02/03/2026
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MATHIEU KEREKOU en présence de ALI KHAMENEI à TÉHÉRAN en 1997
Au lendemain de 1990, le Bénin sortait d’une épreuve intérieure : La Conférence nationale
Elle n’avait pas seulement réorganisé un État,
elle avait redonné une voix à un peuple. Parce que poussé au bout du su***de de la division par une élite plus bavarde qu’agissante ayant plus de raisons extérieurs qu’intérieur, n’ayant aucune boussole de l’ensemble et étant tous convaincu que tous devaient avoir le pouvoir pour diriger, nous avons pu trouver le chemin du miracle béninois.
Au lendemain, du moment fragile, Mathieu Kérékou comprit que la souveraineté politique devait être accompagnée d’une souveraineté diplomatique : On ne reconstruit pas un pays en se rangeant derrière une seule puissance. On le reconstruit en parlant à tous, en dépendant de personne…
Sa diplomatie fut une diplomatie de circulation :
- aller vers l’Occident sans s’y dissoudre,
- dialoguer avec l’Asie sans s’y soumettre,
- tendre la main au Moyen-Orient,
- réactiver les solidarités africaines.
C’était une stratégie de survie et de dignité. Le devoir de solidarité entre peuples en construction
Entre pays qui bâtissent leurs routes, leurs écoles, leurs centrales, leurs ports, il existe une obligation morale : le soutien.
Non pas un soutien idéologique,
mais un soutien existentiel.
Parce que :
- nous savons ce que signifie reconstruire sous contrainte,
- nous savons ce que coûte chaque kilomètre d’asphalte,
- nous savons que l’indépendance économique est un combat quotidien.
- Nous savons que le chemin de la provocation perpétuelle est un cimetière pour l’humanité
Quand un pays du dits du Sud tombe, ce sont tous les autres qui vacillent.
Quand un pays du dits du Sud tient debout, il ouvre un passage.
Parce que oui ! L’arrogance occidentale a défini qu’il y avait des pays dits du Sud et des pays dits du Nord. Une juxtaposition du monde en fonction de la vision judéo-chrétienne du monde : LE HAUT ET LE BAS, L’ENFER ET LE PARADIS.
Le nord pour les élus caucase et le sud, le sous sol pour les esclaves !
Ainsi donc ayant été condamné au sud, La coopération Sud–Sud n’est pas un slogan diplomatique.
C’est une assurance mutuelle contre l’isolement.
Dans un monde où l’oubli caractérise, la mémoire des jeunes générations et justifient les violences internationales.
L’histoire récente contient des épisodes que les manuels abordent à peine : des dirigeants élus renversés, allons plus loins ! KIDNAPPÉ ! des États bombardés, des trajectoires nationales interrompues.
Ces événements posent une question de principe : qui décide du chemin d’un peuple ?
Le droit international repose sur une idée simple : la souveraineté et le choix des nations.
Toute action qui contourne ce principe affaiblit l’ordre mondial lui-même.
Qui aujourd’hui pourra avoir L’audace de choisir sa voie ?
Choisir sa propre voie économique, culturelle ou politique est un acte légitime pour tout État.
Le pluralisme des modèles n’est pas une menace : il est la condition d’un monde équilibré.
La diplomatie de Kérékou s’inscrivait dans cette logique : ne pas importer un modèle clé en main,
mais négocier, adapter, combiner.
C’était une diplomatie de carrefour,
comme le Bénin lui-même.
KMAL RADJI
Photo tirée des livres de la diplomatie béninoise, disponible à la bibliothèque du Bamboo Numerik