Anjuna Langevin Artiste

Anjuna Langevin Artiste Cette page présente les projets, événements d'Anjuna Langevin, artiste interdisciplinaire.

Une brume qui s’étire en filaments sur les arbres tortueux Un héron contre les rochers noirs en écailles écorchées La ba...
08/03/2026

Une brume qui s’étire en filaments sur les arbres tortueux
Un héron contre les rochers noirs en écailles écorchées
La baie des sabliers et la rivière qui se hâte

Et on se réveille sur un fleuve lisse
Une peau luisante de lumière chaude
Ça y est c’est
l’été!
C’est maintenant!
Vite on sort les planches et les pagaies
Les chaises et les crevettes en écales
Nos accents se mélangent de rires en cascades

On frappe le chiffre cinq
Devant nos autres chiffres
Le passage du temps
Comme un tambour à nos portes
Et dans nos veines

Rester vivants
Pour vrai
Dis-moi comment tu fais toi?

Et le mois d’août entre sur la pointe des pieds

Dans le lendemain des confidences
Et le monde tout refait, bien tordu et essoré
Qui sèche encore sur la corde à rêves

Anjuna - 3 août 2026
Rimouski

Merci Julie, Julie, Marie, Julien, Allain, Alain, Fred et Kayala pour ces moments tissés qui soutiennent le réel!

Festival d’été: Québec en rose et bleu La musique africaine en haut La relève québécoise en bas Entre les deuxÇa jase en...
07/18/2026

Festival d’été: Québec en rose et bleu

La musique africaine en haut
La relève québécoise en bas
Entre les deux
Ça jase entre les fontaines

Les jeunes en vintage de couleurs
Un flash back qui cligne dans le présent
Les vieux encore jeunes
Cheveux et jeans noirs
En identité prolongée

Les famille d’indiens canadiens
Qui découvrent la douceur des étés
Qu’on savoure à la mesure du nombre de bordées de neige blanche et grise passées sur nos paliers
« Somehow, festivals, lights and crowd might feel familiar »

Les crèmes molles
À la vanille ou…
À la saveur ???
Je vais prendre
rose bonbon et bleu ciel

Les vélos contre les barricades
en violet bleu et or
Des édifices lumières
Posés sur un ciel
En dégradés de roses

Les légumes du parlement
Le savais-tu qu’ils ont un jardin?
Je me demande quelle langue ils parlent
Menthe?

Le drapeau flotte dans le vent chaud
Face à un érable ancêtre
On aurait cru
Que les iris seraient partout
Mais non
Le mauve est dans le ciel

C’est le Festival d’été

Je suis en voyage dans mon Québec

Les déesses bouddhistes
Ouvrent grands les yeux
dans ma tête

St-Jean de l’Ile d’OrléansLa flamme frêle d’un lampion turquoise Une plaque Des noms, suivis de rôles Matelots Commandan...
07/17/2026

St-Jean de l’Ile d’Orléans

La flamme frêle d’un lampion turquoise
Une plaque
Des noms, suivis de rôles
Matelots
Commandant
Des marins perdus en mer

Derrière l’autel, un tableau
Un trois mâts, un naufrage
Une Notre-Dame qui tend les bras au milieu de la tempête
L’espoir qui sauve les gens de mer
Qui redonne la force de nager
De survivre, de revenir vers les vivants

De l’autre côté un vitrail
Un père, un fils
“Don des pilotes de St-Jean”

On n’a jamais trop de prières
Contre l’imprévisible

C’est une église de marins
À côté du chantier naval St-François

Nous étions aussi un peuple de la mer

Les chantiers navals sont sur l’autre rive
Et les cargos passent encore
de l’autre côté de l’Ile

Je demande
Des canots de clarté en sauvetage
des bulles souples et douces
Collés aux dos de mes amours
Auto déclenchées
Entourant leur existence
Atténuant les chutes
Apaisant les heurts
Appelant des secouristes aimants
Des signaux de détresse
Qui s’allument en touchant l’eau

On n’a jamais trop de prières
Pour tous les risques de nos vies

J’appelle la force des Jeanne d’Arc
Celle qui précède les grandes quêtes
Qu’elle nous redonne des cordes aux vents
De nos rêves
Des chevaux écumant de mordant
Des chariots de feu pour traverser le temps brûlant

