Ciné Ma Passion

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"Toy Story 5" = C +. Pas mal.En salles en France et au Québec.En quelques mots: Il est certain qu'une certaine lassitude...
06/20/2026

"Toy Story 5" = C +. Pas mal.

En salles en France et au Québec.

En quelques mots: Il est certain qu'une certaine lassitude s'installe et que Pixar tire trop sur la corde en abusant des suites à son film inaugural. L'abondance de personnages, un manque de réelle nouveauté ainsi que d'humour et d'émotion n'aide pas. Mais le sujet de l'impact des écrans sur les enfants est génial et bien traité et il y a assez de bonnes idées et un savoir-faire technique indéniable qui empêchent de pester. Dans tous les cas, cet opus est supérieur au très décevant quatrième épisode.

Un film d'animation d'Andrew Stanton et McKenna Harris.

Pixar est en pleine crise existentielle depuis l’ère Covid qui l’a obligé à sortir ses films (dont des très bons comme « Soul ») en streaming. Mais on sentait déjà la panne d’imagination et de création du studio quelques années auparavant avec son appétence pour les suites de ses plus gros succès plutôt que des œuvres originales. Depuis, ces dernières font des bides monstrueux au box-office (la catastrophe « Elio » l’an passé en est la preuve) et la plupart de leurs sorties ne sont pas d’une qualité faisant honneur à la firme à la lampe, hormis le très réussi « Élémentaire ». En revanche, dès lors qu’il s’agit de suites, les scores au box-office sont stratosphériques comme en témoigne « Vice-Versa 2 ». C’est donc à n’en pas douter que ce « Toy Story 5 » va tutoyer les sommets en termes de recettes. Mais n’est-ce pas un peu trop tirer sur la corde que d’en arriver à un cinquième épisode? Certes des sagas comme « Fast and Furious » ou « Scream » en sont bien plus loin mais le côté magique et haut de gamme de Pixar en prend un coup et la saga des jouets aurait clairement dû s’arrêter après la sublime et déchirant troisième épisode.

En effet, « Toy Story 4 » n’était pas fameux, voire même presque agaçant par son vide narratif et son côté peu marquant comparé à la maestria de la trilogie originale. Ce cinquième opus ne partait donc pas sous les meilleurs auspices. Bonne nouvelle, il est bien au-dessus du précédent à tous les niveaux. Mauvaise nouvelle, il est très loin d’arriver à la cheville des trois premiers. Les défauts sont assez nombreux pour être notifiés. D’abord, il y a beaucoup trop de personnages, hérités des différents volets. Tous les mettre fait ressembler « Toy Story 5 » a un carrousel de personnages qui ne font, pour la plupart, que passer. On braconnerait presque sur le terrain du fan service cher aux suites symptomatiques d’un Hollywood à plat. Ensuite, le film fait face à une concurrence féroce sur le terrain de l’animation que les premiers volets n’avaient pas. Dans ces conditions, difficile de rivaliser et surtout d’étonner. On aurait aimé également plus rire, plus être ému, plus ressentir en somme.

Cependant, tout n’est pas décevant dans ce nouvel opus et en premier lieu son sujet principal. Centrer l’intrigue sur l’arrivée des écrans et notamment les tablettes chez les enfants est une idée en or plutôt bien exploitée. Pas sûr que le morale finale (attendue mais nécessaire) impacte ce qui ravage l’enfance des plus jeunes mais l’intention est là. Ce nouveau personnage de Lily n’est pas trop manichéen et il fait bien percevoir et comprendre la fascination fabriquée de ces outils sur les jeunes pousses. Notons également aussi la sous-intrigue avec l’armada de Buzz l’éclair amusante et presque plus réussie que le film lui étant dédié ainsi que les excellentes séquences où on met en images les jeux d’enfants à la manière d’un rêve. On pourra aussi reprocher que les héros ne soient plus Woody et Buzz mais Jessy et son cheval. Ou alors adouber ce changement qui permet un peu de nouveauté. L’animation est encore en tous points parfaite et s’il faut choisir entre « Toy Story 5 » et un nouvel épisode des Minions pour cet été, niveau morale et sentiments, le choix est vite fait.

"Shelter" = C +. Pas mal.Déjà sorti en salles au Québec et disponible sur Prime, disponible sur Prime en France.En quelq...
06/19/2026

"Shelter" = C +. Pas mal.

