David Djogbe CODA

David Djogbe CODA Interface de Communication en Langue des Signes d'Afrique Francophone (LSAF). Passionné des Arts, de la Langue des Signes, de la Culture Sourde et Signante.

Je suis un H. CODA (Hearing. Child Of Deaf Adults) Béninois.

Bien que la traduction et l'interprétation partagent le même objectif fondamental — transférer un message d'une langue à...
01/06/2026

Bien que la traduction et l'interprétation partagent le même objectif fondamental — transférer un message d'une langue à une autre pour permettre la communication —, elles constituent deux exercices profondément distincts. La différence majeure ne réside pas seulement dans le canal utilisé (l'écrit face à l'oral), mais dans le rapport au temps, la gestion des contraintes cognitives et la nature du livrable.

Voici ce qui sépare ces deux facettes de la médiation linguistique :

1. Le rapport au temps : Fixité vs Éphémère

- Le traducteur travaille dans le temps long et la permanence
Il fait face à un texte figé. Il a le luxe de revenir en arrière, de relire, de peaufiner son style, de consulter des dictionnaires, des bases de données terminologiques ou des experts. Son produit final est permanent et gravé dans le marbre (ou le pixel).

- L'interprète travaille dans l'immédiateté et l'instantané.
Le flux de parole qu'il reçoit est continu et linéaire. Il ne peut pas demander à un orateur en plein discours public de s'arrêter pour chercher un mot dans un dictionnaire. Une fois la phrase prononcée, elle s'envole. L'interprète doit accepter l'imperfection : la priorité est la fluidité et la transmission du sens en temps réel, quitte à sacrifier l'élégance absolue du style.

2. La charge cognitive et les processus mentaux
Les compétences cérébrales mobilisées diffèrent grandement en raison de la vitesse d'exécution :

- L'analyse vs le détachement de la forme : Le traducteur décortique la structure syntaxique fine du texte source pour la reconstruire minutieusement. L'interprète (surtout en simultané) doit réaliser un exploit cognitif appelé le déverbalisaton : il doit oublier presque instantanément les mots précis de la langue source pour n'en retenir que le concept pur, qu'il réexprime immédiatement dans la langue cible.

- L'écoute active et la mémoire à court terme : L'interprète (notamment en consécutif, où il prend des notes pendant que l'orateur parle pendant plusieurs minutes) développe une mémoire à court terme phénoménale et un système de prise de notes sténographiques ou symboliques unique. Le traducteur, lui, s'appuie sur une mémoire de travail textuelle et des capacités de recherche documentaire approfondies.

3. Les compétences requises : Érudition vs Performance

Caractéristiques :

- Support

Traduction : Écrit (textes, scripts, sites web, livres)

Interprétation : Oral (discours, négociations, conférences) ou Signé

- Qualité maîtresse

Traduction : Rigueur, précision terminologique, excellente plume

Interprétation : Réactivité, résistance au stress, adaptabilité

- Outils

Traduction : Dictionnaires, logiciels de TAO (Traduction Assistée par Ordinateur), glossaires

Interprétation : Mémoire, système de notes, cabines d'interprétation, casques

- Sens de travail

Traduction : Presque exclusivement vers sa langue maternelle

Interprétation : Souvent bidirectionnel (notamment en interprétation de liaison ou de débat)

4. La dimension humaine et le contexte

- Le traducteur est un artisan de l'ombre.
Il est rare qu'il rencontre l'auteur du texte. Il évolue dans un cadre souvent solitaire, textuel et asynchrone.

- L'interprète est un acteur de premier plan.
Il est physiquement présent (ou en visioconférence directe), souvent au cœur des tensions diplomatiques, des procès ou des négociations commerciales. Il doit capter le ton, l'ironie, le langage corporel et l'hésitation de l'orateur pour les restituer. Il y a une véritable dimension de performance scénique et d'empathie immédiate.

En résumé, si le traducteur est un écrivain qui cisèle ses phrases pour qu'elles traversent le temps, l'interprète est un un funambule de la parole qui maintient le fil de la communication en direct, là où le moindre filet de sécurité (le dictionnaire) est absent.