J’invoque St-Joseph
Patron des artisans et métiers
Qu’il nous aide à construire un monde
Aux bordées indéfectibles
Étanches aux bêtises profondes
Et aux malversations

Nous avions des temples
Ouverts pour ceux qui veulent prier
Des jours de congés passés avec le sacré
D’abord
Qui donnait un goût de ciel
À toutes les tartes au sucre

Des dimanches qui commençaient par le silence
Et déposaient le sacré dans nos corps
En descendant les marches de pierre
Nos pas savaient qu’ils marchaient dans tous les pas
De ceux qui les avaient précédé

Des Églises bâties face à la mer
Des clochers comme repères
Leurs pointes en alignement
Entre les villages

Le vocabulaire a peut-être besoin d’un petit coup d’encensoir
Les images pourraient aussi recevoir la sainte autorisation de changer de forme

La demande d’espoir est en hausse
Les naufragés s’accumulent sur les bancs de sables
Les nuages en rang serré se tassent dans les coins

Notre-Dame des bras lumineux
Sera toujours la bienvenue sur les hauts fonds dérapants
entre les bouées vertes
Et les épaves profondes

Que lorsque nos propres forces
Ne suffiront plus
Le soleil perce encore ses pieds de vent
Pour soulever nos âmes

Que les lampions continuent de brûler dans des Églises ouvertes 24h

Aussi essentielles
qu’un dépanneur avec une toilette propre
À tous les 100 km

On n’a jamais trop de prières
Pour tous les aléas du sort

- Anjuna, 16 juillet 2026

Aller-retour au pays des conteurs Rouler vers le haut Saguenay. Avec mes deux   Entre les courbes à pic et les côtes rai...
07/09/2026

Aller-retour au pays des conteurs

Rouler vers le haut Saguenay.
Avec mes deux
Entre les courbes à pic et les côtes raides.

À l’Anse St-Jean s’entrecroisent les souvenirs et les rumeurs.
La rivière bat son plein de remous.
Les maisons en bois aux toits recourbés
et les épervières orangé dans les talus
Dans ma tête j’ai tous les rangs du Québec bout à bout.
On tombe sur la gravel.
Je sens la sueur des étés, l’odeur des bleuets, le vent chaud sur ma peau.

On dormira à La Baie chez mon oncle et ma tante. Ils ont déménagé. Mais tout l’important est intact. Ils sont exactement comme avant.

Le souper nous attendait, comme si tout avait toujours été prêt et que le temps n’existait pas.
J’ai mangé tout ce que je ne mange plus: sauce béchamel, poulet, pouding “au chômeur”. Je n’ai pas eu mal au ventre. J’ai dormi ma meilleure nuit depuis des semaines. Je n’ai entendu ni le sifflement des trains ni les ronflements.

Et on a “jasé”.

De l’arrivée au coucher. Du lever au départ. Sans jamais laisser plus qu’un respire au silence. Sans espace blanc.

Ma mère a dit: “pour moi, la parole c’est comme une musique. Elle est en arrière plan de tout.” J’ai compris ce qu’elle voulait dire. Dans cette famille, la parole est une trame. Une grande portée où déposer la vibration des mots. Ce qui importe n’est pas tant ce qui est dit mais comment c’est dit. Il n’y a pas de questions. Pas de “comment ça va?”. Ce serait inutile. On n’est pas là pour te rapporter factuellement les nouvelles. Ce serait ben que trop plate. On n’est pas là non plus pour te poser des questions pour tout savoir de ta vie. D’abord, en partant, on le sait déjà parce que tout a déjà été placoté.

Ça fait que tu parleras si tu penses que c’est prêt à être conté. Ou bien tu le diras à quelqu’un dans le blanc du torchon, en faisant la vaisselle.

Là, la table est mise et les conteurs sont bien assis. La parole est déjà prise et elle se libèrera à la prochaine interruption.