Déjà sorti en salles au Québec et disponible sur Prime, disponible sur Prime en France.

En quelques mots: Jason Statham c'est un peu comme les livres Martine. On change le décor, la profession et les personnages annexes autour de lui mais on arrive presque toujours à un film d'action générique. Celui-ci est dans la moyenne grâce à une bande sonore imprégnante, une belle relation avec la gamine et de très bonnes scènes d'action. Maintenant c'est générique au possible et on a déjà vu bien mieux de l'acteur (mais bien pire aussi...).

Un film américain de Ric Roman Waughn.
Avec Jason Statham, Naomie Ackie, Bill Nighy, ...

Les films de Jason Statham c’est un peu comme les livres Martine ou les Tintin. On prend au final peu ou prou le même personnage qui change quand même de nom et on lui offre un nouveau décor, une nouvelle profession et de nouvelles interactions (ou figurants à fracasser). Le but étant d’offrir avec une régularité presque métronomique une « stathamerie » par an. On ne pourra lui reprocher d’évoluer dans ce qu’il sait faire de mieux mais la lassitude gagne après une dizaine de films du genre qui vont le faire lorgner du côté de la carrière de Liam Neeson, seconde époque. Dans ce lot de films interchangeables, il s’octroie parfois une parenthèse plus cool ou humoristique que ce soit avec Guy Ritchie (« Opération ruse de guerre » ou « Sn**ch ») ou Paul Feig (le très drôle « Spy »). Ou il reprend ses personnages des grosses franchises « Fast and Furious » ou « En eaux troubles ». « Shelter » se positionne dans la première catégorie et tente de changer un peu en déroulant son intrigue en Écosse pour la majorité du film. Cette fois Statham est un ancien agent surentraîné d’une force d’élite secrète (comme c’est original) et il va retrouver du service pour protéger une gamine suite à un concours de circonstances (comme c’est original, bis). Il y a donc un peu de « Léon » ici et on peut dire que la relation entre ce vieux bougre taciturne à la retraite et cette adolescente est bien troussée. Cette nouvelle série B d’action est dans la moyenne haute des films de l’acteur mais elle n'en demeurera pas moins vite oubliée tant elle s’avère générique et anodine.

Du côté des bons points, on notera une bande sonore electro très sombre de grande qualité. Elle appuie un décorum grisâtre et plutôt désespéré. La tonalité du film est très grave, plus qu’à l’accoutumée, pour un film du comédien et cascadeur et cela apporte une touche tragique assez bien rendue. Ensuite, la mise en scène de Ric Roman Waughn à qui l’on doit les « Greenland » et pas mal de films d’action est parfaitement adaptée au genre. Les combats sont lisibles et bien mis en valeur et l’ensemble se pare d’une direction artistique de bonne tenue et de séquences parfaitement orchestrées. Dans ce flot de bourres-pifs et fusillades maintes fois vus, on retiendra surtout la séquence dans la boîte de nuit, plutôt impressionnante et qui n’a rien à envier à celles de « John Wick ». L’intrigue mixe la sempiternelle agence secrète de super-soldats à un discours effrayant sur la reconnaissance faciale et l’atteinte à la vie privée. Attention, ne pas s’attendre à un exposé approfondi là-dessus, c’est juste en filigrane. À côté de ces qualités faisant de « Shelter » un film d’action sympathique et regardable, il faut cependant pointer du doigt la banalité de l’affaire et un déroulement cousu de fil blanc du début à la fin. Statham fait du Statham et on est juste là pour la baston avec quelques petits ajouts de qualité en plus. Bref c’est cool sur le moment mais ça sera vite oublié jusqu’au prochain et c’est moins jouissif que « The Beekeeper ».

"LOL 2.0" = B -. Bien.Déjà sorti en France et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée au Québec.En quelques mo...
06/18/2026

"LOL 2.0" = B -. Bien.

Déjà sorti en France et disponible en VOD, pas de date de sortie annoncée au Québec.

En quelques mots: Certes cette suite tardive est aseptisée sur bien des aspects de son Paris de carte postale au portrait idyllique d'une génération bobo. Mais Azuelos prend impeccablement le pouls de notre époque et nous propose une chronique fraîche, pétillante et émaillée d'un casting impeccable. Le rire est aussi présent que l'émotion et on obtient donc une nouvelle version actualisée à notre époque de son film générationnel de 2010 qui est aussi sympathique que le premier.

