box-office. Un récit qui se concentrait davantage sur l’aspect familial et les tous débuts de la guerre pour croquer l’homme. Approche radicalement différente ici puisque Antonin Baudry nous parle du général, du résistant, du diplomate et de l’homme d’action et de mots. Et il décide avec le budget qui lui est octroyé d’offrir un biopic spectaculaire et ample qui couvre toute la durée de la Seconde Guerre Mondiale. Ce premier volet se focalise sur la période allant de début 1940 à la fin 42. L’atout maître dans la besace du film et du cinéaste découvert avec le bon « Le Chant du Loup », étonnant film de sous-marins sous tension, demeure sans conteste son choix de casting d’une évidence rare. En prenant Simon Abkarian dans le rôle-titre, comédien arménien abonné aux seconds rôles, Baudry réalise un coup de maître tant ce grand (dans tous les sens du terme) acteur est impérial dans la peau du Général. Dans tous les choix narratifs pris par le scénario comme dans la façon étonnante (probablement voulue par le cinéaste) pour incarner le rôle, il est impeccable et bluffant.

Chose importante au vu d’une telle somme : le budget se ressent à l’écran. Hormis quelques incrustations légèrement voyantes, les effets spéciaux sont efficaces et les décors et costumes de toute beauté. La direction artistique rutilante est mise en avant par le biais d’une mise en scène ample et généreuse. Que ce soit dans les séquences de guerre ou celles plus posées à base de dialogues intimes ou de stratégie guerrières, Baudry assure le spectacle et la beauté tout comme la fluidité de ses images. Un souffle épique indéniable traverse agréablement le film et nous emporte avec lui. « La bataille De Gaulle : l’Âge de fer » est en outre profondément instructif sans être trop didactique, l’intrigue est factuelle et limpide, permettant de nous remettre en tête tous les enjeux tactiques de cette guerre et la lubie d’un homme entêté. Et c’est d’ailleurs là que le long-métrage étonne. De Gaulle est présenté comme un très grand patriote mais aussi comme un homme buté à l’égo parfois démesuré, empêchant l’hagiographie rance et permettant un portrait nuancé et véritable de l’homme. Et c’est dans ses mauvais côtés et quelques séquences joliment absurdes ou décalées (mais naturellement) que le film dégage un humour surprenant et bienvenu qui fait mouche. Oui, on est ému par l’émotion d’une telle période et ses tragédies mais on rit aussi de ce Don Quichotte qui va se battre pour l’amour de son pays. Et c’est beau à voir, alors vivement la suite!

"Teenage s*x and death at Camp Miasma" = B -. Bien.En salles au Québec et pas de date de sortie annoncée en France.En qu...
08/21/2026

"Teenage s*x and death at Camp Miasma" = B -. Bien.

En salles au Québec et pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: Mise en abyme, élan nostalgique aux slashers des années 80, hommage à la transidentité, délire onirique ou encore faux film méta, cette oeuvre inclassable et hors du temps fait partie de ces films commun à nul autre qui passe ou qui casse. On a adhéré à la proposition malgré quelques longueurs et affèteries visuelles. Le duo d'actrices est sublime, les images rares et l'allégorie sur l'orgasme, la création et nos idoles d'antan fonctionne même s'il faut accepter bien des zones d'ombres.

Un film américain de Jane Schoenbrun.
Avec Hannah Einbinder, Gillian Anderson, Jasmin Savon-Brown, ...

Tout le monde a dû déjà expérimenter une fois dans sa vie l’une de ces œuvres inclassables et impossibles à mettre dans des cases comme il n’en sort qu’une demi-douzaine par an et qui généralement marquent les esprits (en bien ou en mal). Des films comme « Mulholland Drive » (et quasiment toute la filmographie du regretté maître David Lynch), « Donnie Darko » ou « Under the Skin » qui, formellement comme sur le fond, sont totalement hors des modes et des desiderata des spectateurs. On les adore et on les vénère ou on les déteste et elles nous laissent sur le carreau. « Teenage s*x and death at Camp Miasma » fait partie de cette veine rare et précieuse. Et, pour le coup, cette troisième proposition de Jane Schoenbaun après le moins probant « I saw the TV Glow » nous a conquis dans ses grandes lignes. Certes, ce n'est pas non plus le film culte qu’il aurait pu être mais il dégage assez de singularité graphique et tonale comme de douce folie pour impacter notre cœur de cinéphile.