C’est bien mieux qu’à la télé. C’est pour les longues soirées d’hiver. Ou d’été. Ou de la vie. C’est un conte tissé de faits qui ont - peut-être - été vécus. Le but est de faire rire. Ou dans le strict minimum, d’attirer la sympathie ou l’étonnement. Ou pour faire mieux, l’ébahissement. Les personnages sont des héros faits des chemises des gens qu’on connaît ou qu’on a - peut-être - connus. Des entêtés qui ne se laissent arrêter par aucune douleur. Un fou qui saute en bas d’un pont et dont les bottes fendent en brisant l’eau. Et qui s’en sort, vivant et bien portant! Et un autre qui échappe une scie mécanique qui ricoche sur une branche, faisant trois tours avant de heurter son meilleur ami directement à la hauteur du cœur. Et, cet ami, qui vient d’échapper à une mort certaine, garde son sourire flegmatique, tout en retirant un à un les lambeaux de ses vêtements de la plaie. Et dernièrement, celui qui a laissé son jeep neuf dévaler la pente sur le neutre sans le remarquer (et pour le bénéfice d’un raccourci à l’écrit, je saute malheureusement au moins 10 min de moments savoureux et croustillants) et qui rentre paniqué dans la maison et s’écrie: “chérie, on s’est fait voler le char!”

Les histoires s’enfilent comme des perles avec une intro de base minimaliste qui s’appelle “c’est comme la fois où…” ou “mais la pire affaire avec lui c’était quand…”

Ça dure des heures. Ça peut continuer des jours encore (c’est arrivé souvent). C’est hurluberluesque.

Je revois ma grand-mère dans sa berçante, chaque roulement des arceaux activant des mots, des intonations et des images mirobolantes. Et nous, les enfants, suspendus à ses phrases, des bonbons plein la bouche, suçant l’essence du moment.

C’est un téléroman sans feuilles (ton). Une télé réalité augmentée. Une comédie d’un soir qui se tricote directement avec les aiguilles de l’horloge.

T’as le droit de couper, t’as le droit de rien qu’écouter aussi. T’as même le droit aux demandes spéciales!

Quand tu es petit tu as les yeux ronds et tu veux pas aller dormir pour ne pas manquer le prochain punch. Même couché dans ton lit, tu écoutes pour ne rien échapper. Quand tu es plus grand tu apprends à maitriser les interruptions. Puis à ne pas lâcher le micro trop vite.

Et un jour tu t’entends et tu comprends que c’est passé dans tes veines à toi aussi. Le timing des conteurs. Le sens des images racontées.

C’est une façon d’être ensemble. Parce que le but au fond, ça a toujours été ça: t’apporter de la joie. Te faire rire. Illuminer tes yeux de surprise. Changer les images dans ta tête. Te convaincre que tout est possible, par l’exemple de héros que tu pensais connaître, mais dont tu ignorais encore la flanelle de l’étoffe véritable.

On revient du Saguenay en faisant le tour par Charlevoix. C’est plus long. Mais on n’est pas à un détour près!

Du haut des falaises de St-Iréné, la route te jette dans l’immensité du fleuve. Tu pourrais t’envoler. Plonger comme un fou de bassan. En ressortir par l’autre bord.

Et on se prend les pieds dans le chialage: “Ouvre la fenêtre, fais sortir!” On lâche par les fenêtres tout ce qui griche. Tous les mots dont on n’a plus besoin de parler à partir de maintenant. Tout ce qui va dans la valise de quelqu’un d’autre. Tout le désespoir sur le sort du monde et les injustices. Ouvrir les fenêtres. Lâcher lousse. Respirer.

On répare les trous de chaque frustration avec trois gratitudes. On arrive brodées de partout, aérées jusqu’aux orteils.

Cet après-midi, j’ai cru voir le pétillement du regard de ma grand-mère à travers les yeux de ma mère quand elle m’a dit: “J’aimerais ça voir de quoi tu auras l’air quand tu auras quatre-vingt ans. Quand tu seras rendue là, tu auras une pensée pour moi en ce moment.”

Le temps est une courroie inusable qui nous fait tourner en boucle.
L’essentiel nous échappe entre les filets du trop plein.
Il disparaît souvent aussi vite qu’une pointe de tarte au sucre légendaire.