Un film francais de Lisa Azuelos.
Avec Sophie Marceau, Thaïs Allessandrin, Vincent Elbaz, ...

Les plus de trente ans se souviendront de ce qui demeure comme l’un des films générationnels français les plus célèbres au côté de « La Boom » (déjà avec Sophie Marceau) ou « Nos jours heureux ». Il s’agissait de « LOL » avec sa bande d’adolescents parisiens bobos dominée par la jeune Lola qui expérimentait son premier amour, passait le bac, profitait de la vie avec ses copains et souffrait de ses relations compliquées avec ses parents, dont sa mère jouée par la James Bond Girl de « Le monde ne suffit pas ». C’était juste, c’était drôle, c’était touchant, c’était dans l’air du temps et ça reste sans aucun doute le plus gros succès de la réalisatrice Lisa Azuelos. Cette dernière alterne d’ailleurs depuis gros navets de plateforme comme l’abominable et cliché « I love America » (toujours avec Sophie Marceau), des petits films très réussis et beaux comme « La Chambre des merveilles » avec Alexandra Lamy et a souffert du gros bide de son biopic éponyme sur Dalida. La voir mettre en branle une suite à « LOL » semblait donc puer l’opportunisme mercantile et – en tant que fan du premier – on voyait débarquer ce second volet du mauvais œil.

Et on aura bien eu tort, tant le bien-nommé « LOL 2.0 » est une excellente surprise qui n’a certes pas la fraîcheur et l’aspect inédit du premier mais qui applique la même bonne recette à notre époque. C’est donc toujours aussi juste, toujours aussi drôle, toujours aussi touchant et toujours autant dans l’air du temps. Plutôt que de suivre le même personnage quinze ans après, on va cette fois être aux côtés de la petite sœur devenue grande face. On suit donc Louise, jeune adulte, qui débute dans le monde du travail, a terminé ses études et qui, après une grosse rupture amoureuse, revient vivre chez sa mère. On est donc pas dans le copier-coller du premier sauce 2026. Quant à la mère, on la voit en mode cougar et pas prête à devenir grand-mère. C’est un véritable plaisir de retrouver tout le casting du premier (hormis Christa Théret donc) et de voir une nouvelle génération débarquer. La distribution est excellente et plein de fraîcheur, à tel point qu’on aurait envie d’être amis avec eux. Et quel plaisir aussi de retrouver Vincent Elbaz en love interest plein de malice.

Il y a cependant quelques petites réserves comme cet abus d’incrustations à l’écran, que ce soit de mails, SMS ou chats. Oui c’est l’époque qui veut ça mais ça a déjà été vu dans des centaines de films et Azuelos a un peu la main lourde avec ce procédé. Et c’est dommage car sa mise en scène est très moderne et a bien évolué depuis le premier film. On peut dire que « LOL 2.0 » est vraiment agréable à regarder et bien réalisé, loin de ressembler à un vulgaire téléfilm. Cependant – et c’est le plus gros défaut du film – il y a un côté un peu trop aseptisé. Que ce soit le Paris de carte postale, la vie idyllique de ces bobos parisiens (oui on est encore chez les riches et la jeunesse dorée puisque dans la même famille) ou le côté conte de fées pour tout le monde, ça pourrait rebuter. L’époque n'est plus aussi insouciante qu’alors aujourd’hui. Néanmoins, si on prend le long-métrage comme un feel-good movie alors c’est que du bonheur et les personnages échappent, quant à eux, tous à la caricature. Alors si certains gags sont éculés (le chocolat aux champis, par exemple), on passe vraiment un bon moment avec une suite logique et faite avec soin. Le film croque bien notre époque et sa jeunesse ainsi que l’évolution des mœurs en quinze ans. Un petit plaisir non coupable qu’on ne s’attendait pas à apprécier autant qui ravira les fans du premier.

"Une famille de bâtards" = C +. Pas mal.Disponible sur Prime.En quelques mots: Mourad Winter retrouve son casting de la ...
06/17/2026

"Une famille de bâtards" = C +. Pas mal.

Disponible sur Prime.

