04/02/2025
SOUVENIR DE FÉVRIER : "Un mirage après la tempête"
(une exploration guidée par le thème de février "Kingfisher", avec la bande du Memory Cult.)
Février. Un mois étrange, qui brise le rythme juste après le début de la nouvelle année.
Ici, c’est aussi un mois de survie et de contraste, avec des températures si froides, alors que la lumière est si vive. L’horizon blanc devient à la fois une menace et un réconfort, un mirage. Au milieu de cette scène : le deuil. Se plonger à nouveau dans l’atmosphère d’une vie figée, ce février d'il y a 22 ans, quand ma mère est morte subitement. Ne sachant pas qu’elle était malade, cette mort imprévue nous a tous laissés avec la sensation que nos sens avaient été violentés, trompés.
Le jour suivant la première tempête de neige de l’année, je savais que je trouverais exactement ce qui me permettrait de faire la paix avec ces souvenirs qui cycliquement reviennent : la beauté pure des éléments qui composent cette saison. J’ai pris ma caméra 645, équipée d’un objectif 50mm capable de faire la mise au point à 50 cm - celui qui donne cette impression de photo macro à grande échelle - prête à jouer avec les échelles et les perspectives, graphiquement et métaphoriquement.
Après avoir déposé mon petit à la garderie, je me suis dirigée vers le parc, et j’ai laissé la lumière matinale d’hiver m'éblouir : des fleurs sèches dansant leur seconde vie, des montagnes et des vagues de neige façonnées par le vent, des ondulations et des frissons partout sur cette surface mouvante... le tout illuminé par des millions de flocons de neige parfaits, réfléchissant les rayons d’une étoile lointaine qui fait briller son feu sur nous. Des paysages intérieurs. Les abysses et sommets du deuil. Un miracle à admirer. Un mirage après la tempête.
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EN (version originale)
A Mirage After the Storm
Oh, February. A strange month, breaking the rythm right after the beginning of the New Year.
Here, it’s also a month of survival and contrast, with the temperature dropping so low, while the light being so vivid. The white horizon becoming both threat and solace, a mirage.
In the middle of this scene : grief. Being immersed again in the atmosphere of a frozen life, that February, 22 years ago when my mother died suddenly. Not knowing she was sick, this unforeseen death left all of us feeling our senses were violated and fooled.
The day after the first snowstorm of this year, I knew I would find exactly what is now making me at peace with these memories that revisit in cycles : the pure beauty of the elements that make up this season. I took my 645 camera out with me, mounted with a 50mm lens able to focus down to 50cm - the one that gives this impression of large-scale macro, ready to play with scale and perspectives, graphically and metaphorically.
After dropping my little one to daycare, I headed to the park, and I let the winter morning light dazzle me : dry flowers dancing their second life, mountains and snow waves shaped by the wind, ripples and shivers everywhere on this moving surface of things... all lit up by millions of perfect, tiny snowflakes reflecting the rays of some distant star shining its fire on us. Inner landscapes. The abysses and summits of mourning. A miracle to admire, A Mirage After the Storm.