22/05/2026

En quoi la traduction et l'interprétation constituent-elles deux pratiques distinctes de la méditation linguistique, malgré leur finalité commune ?

L’interprète en langue des signes (LS) n’est pas un simple « canal » passif ou une béquille technique ; il agit comme un...
01/05/2026

L’interprète en langue des signes (LS) n’est pas un simple « canal » passif ou une béquille technique ; il agit comme un ingénieur de la communication. Son expertise repose sur la maîtrise de deux systèmes linguistiques et culturels qui ne partagent ni le même canal (vocal vs visuo-gestuel), ni la même structure de pensée.

Voici les piliers qui définissent cette expertise :

1. La maîtrise de la transtextualité
Contrairement à la traduction entre deux langues orales, l’interprète en LS effectue un transfert de modalité. Il doit passer d'une langue linéaire (l'oral, où les mots se suivent dans le temps) à une langue simultanée (la LS, où plusieurs informations sont transmises en même temps via le visage, les mains et le buste).

Analyse sémantique : L'interprète ne traduit pas des mots, mais des concepts. Il doit saisir l'intention du locuteur pour la reconstruire dans une syntaxe spatiale.

Adaptation du registre : Il doit être capable de naviguer entre un jargon technique (médical, juridique) et un langage informel, tout en conservant l'équivalence de sens.

2. Le rôle de médiateur biculturel
Une langue ne vit pas sans sa culture. L'interprète est l'expert qui décode les implicites culturels des deux mondes :

Codes de la culture Sourde : Respect du contact visuel, règles d'interruption, et gestion de l'espace.

Codes de la culture entendante : Gestion des métaphores auditives ou des conventions sociales basées sur le son.

L'ajustement culturel : Si un locuteur entendant utilise une expression idiomatique intraduisible littéralement, l'interprète doit trouver un équivalent culturel qui produira le même impact émotionnel et informatif chez la personne sourde.

3. Une posture éthique et déontologique
L'expertise se manifeste aussi par une gestion fine de la distance professionnelle, régie par un code de déontologie strict :

Neutralité : L'interprète n'est pas un avocat ni un travailleur social. Il ne prend pas parti et n'influence pas le contenu.

Secret professionnel :Garantie absolue de la confidentialité des échanges.

Fidélité :Restitution intégrale du message, y compris les nuances de ton, d'ironie ou de colère.

4. Une charge cognitive de haut niveau
La fonction d'assistance est une vision réductrice qui occulte la complexité neurologique de la tâche. L'interprète doit :

1. Écouter/Regarder activement (Input).

2. Analyser et mémoriser à court terme.

3. Transposer culturellement et linguistiquement.

4. Produire le message (Output).

5. Auto-contrôler sa propre production en temps réel.

En résumé, l'interprète est un expert en interaction. Il garantit non seulement l'accès à l'information, mais surtout l'équité de communication, permettant à chaque locuteur d'être l'acteur plein et entier de l'échange, sans être dépossédé de sa parole par une « aide » qui serait trop intrusive.

22/04/2026

En quoi l'interprète en langue des signes peut-il être considéré comme un expert de la communication bilingue et biculturelle, au-delà d'une simple fonction d'assistance ?

10/04/2026

🇧🇯 Béninoises, Béninois, d'ici et d'ailleurs, c'est le moment, RDV le 12 avril 2026 !

18 ans ou + ? Ton vote = ton pouvoir.
1 bulletin. 1 voix. 1 avenir.
Le Bénin de demain se décide dans l’urne, dans le calme et le respect.

Le 12 avril, on vote. On s’exprime. On construit. Pour un Bénin fort, juste, inclusif.



L’AVENIR COMMENCE PAR LA CONFIANCE...

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Présidence de la République du Bénin
Commission Electorale Nationale Autonome/ Benin
Cour Constitutionnelle du Bénin
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28/03/2026

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Êtes-vous intéressés par la Langue des Signes Béninoise LSB?Voulez-vous apprendre la Langue des Signes Béninoise LSB?Veu...
23/03/2026

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