En quelques mots: Mourad Winter retrouve son casting de la bonne surprise "L'Amour c'est surcôté" pour un autre type de film, la chronique familiale rétro oscillant entre comédie et polar. Et c'est loin de la comédie lourdingue à laquelle on aurait pu s'attendre. Et tant mieux! Cependant, on aurait quand même aimé rire plus et l'intrigue apparaît tarabiscotée dans la dernière ligne droite. On passe cependant un bon moment grâce à un casting complice, une mise en scène de goût et une patine vintage qui fait vibrer la fibre nostalgique avec brio.

Un film francais de Mourad Winter.
Avec Hakim Jemili, Laura Felpin, Benjamin Tranié, ...

Derrière ce titre un peu provocateur et vulgaire, on s’attendait à voir une comédie « racailles », à l’humour lourdingue et davantage destiné au public adolescent de cité. Sauf que, « Une famille de bâtards » est réalisé par Mourad Winter qui nous avait déjà bien surpris avec sa comédie romantique « L’Amour c’est surcoté » l’an passé. Un premier film en forme de comédie romantique éminemment moderne, aussi drôle qu’attachante, qui mettait déjà en scène Hakim Jemili, Laura Felpin et Benjamin Tranié. Ici, il change de registre et loin de faire flirter ses comédiens, il les transporte en 1997 pour une chronique familiale balançant entre la comédie dramatique et le polar avec Kad Merad et Florence Foresti en guests. Loin d’un humour qui tache (et fâche) auquel on aurait pu s’attendre, il nous gratifie donc d’une autre surprise agréable bien que moins foncièrement convaincante que son premier essai.

Louons d’abord la reconstitution très réussie et sans excès des années 90. Avant l’Internet, avant les téléphones cellulaires et les réseaux sociaux quand le monde allait majoritairement bien. Rien que de se replonger dans la France de cette époque bénie fait du bien. Le film pourrait même agir comme une petite cure de nostalgie bienvenue pour qui vomit la folie et le chaos de l’époque actuelle et son côté anxiogène. La patine de l’époque est parfaitement respectée et Winter prouve encore qu’il est un bon réalisateur. On voit bien qu’il soigne ses images avec goût sans jamais en faire trop. Petits plans-séquence, quelques effets et un soin apporté aux cadrages rendent « Une famille de bâtards » très agréable à regarder.

L’histoire de cette fratrie avec cette morale voulant que la famille se construise davantage avec ce que l’on vit ensemble que par les liens du sang est plutôt sympathique. Il y a quelques notes d’humour bien senties mais on aurait aimé davantage rire. D’ailleurs les moments les plus drôles proviennent de Benjamin Tranié et sa verve incomparable, une petite révélation. On pourra en revanche reprocher à Hakim Jemili de jouer toujours sur le même registre et de ne pas toujours bien articuler ses répliques. Enfin, « Une famille de bâtards » développe une intrigue de polar originale mais qui prend un peu trop le pas sur le reste. Et, surtout, elle devient un peu tarabiscotée dans la dernière ligne droite avec une chute dont on n’est pas sûr d’avoir bien saisi les tenants et les aboutissants. Un film léger et agréable mais qu’on aurait aimé plus drôle et marquant.

"Stop that train!" = E +. Nul.En salles au Québec et pas de date de sortie annoncée en France.En quelques mots: Une paro...
06/16/2026

"Stop that train!" = E +. Nul.

En salles au Québec et pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: Une parodie des films catastrophe en transports en mode q***r et camp avec des drag queen célèbres en personnages principaux, voilà qui aurait pu donner lieu à une belle tranche de rire. Sauf que c'est tout le contraire! Si on esquisse un ou deux sourires sur une heure et demie c'est beau. Navrant, vulgaire, dépassé, consternant et cheap, voilà les mots qui nous viennent à l'esprit devant cette aberration low-cost jamais drôle qui loupe 99% de ses gags et n'a rien d'autre à offrir. À fuir!

Un film américain d'Adam Shankaman.
Avec RuPaul, Jujube, Ginger Minj, ...

