08/27/2026
"Our hero, Balthazar" = C +. Pas mal.
Déjà sorti en salles au Québec et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée en France.
En quelques mots: Ce premier film très singulier et typique du cinéma indépendant américain tendance brut et punk jongle avec des sujets explosifs, en l'occurrence les tueries de masses (et les armes en général) et les masculinistes Incel. Et honnêtement il s'en sort plus que bien entre discours satirique et opposition des contraires mis en boîte par des situations et dialogues adroits et éloquents. Maintenant, la narration est un peu chaotique et tout cela apparaît un peu tiré par les cheveux mais les deux acteurs donnent le change en formant le duo de potes le plus absurde de récente mémoire.
Un film américain d'Oscar Boyson.
Avec Jaeden Martell, Asa Butterfield, Jennifer Ehle, ...
Le producteur des frères Safdie (« Good time », « Uncut Gems », ...) passe à la réalisation avec ce pur produit du néo-cinéma indépendant américain. « Our hero, Balthazar » est clairement le genre de production que l’on peut retrouver à Sundance ou au sein de festivals dédiés. Et cela ne veut pas pour autant dire qu’il en embrasse forcément tous les clichés (même si un peu quand même) ou qu’il soit uniquement destiné à un public de niche ultra cinéphile. Non, le long-métrage demeure relativement accessible malgré des thèmes ô combien abrasifs. En effet, on parle du problème des armes à feu aux États-Unis et du corolaire que sont les tueries de masse. Second sujet délicat abordé ici : celui du masculinisme option incel chez la population masculine jeune et souvent défavorisée. Et là-dessus on évoque aussi certaines conséquences psychologiques des réseaux sociaux telles que le besoin de validation ou le spectacle à tout prix.
Bref, « Our hero, Balthazar » déploie un programme chargé et lourd pour une première œuvre en plus d’être fortement politique et polémique. Oscar Boyson aurait pu se fourvoyer avec un tel menu mais il s’acquitte de ces thématiques explosives avec dextérité tant son angle d’approche est malin. Plutôt que de verser dans le film à charge, l’œuvre à thèse ou la tragédie à suspense avec une fusillade en morceau de bravoure (comme le « Un 22 juillet » de Paul Greengrass), il emprunte d’étonnants chemins de traverse. Car ce type de production est un exercice d’équilibriste dont tous les cinéastes ne peuvent véritablement s’acquitter avec brio et la distance nécessaire. Ici, on oscille donc plutôt entre la farce satirique et un buddy-movie poussé à l’extrême avec opposition des contraires pour désamorcer la gravité des sujets. Mais cela n’empêche aucunement le film de s’attaquer frontalement à ce qu’il entend aborder avec maestria, même si le script montre finalement plus qu’il ne dénonce et que l’épilogue nihiliste et misanthrope va peut-être un peu trop loin.
Voilà donc un petit film couillu et ambitieux dans ses sujets mais qui fatigue un peu dans son milieu. Son côté fauché ne dérange pas tout comme son aspect brut et punk mais il manque d’un vrai geste de mise en scène. Quant aux pérégrinations de ces deux personnages aux caractéristiques contraires (intellectuelles, politiques, comportementales, ...) elles sont amusantes mais vite redondantes et on a quand même un de mal à croire à leur relation amicale soudaine. On prend quand même plaisir à cette plongée chez les ultra riches et les rednecks et le film écorne aussi un fait rare : la baisse des taux de testostérone chez les hommes devenant un business. Et que dire des prestations incroyables, sans filtre et osées de deux stars Netflix, le jeune Jaeden Martell de « Stranger Things » et Asa Butterfield de « S*x Education ». Ils sont exceptionnels! « Our hero, Balthazar » est donc parfois un peu grivois, un peu trop expérimental et bordélique mais on ne peut lui enlever l’ambition de son discours et le fait d’être un objet sacrément singulier.