03/09/2026
✍🏼
Pendant 15 ans, j’ai été productrice. Puis, un jour, je suis passée de l’autre côté.
Et l’une des premières questions que je me suis posées en arrivant à la tête de la SRTB a été : maintenant que je suis diffuseur, comment est-ce que je vais acheter des programmes ?
Parce que je connaissais bien le problème d’en face.
Produire une œuvre coûte cher. Il faut la financer, la fabriquer, puis réussir à la vendre. Et dans nos écosystèmes audiovisuels encore peu structurés, l’équation est souvent compliquée.
Le diffuseur, lui, a besoin de bons programmes pour attirer le public… et les annonceurs. Mais il n’a pas toujours les moyens de les acheter.
Alors nous avons essayé autre chose.
À la SRTB, nous avons proposé aux producteurs une fenêtre de diffusion courte, d’un mois, sans exclusivité.
L’idée était simple : trouver un modèle où personne ne soit perdant.
La SRTB pouvait proposer davantage de films africains à son public, dans des conditions compatibles avec ses moyens.
Et le producteur pouvait toucher des revenus, bénéficier d’une exposition nationale, récupérer rapidement son œuvre et continuer à la vendre ailleurs.
Ce n’était certainement pas le modèle parfait.
Mais après avoir passé des années du côté du producteur, je savais une chose : je ne voulais surtout pas qu’en devenant diffuseur, j’oublie ce que cela faisait d’être de l’autre côté de la table.
Avec le recul, je crois que c’est ce que mes deux expériences m’ont appris.
Nous passons beaucoup de temps à chercher comment reproduire des modèles qui fonctionnent ailleurs.
Peut-être devrions-nous passer davantage de temps à inventer ceux qui peuvent fonctionner chez nous.