Honnêtement, on sait d’avance que ce type de films n’est pas fait pour tout le monde. Un film de niche destinée avant tout à la communauté LGBT et aux personnes ouvertes d’esprit aimant l’humour camp. Il est donc évident que ce n’est pas le genre de productions destinées en premier lieu aux, au choix, conservateurs radicaux, masculinistes, religieux ou homophobes de tous bords. On sait ce que l’on va voir avant de rentrer dans la salle et même si c’est une comédie, elle est destinée à un public averti. Mais la promesse d’une parodie des films catastrophe, notamment ceux avec les moyens de transports, mais en mode totalement q***r avec des drag-queen en guise de personnages principaux était particulièrement alléchante. « Stop! That! Train! » sentait, à première vue, le parfum de la petite comédie culte. Sauf qu’on en est très loin, à des millions d’années-lumière même. Des œuvres devenues – elles – cultes comme « Priscilla f***e du désert » ou encore « La Cage aux f***es » peuvent dormir sur leurs deux oreilles. C’est triste à dire mais ce pastiche est raté dans les grandes largeurs (et toutes les longueurs). Les afficionados hardcore de l’émission de Ru Paul, « Drag Race », pourront peut-être trouver un vague plaisir coupable en voyant certaines de leurs idoles dans ce nanar s’ils sont d’humeur. Et encore... Les autres hésiteront à sortir de la salle ou à se morfondre devant une telle hallucination où la gêne hésite avec la consternation. Et dans tous les sens du terme!

La réalisateur Adam Shankman dont la carrière a oscillé entre bons gros navets comme « Baby-sittor » ou « Ce que veulent les hommes » (variation ratée et black de « Ce que veulent les femmes ») et des comédies musicales réussies (enfin surtout la délirante « Hairspray » qui voyait justement John Travolta grimé en femme avec génie). Le voir à la tête d’une comédie de ce type pouvait donc sembler assez logique. Mais c’est comme si le cinéaste sortait d’une caverne ou d’une retraite poussée tant sa mise en scène est statique et dépassée. Il n’est pas aidé par un budget qu’on sent minuscule tant les décors sont limités (trois wagons et deux pièces de contrôle), les effets spéciaux atrocement laids et le tout moche à regarder. Même les quelques numéros musicaux sont tristes au possible. Les acteurs en font des tonnes, ce qui ne serait pas gênant vu le propos et la tonalité du film si tout n’était pas si foiré niveau humour. C’est bien simple, si on esquisse un ou deux sourires durant une heure et demie c’est beau. Rien ne va dans ce « Stop! That! Train! ». Le potentiel parodique pourtant immense est sabordé et ne produit aucun gag réussi. Les répliques s’obligent à être ridiculement niaises ou vulgaires pour faire rire mais cela ne fonctionne jamais. On est atterré par la bêtise, la nullité et le côté presque anachronique de essais comiques. C’est bien simple, cette parodie fait encore pire (et de loin) que le déjà pas terrible « Scary Movie 6 » sorti la semaine passée. À ce titre, le « Y-a-t-il un flic pour sauver le monde? » avec Liam Neeson et Pamela Anderson est un chef-d’œuvre à côté. Ce type d’humour semble donc difficile à notre époque et là c’est le fond du panier. Même au Xième degré entre potes, pas sûr que ça fonctionne.

Throwback!« Nervures » = B -. Bien.Vu à Ciné Mania, en salles au Québec et pas de date de sortie annoncée en France.
06/15/2026

Throwback!

« Nervures » = B -. Bien.

Vu à Ciné Mania, en salles au Québec et pas de date de sortie annoncée en France.

FESTIVAL CINÉMANIA 2025.

"Nervures" = B -. Bien.

En salles au Québec au printemps et pas de date de sortie annoncée en France.

En quelques mots: Les propositions de films de genre à tendance horreur ou fantastique sont rares au Québec alors quand l'une d'elle se profile la curiosité est de mise et quand elle est réussie et audacieuse comme celle-ci on ne peut qu'applaudir puisqu'entre une atmosphère glauque et mystérieuse, un propos et une allégorie écologique assumés de bout en bout et des maquillages impressionnants, voilà une réussite qui nous intrigue du début à la fin.

Un film québécois de Raymond St-Jean.
Avec Romane Denis, Marie-Thérèse Fortin, Sylvain Marcel, ...

