05/19/2026
Pour moi, lâĆuvre prend tout son sens dans le geste. Le geste individuel, le geste collectif. La passation du geste inachevĂ© de lâun, la dĂ©construction du travail des mains anonymes de lâautre. Ma participation Ă la FAAS 8 Ă Sudbury mâa plongĂ© en rĂ©flexion par rapport au geste dans la crĂ©ation et lâexpression. Parfois les gestes sont forts, in your face, on ne peut pas les ignorer. Parfois les gestes sont doux, passent peut-ĂȘtre mĂȘme inaperçus, mais restent nĂ©anmoins subversifs. Des vĂȘtements de seconde main dĂ©cousus. Des draps de lit usagĂ©s, coupĂ©s en laniĂšres. Des laniĂšres suspendues qui virevoltent au vent pour inviter les tresses. Braid me. Tresse moi. Des roches en broches de mĂ©tal prĂȘtes Ă porter la charge. Cette charge est lourde.
Obroni wawu (en Akan, la langue la plus importante au Ghana). Dead white manâs clothes.
Le marchĂ© de Katamanto au Ghana est reconnu comme le plus grand marchĂ© de vĂȘtements de seconde main au monde. 15 millions de piĂšces de vĂȘtements y entrent par semaine. Oui, par semaine, provenant majoritairement des pays occidentaux. ConsĂ©quences de la surconsommation, du fast-fashion, du ultra fast-fashion. 40% de ce qui est reçu est immĂ©diatement rejetĂ©. Inutilisable, nos dĂ©chets.
Obroni wawu.
Tresser, tisser, ho**er ensemble. Une reconstruction symbolique de tissus et de vĂȘtements qui ont dĂ©jĂ eu une vie, ou mĂȘme plusieurs. Un geste tout en lenteur et en douceur. Un geste pour contrer le rythme effrĂ©nĂ©. Un geste pour contrer la violence climatique et humaine dâune industrie en vrille.
Merci Sudbury, et surtout les artistes qui sây retrouvaient. La rĂ©flexion fut bonne âïž