Car, oui, si l’on n’est pas cinéphile ou ouvert à des propositions hors normes, il est fort probable qu’on se demande ce que l’on fait à une telle projection. Dès le magnifique générique, Jane Schoenbaum nous emporte dans son délire nostalgique et méta, un sous-texte d’ailleurs parfois un peu envahissant. « Teenage s*x and death at Camp Miasma » regorge de chemins de traverses et d’options de compréhension. On nage entre l’hommage aux vieux slashers des années 80 (avec « Vendredi 13 » et son camp d’été en première ligne), le film méta sur la création, la critique d’un wokisme hypocrite brandi en étendard de manière hypocrite par Hollywood parce que c’était le mode un temps ou encore à un hymne à la tolérance des personnes q***r (oui les deux derniers sont possibles en même temps!). Tout cela dans une œuvre qui mêle le film d’horreur, le comique un tantinet absurde et le film érotique où la « petite mort » (l’orgasme donc) prend une place toute prépondérante. Et puis tout cela est traversé par une immense et plaisante vague de nostalgie et un final bordélique mais cathartique et beau à se damner.

Alors il faut avouer qu’on n’est pas obligé de saisir tous les clins d’œil, les références ou l’ensemble de ce qu’a voulu nous dire la cinéaste – les grilles de lectures sont bien trop nombreuses et incertaines – mais le voyage vaut le coup d’œil. Il y a certes des longueurs, notamment dans la seconde partie, et quelques affèteries inutiles (pourquoi nous remontrer des séquences entières du film original?), cependant cela n’entache pas le plaisir que l’on prend devant cet objet étrange et souvent envoûtant. La direction artistique est sacrément belle et téméraire, il est même certain que l’on n’a pas vu quelque chose comme cela de mémoire récente. Et que dire du sublime duo entre cette jeune cinéaste q***r et son idole, une final girl/femme fatale sur le retour vivant recluse. Hannah Heinbiner et l’incroyable Gillian Anderson forment un duo rare qui restera dans les mémoires. La seconde fait vraiment des choix de carrière peu communs et nous régale à chacune de ses apparitions. Alors oui c’est bizarre et pas forcément facile d’accès mais c’est le genre de proposition sincère qui va au bout de ses idées (mêmes les plus foireuses) et nous emporte. Un film sur l’orgasme par le biais de la création et du regard que l’on porte sur soi-même, c’est tout de même inusité!

"Tony" = C +. Pas mal. En salles au Québec, pas de date de sortie annoncée en France.En quelques mots: Connu et reconnu ...
08/20/2026

"Tony" = C +. Pas mal.

En salles au Québec, pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: Connu et reconnu dans le monde culinaire, Anthony Bourdain méritait un biopic autant que n'importe quelle autre people. Matt Johnson contourne les codes en choisissant plutôt un coming age movie centré sur un été de son adolescence. Un choix téméraire, étonnant et judicieux. Le résultat est sympathique, on prend plaisir à passer cet été avec le jeune Anthony mais on aurait aimé quelque chose de plus qu'un simple chronique entre rires, émotion, romantisme et coulisses de cuisine.

Un film américain de Matt Johnson.
Avec Dominic Sessa, Antonio Banderas, Emilia Jones, ...

C’est déjà le second film de Matt Johnson à sortir cette année. Et ce sont ces deux premiers films, signe que le bonhomme a contracté le virus de la réalisation. Le premier – inédit en France – était ce drôle de faux documentaire musical mâtiné de science-fiction intitulé « Nirvanna, the Band, the Show, the Movie ». Un Objet Filmique Non Identifié - ou OFNI pour les intimes - où il se mettait en scène dans son propre rôle avec son pote Jay McCaroll pour un délire en totale roue libre entre voyage dans le temps, film musical sur le rock, comédie absurde et documentaire. À peine six mois après, le voilà déjà de retour avec une œuvre bien plus consensuelle et classique. Avec « Tony », il entend raconter l’histoire du chef Anthony Bourdain, personne très célèbre dans le monde culinaire pour ses talents de chefs mais aussi grâce à son livre sur les coulisses de la cuisine ou ses émissions dédiées. Mais plutôt que de réaliser un biopic classique sur la vie complète de cet homme, Johnson prend un chemin de traverse étonnant et original : il va juste nous révéler la période charnière dans sa vie, celle qui va fixer sa boussole pour la suite de celle-ci. En effet, « Tony » prend les contours d’un coming-age movie où l’on va passer un été avec le jeune Anthony à Provincetown entre hésitations sur son avenir, fantasme amoureux, fugue de chez les parents et, surtout, son atterrissage par hasard dans les cuisines d’un petit restaurant tenu par un chef peu commun.