Dès la première scène, Raymond St-Jean donne le la : « Nervures » sera un long-métrage étrange qui se réclame du cinéma de genre. Et c’est une gageure tant ce dernier est plutôt rare dans le paysage cinématographique de la Belle Province. Rare mais pas complètement absent. Puisque si certains sont des films d’horreur à petit budget aux partis pris radicaux ou qui détournent le genre mais que pas grand monde n’a vu (« Brain Freeze » au hasard), d’autres ont tout de même réussi à se faire un nom. On a eu « Les Affamés » et ses zombies sur Netflix mais surtout un film qui a fait le tour du monde, des festivals et des cérémonies de récompenses et sorti il y a deux ans, la géniale et originale comédie fantastique gothique « Vampire humaniste cherche victime consentante ». Et le réalisateur du sympathique polar « Crépuscule pour un tueur » va se montrer tout aussi peu commun dans l’histoire qu’il raconte. Sauf qu’ici pas de comédie mais un premier degré assumé et maîtrisé pour une œuvre qui va jouer à fond avec les codes du fantastique et de l’horrifique en les respectant.

Le récit est fragmenté en plusieurs parties, deux dans le présent et deux dans le passé proche qui expliquent petit à petit de quoi il retourne, laissant ainsi le mystère épais du début se faire plus limpide. Plus que des flashbacks, les parties du passé permettent de comprendre celles du présent. Loin d’être un gimmick de style, cela apporte une valeur ajoutée à ce « Nervures ». Il y a aussi un beau travail sur l’atmosphère, aussi bien visuelle, comme les plans dans la forêt à la lumière des phares de voiture ou dans une serre expérimentale, que sensorielle. L’ambiance est à la limite du glauque et on sent que quelque chose ne tourne pas rond dans ce petit village désert. Le film emprunte aux récits de séries B du voisin américain en isolant un personnage à priori sain dans un contexte où une menace plane. Et il le fait bien, le malaise est prégnant et l’atmosphère générale dans lequel baigne le film est putride à souhait. Louons enfin la réussite des maquillages, véritablement impressionnants, sans avoir recours à des effets spéciaux. Ils sont aussi beaux que dégoutants. On n’en dira pas plus pour ne pas déflorer la nature de ce qui se joue.

L’allégorie et le discours écologiste présent se passe de commentaires et c’est une qualité. Ici pas besoin d’asséner de discours sentencieux pour parler de l’importance de la nature et des forêts. En effet, tout ici se passe de mots et se déduit avec finesse. Les interprètes sont tous remarquables et il y a des pointes de drame, concernant la maladie ou le fait de vivre avec la douleur, qui sont bien retranscrites. Mais, surtout, « Nervures » entretient avec brio son mystère même si la menace incarnée par Sylvain Marcel est dévoilée trop vite Dès le départ en fait. Et le climax est peut-être un peu trop vite expédié mais le film se termine sur une vision aussi effrayante qu’enchanteresse du plus bel effet. Voilà donc une œuvre inédite et totalement maîtrisée qui mêle horreur organique (presque du body-horror) avec un suspense étrange et captivant. Et tout cela proposé dans un emballage formel en totale adéquation. Que demander de plus?

"Slanted" = C -. Pas terrible.Disponible en VOD au Québec et bientôt disponible en VOD en France.En quelques mots: Dans ...
06/14/2026

"Slanted" = C -. Pas terrible.

Disponible en VOD au Québec et bientôt disponible en VOD en France.

En quelques mots: Dans la veine (et la mode) du body-horror actuelle, celui-ci se démarque surtout par son sujet sociétal subversif et osé à base de réussite selon la race. Il y a quelques excellentes idées et bonnes séquences mais la mise en scène est timide voire inexistante et le mélange des genres ne prend pas tandis que les ruptures de ton rendent le tout très saccadé et bizarre sans que ce soit un compliment. Et donc si le fond est incisif et prometteur, l'exécution apparaît trop absurde et mal maîtrisée.

Un film américain de d'Amy Wang.
Avec Shirley Chen, Mckenna Grace, Maitreyi Ramakrishnan, ...

