06/20/2026
"Toy Story 5" = C +. Pas mal.
En salles en France et au Québec.
En quelques mots: Il est certain qu'une certaine lassitude s'installe et que Pixar tire trop sur la corde en abusant des suites à son film inaugural. L'abondance de personnages, un manque de réelle nouveauté ainsi que d'humour et d'émotion n'aide pas. Mais le sujet de l'impact des écrans sur les enfants est génial et bien traité et il y a assez de bonnes idées et un savoir-faire technique indéniable qui empêchent de pester. Dans tous les cas, cet opus est supérieur au très décevant quatrième épisode.
Un film d'animation d'Andrew Stanton et McKenna Harris.
Pixar est en pleine crise existentielle depuis l’ère Covid qui l’a obligé à sortir ses films (dont des très bons comme « Soul ») en streaming. Mais on sentait déjà la panne d’imagination et de création du studio quelques années auparavant avec son appétence pour les suites de ses plus gros succès plutôt que des œuvres originales. Depuis, ces dernières font des bides monstrueux au box-office (la catastrophe « Elio » l’an passé en est la preuve) et la plupart de leurs sorties ne sont pas d’une qualité faisant honneur à la firme à la lampe, hormis le très réussi « Élémentaire ». En revanche, dès lors qu’il s’agit de suites, les scores au box-office sont stratosphériques comme en témoigne « Vice-Versa 2 ». C’est donc à n’en pas douter que ce « Toy Story 5 » va tutoyer les sommets en termes de recettes. Mais n’est-ce pas un peu trop tirer sur la corde que d’en arriver à un cinquième épisode? Certes des sagas comme « Fast and Furious » ou « Scream » en sont bien plus loin mais le côté magique et haut de gamme de Pixar en prend un coup et la saga des jouets aurait clairement dû s’arrêter après la sublime et déchirant troisième épisode.
En effet, « Toy Story 4 » n’était pas fameux, voire même presque agaçant par son vide narratif et son côté peu marquant comparé à la maestria de la trilogie originale. Ce cinquième opus ne partait donc pas sous les meilleurs auspices. Bonne nouvelle, il est bien au-dessus du précédent à tous les niveaux. Mauvaise nouvelle, il est très loin d’arriver à la cheville des trois premiers. Les défauts sont assez nombreux pour être notifiés. D’abord, il y a beaucoup trop de personnages, hérités des différents volets. Tous les mettre fait ressembler « Toy Story 5 » a un carrousel de personnages qui ne font, pour la plupart, que passer. On braconnerait presque sur le terrain du fan service cher aux suites symptomatiques d’un Hollywood à plat. Ensuite, le film fait face à une concurrence féroce sur le terrain de l’animation que les premiers volets n’avaient pas. Dans ces conditions, difficile de rivaliser et surtout d’étonner. On aurait aimé également plus rire, plus être ému, plus ressentir en somme.
Cependant, tout n’est pas décevant dans ce nouvel opus et en premier lieu son sujet principal. Centrer l’intrigue sur l’arrivée des écrans et notamment les tablettes chez les enfants est une idée en or plutôt bien exploitée. Pas sûr que le morale finale (attendue mais nécessaire) impacte ce qui ravage l’enfance des plus jeunes mais l’intention est là. Ce nouveau personnage de Lily n’est pas trop manichéen et il fait bien percevoir et comprendre la fascination fabriquée de ces outils sur les jeunes pousses. Notons également aussi la sous-intrigue avec l’armada de Buzz l’éclair amusante et presque plus réussie que le film lui étant dédié ainsi que les excellentes séquences où on met en images les jeux d’enfants à la manière d’un rêve. On pourra aussi reprocher que les héros ne soient plus Woody et Buzz mais Jessy et son cheval. Ou alors adouber ce changement qui permet un peu de nouveauté. L’animation est encore en tous points parfaite et s’il faut choisir entre « Toy Story 5 » et un nouvel épisode des Minions pour cet été, niveau morale et sentiments, le choix est vite fait.