Viens t’asseoir on va se bercer.
P*s on va jaser.
Parce que la goût de la parole vient en parlant

J’aime jouer avec les couches et les superpositions de l’aquarelle, laisser couler la fluidité, ajouter du sel, laisser ...
06/25/2026

J’aime jouer avec les couches et les superpositions de l’aquarelle, laisser couler la fluidité, ajouter du sel, laisser décanter, comme des sédiments qui se déposent. Presque toujours, le résultat final, sec, me rend déjà nostalgique de la forme liquide …

D’eau et de sel
De fonds marins et de granularité

Combien de couches de bleu
Entre les profondeurs
Et la surface luisante

Combien de couches à traverser
Pour rejoindre le grand calme art
Libérée des faux fracas du monde

Cordes tendues
Et requins en blanc

Je plonge
Et la force de l’eau me remonte

La lumière m’inonde

Une belle photo prise lors du stage "Dancing from the Inside Out" avec Margis Gillis à Rurart. Des moments de fluidité s...
06/22/2026

Une belle photo prise lors du stage "Dancing from the Inside Out" avec Margis Gillis à Rurart.

Des moments de fluidité sensibles dont nos corps se souviennent. Gratitude.

Beauport, Avenue RoyaleJuste avant l’orage Le vent fait claquer les portes Et les cordes Toute une famille de linge en c...
06/18/2026

Beauport, Avenue Royale

Juste avant l’orage
Le vent fait claquer les portes
Et les cordes

Toute une famille de linge en cordée
Mes yeux clignotent
Les drapeaux à prière
M’envoient des mantras

L’immensité de l’Himalaya rencontre celle
du fleuve

Ici le sacré s’invite dans la vie qui bat
Tout ce qui doit être nettoyé
Fera partie de cette grosse brassée

On a sorti la laveuse à tordeur
Et le savon noir

Et l’odeur des lilas blanc a accueillie la pluie

***

Gratitude infinie à mon amie Sylvie
Pour une vie d’expérimentations
et de partages si généreux
Et pour cette grande amitié dans la durée et l’authenticité

Gratitude immense à tous ceux et celles qui ont fait partie de ce moment et qui continuent le chemin. Ils se reconnaîtront!

“Dancing from the inside out”Jour 2 Les chevreuils ont foulé les herbes hautes Dans les pas des sorcières cueilleuses Le...
06/14/2026

“Dancing from the inside out”
Jour 2

Les chevreuils ont foulé les herbes hautes
Dans les pas des sorcières cueilleuses

Les rythmes berçants
Les cris stridents
Les rires sauvages

Une envolée

Et les fées passent

La forêt cache des êtres
Les hêtres cachent
Ceux qui s’y trouvent

Tout est en noir et blanc
Argentique
Parce que c’est vieux - et rugueux-doux

Comme au temps des écorces

Une goutte sur ton sillage
Un sourire entre tes brins de vent

Les cortèges de druides nous saluent
Ils ont levé les mains vers le ciel
Et les pieds vers la terre

Je te souffle
Loin
Et très haut

« Dancing from the inside out » Stage avec Margie Gillis Rurart - Ferme la Généreuse Jour 1 Ces pas dans les labours enc...
06/09/2026

« Dancing from the inside out »
Stage avec Margie Gillis
Rurart - Ferme la Généreuse

Jour 1

Ces pas dans les labours encore chauds
La terre qui accueille les pieds
Et embrasse autant qu’elle porte

Ces petits cœurs verts qu’on cueille
Qu’on communique à la langue
Un éclair de citron

Le verger zébré des arbres doyens
Des chemins pour accrocher nos peines
Des sinuosités pour y perdre nos noeuds

Et la joie
Comme choix de vie radical

C’est de l’art
Celui de la vie

Un chant d’oiseau

Rivière St-Charles, Québec Cette eau a porté des goélettes Qui attendaient le printemps Des barges chargées De pièces en...
06/03/2026

Rivière St-Charles, Québec

Cette eau a porté des goélettes
Qui attendaient le printemps

Des barges chargées
De pièces en fonte

Et ce soir
Elle porte mes rêves salés
Mes histoires de navires
Fantômes

Un vaisseau s’étale
Céleste fortune
En flottaison

C’est mon pays
Que je réapprends à chanter

L’eau vibre
flaques croisées
Corps vivant fluide

Et les noeuds des cordages sont déliés

Adresse

699, 3e Rue
Carleton-sur-Mer, QC
G1J2V5

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