Il est évident que le cinéma français de genre a relancé la mode du body-horror. Après la Palme d’or « Titane », qui n’a pas fait l’unanimité (notamment pour nous), et le choc « The Substance », les œuvres prenant la beauté et ses dérives comme noyau, où la chair est tourmentée, ont poussé comme des champignons mais sans jamais égaler l’immense film de Coralie Fargeat. De « Shell » à « Grafted » en passant par la série « The Beauty », l’apparence physique et les diktats de beauté sont donc au centre de bien des productions depuis deux ou trois ans. « Slanted » se range directement dans cette catégorie et ne transforme pas plus l’essai que ses petits camarades. Le sujet développé ici ajoute une dose et des éléments de « Get Out », avec une société qui établit un ordre des races de manière inconsciente malgré un progressisme de façade. C’est pertinent et particulièrement mordant. Néanmoins, l’exécution apparaît bien plus bancale en versant trop dans l’absurde et abusant d’un mélange des genres pas toujours bien appréhendé ainsi que de ruptures de ton trop intenses et mal négociées. C’est comme si le film d’Amy Wang accouchait d’une idée en or pour un long-métrage subversif et mordant mais que la pratique se révélait peu concluante.

En mettant en scène une immigrée chinoise, que ses origines ont automatiquement exclue des élèves en vues lors de sa scolarité, « Slanted » appuie là où ça fait mal. Sur des sociétés occidentales encore axées sur l’apparence et la race sans s’en rendre compte (ou faisant mine de). Des sociétés où le fait d’avoir la peau blanche ouvre bien plus de portes pour la gloire, la reconnaissance et les meilleures opportunités professionnelles et sociales que toute autre teinte de peau. Le trait est parfois (volontairement) grossi dans l’optique d’une œuvre satirique et caricaturale. Le malaise que peut ressentir un enfant d’immigrant isolé à cause de sa seule couleur de peau est bien rendu. Le mécanisme qui permet de changer de visage pour s’intégrer via cette clinique aux procédés farfelus est donc l’incubateur improbable du mal-être de ces personnes quand bien même il n’a ni queue ni tête.

Malheureusement, le film souffre d’une mise en scène timide voire inexistante. Amy Wang filme son beau sujet sans grande passion. Et il y a donc ce mélange des genres assez poussé qui ne prend pas vraiment. Entre le film de lycée un peu niais et cliché, la comédie à l’humour acide, le body-horror et le drame familial, « Slanted » ne sait pas sur quel pied danser et sa boussole narrative en prend un coup. Dans la même lignée, les ruptures de ton sont trop brutales. On passe de séquences dramatiques (et très justes) entre Joan et sa famille qui ne comprend pas ses choix aux scènes absurdes et farfelues au sein de cette clinique improbable, révélatrice de la frustration des personnes racisées. Ou de moments satiriques bien vus sur la jeunesse bouffée par les réseaux sociaux et le superficiel avec une séquence à la « Carrie » où le bal se transforme en scène de honte. En outre, le film ne va pas assez loin sur chacun de ses aspects. Ou ne choisit pas. Comédie? Drame? Film d’horreur psychologique? Comédie sentimentale? On ne sait plus trop. Le fond et ce qui est dit en creux nous impacte mais la progression de l’intrigue est saccadée pour un résultat hésitant et brouillon. Ajoutons à cela un épilogue abrupt et on obtient un film typique de ceux qui développe les meilleures intentions sans savoir les rendre solides à l’écran.

"Disclosure Day" = B -. Bien.En salles en France et au Québec.En quelques mots: Au vu de l'état du monde et de son sujet...
06/13/2026

"Disclosure Day" = B -. Bien.

En salles en France et au Québec.

En quelques mots: Au vu de l'état du monde et de son sujet, un film qui tombe à point. Spielberg revisite toute une partie de son oeuvre et réunit ses plus fidèles collaborateurs avec la maestria qu'on lui connaît pour un film somme de haute volée. Captivant de bout en bout en plus d'être une nouvelle leçon de mise en scène, il aborde des thèmes cruciaux et ô combien d'actualité avec une fluidité déconcertante porté par un message de paix et d'unité nécessaire. Alors qu'importe si le final pourra paraître candide, c'est du cinéma entre le blockbuster et la science-fiction minimaliste fait avec amour et un sacré talent malgré ses nombreux petits impairs.

Un film américain de Steven Spielberg.
Avec Emily Blunt, Josh O'Connor, Colin Firth, ...