En faisant ce choix inattendu, le film de Johnson entend saisir la sève du jeune Tony avant qu’il devienne Anthony Bourdain. Comprendre les raisons qui ont motivé sa carrière dans la cuisine alors qu’il se rêvait écrivain. Ce qui aurait tenu en cinq à dix minutes dans un biopic classique fait ici la durée d’un long-métrage. Et, honnêtement, le résultat se tient. Même si le récit ne prenait pas la jeunesse de cet homme en particulier comme matériau mais d’une personne inventée, « Tony » aurait été un petit film agréable quand même. On nage donc dans la chronique d’un été pour un jeune homme entre ses mensonges à ses parents, un flirt estival déterminant, de mauvaises fréquentations et, bien sûr, l’apprentissage de la vie grâce à un premier boulot. Le job de plongeur, puis d’aide en cuisine dans un petit dinner de fruits de mer au bord de la plage. Le cadre de Cape Cod et de la jolie ville de Provincetown au milieu des années 70 nous fait délicieusement voyager et le grain de la pellicule met tout cela en valeur. Les séquences en cuisine sont les meilleures comme souvent dans ce type de films et le duo formé par Dominic Sessa (dans un rôle peu aimable, tant le jeune Anthony est un petit con) et Antonio Banderas (qu’on n’avait pas vu dans un bon film depuis des lustres) est concluant. En somme, « Tony » n’a rien d’extraordinaire – malheureusement – mais c’est un petit film plaisant, bien écrit et qui oscille entre légèreté et tendresse avec assez de dynamisme pour convaincre.

"Une seule nuit" = C -. Pas terrible.En salles en France et au Québec.En quelques mots: On ne peut nier que cette comédi...
08/19/2026

"Une seule nuit" = C -. Pas terrible.

En salles en France et au Québec.

En quelques mots: On ne peut nier que cette comédie romantique reste relativement plaisante. Il y a pas mal de micro-gags amusants, surtout dans la première partie, et le tout est assez énergique et le contexte original divertit. Mais c'est aussi ledit postulat dystopique, complètement dingue et prometteur, qui ruine notre engouement: on a rarement vu une idée aussi mal exploitée et gardée au rang de simple et gentil décor. Et comme l'alchimie du duo en tête d'affiche ne crève pas l'écran non plus... Ça se regarde mais ça frustre.

Un film américain de Will Gluck.
Avec Monica Barbaro, Callum Turner, Maya Hawke, ...

Voilà donc l’un des scénarios qui figuraient sur la fameuse Black List d’Hollywood en 2024. Tous les ans c’est une liste des meilleurs scripts non produits. Et généralement, les films qui en sont issus sont des cartons ou des bêtes à récompenses, voire les deux comme « Argo » ou « Slumdog Millionnaire ». Et il est vrai que ce pitch de cette comédie romantique était sacrément original sur le papier. En effet, très justement comparé à un « American Nightmare » du s*xe (ou « The Purge » en version originale), c’était un matériau de base plus que singulier et prometteur. En gros, les USA ont décrété que le s*xe hors mariage était interdit, sauf une nuit par an... On pouvait y deviner pas mal de développements potentiels plus fous les uns que les autres et une critique acerbe du système ainsi que du puritanisme américain, rendant l’objet sentimental bien plus profond et puissant qu’espéré. Avec un duo de comédiens montants en têtes d’affiche, le sempiternel cadre de New York en décor et un réalisateur rompu au genre, cela aurait pu aboutir à un must dans sa catégorie. Sauf que non. Pas vraiment. L’alchimie entre les deux stars est toute relative, Big Apple n’apporte rien de particulier et Will Gluck n’a finalement rien signé de bien mieux que ses deux premiers films. On lui doit la surprise « Easy A » et le sympathique « S*xe entre amis » mais ces films suivants s’avèrent peu recommandable même s’ils ont eu du succès, de « Pierre Lapin » à « Tout sauf toi ». Mais, surtout, le concept est finalement très mal exploité pour un film anecdotique et plus que timide malgré le sujet.

Il serait également de bon ton d’ajouter que pour un long-métrage censé dénoncer (même un tout petit peu) le côté conservateur, pudique et puritain d’un pays, il est sacrément frileux en termes de nudité, de s*xe voire même de sensualité. C’est le comble! Idem, la conclusion est en totale contradiction avec le propos, rendant le tout quelque peu étrange et hypocrite dans son message. « Une seule nuit » fourmille pourtant de petites idées, notamment dans sa première partie. Il y a des micro-gags amusants et une énergie communicatrice inhérente à cette nuit de folie/débauche annoncée. Et lorsque le film plante son concept et son décor, il l’explique par petites touches bien senties même si tout cela demeure en vérité hautement improbable. On doute fort que la population puisse accepter de telles restrictions. Au-delà de ce constat, la charge politique permis par un tel postulat est aux abonnés absentes et l’intrigue se recadre bien trop vite sur le chassé-croisé nocturne entre les deux futurs tourtereaux. Au final, comme leur complicité ne crève pas l’écran, que les seconds rôles sont très bof et que la seconde partie glisse vers les canons du genre en mode presque niaiseries et quota fleur bleue, on peut aisément affirmer que les meilleures idées ne font pas toujours les meilleurs films.

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