Timing volontaire ou non, il est curieux de voir que le dernier Spielberg soit autant en phase avec l’actualité et certaines thématiques qui empoignent notre monde et l’humanité. À l’heure où on parle de déclassification des dossiers concernant les OVNI (UFO en anglais), où les théories du complot poussent de partout à tort et/ou à raison selon les sensibilités de chacun et alors que nos sociétés semblent au bord du chaos, l’un des maîtres incontestés du septième art contemporain fait un retour à point nommé. Il nous propose à la fois un film somme sur toute la partie de son œuvre centrée sur l’intelligence extraterrestre tout en nous parlant de sujets tels que la Foi, la Création ou de la notion de Vérité à travers elle. Peut-être au moment où on en a peut-être le plus besoin. « Disclosure Day » est donc opportun pour le cinéma, dans la filmographie de son auteur mais aussi pour nous, spectateurs humains. On ne dit pas que le film va changer le monde, mais il offrira une belle piste de réflexion sur ce que nous sommes.

Certains reprocheront à Steven Spielberg et ce « Disclosure Day » – peut-être à raison – un côté déjà vu où l’auteur reproduit des gimmicks qui lui sont propres (sa représentation des aliens, un côté parfois manichéen, ...) et de revisiter avec paresse ses propres obsessions et fétiches. Cependant, le propos est tellement contemporain et bien appréhendé qu’il semble évident d’y retrouver l’artiste qui lui a donné ses lettres de noblesse. Il y a aussi un aspect candide, notamment dans la dernière ligne droite au sein de laquelle son sens du merveilleux pourra sembler désuet. Mais pourquoi reprocher à un long-métrage de cette qualité d’être utopiste plutôt que nihiliste. De vouloir rassembler, même si naïvement, plutôt que de diviser ou déprimer. Et avec une toute dernière séquence – image même – volontairement mystérieuse ou abrupte, il laisse notre imagination à la porte de l’univers laissant autant de questions qu’il propose de réponses. Osé mais logique.

Spielberg en connaît un rayon en science-fiction. Et encore plus en science-fiction axée sur les extraterrestres. Du plus enfantin et magique « E.T. » au plus belliqueux et catastrophe « La Guerre des mondes » en passant par sa pierre fondatrice « Rencontre du troisième type », ce sujet le passionne et de le voir revenir à cela, entre l’hommage à lui-même et une modernisation du propos indexée sur l’actualité, est touchant. Entre blockbuster et film de science-fiction minimaliste, entre suspense et film complotiste, il mêle l’infiniment grand à l’infiniment petit avec une histoire relativement originale et totalement captivante. Après une décennie de films plus personnels ou plus sérieux comme l’immense « The Pentagon Papers » ou le plus intime et autobiographique « The Fabelmans », il revient au grand spectacle comme il sait si bien le faire et il n’a rien perdu de sa maestria technique et narrative. D’autant plus qu’il a sorti de leur retraite ou appelé tous ses plus fidèles collaborateurs, de Janusz Kominski à la photographie à David Koepp à l’écriture en passant par John Williams à la musique... Tout un symbole!

Il n’y a qu’à voir la séquence inaugurale qui nous met directement dans le bain. Tension, mystère et suspense sont au rendez-vous. Ou encore ces impeccables plans-séquence dont celui de l’arrivée du personnage d’Emily Blunt sur le plateau télé avant son bug. Magistral. À côté, les rares séquences spectaculaires ne déméritent pas. Que ce soit celle du train ou celle de la ferme, il n’a rien perdu de sa superbe pour en mettre plein la vue, toujours sans exagération. De son casting, c’est d’ailleurs Emily Blunt qui ressort grande gagnante avec une prestation étonnante, aussi drôle qu’émouvante. Josh O’Connor hérite d’un rôle plus classique tandis que Colman Domingo et surtout Colin Firth ont des rôles davantage caricaturaux. Alors si le contexte et les enjeux peuvent sembler un peu clichés, « Dislcosure Day » est prenant et rythmé de bout en bout assorti à un sens du spectaculaire et du merveilleux qui fait mouche à chaque coin de la pellicule. Du divertissement hollywoodien emballé avec une fluidité déconcertante et un sacré talent. C’est sans oublier une pointe de nostalgie et de réflexion doublé d’un message de paix et d’unité qui fait du bien. Comme papi Spielberg a toujours su faire en somme : du bon cinéma intelligent, grand public et maîtrisé.

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