26/09/2026
« C’EST POUR LA VISIBILITÉ. »
Cette petite phrase, beaucoup d’artistes l’ont déjà entendue.
On vous propose une prestation sans rémunération ?
« C’est pour la visibilité. »
On vous demande de participer gratuitement à un événement ?
« Ça va vous faire connaître. »
On vous promet peut-être de nouveaux contacts, de nouveaux abonnés, de nouvelles opportunités.
La visibilité a effectivement une valeur. Être découvert par un nouveau public peut ouvrir des portes qu’on n’aurait peut-être jamais trouvées seul.
Mais une promesse de visibilité peut-elle systématiquement remplacer une rémunération ?
C’est là que le débat devient intéressant.
Car derrière chaque prestation artistique, il y a du temps, de la préparation, des compétences, du matériel, des déplacements, parfois des collaborateurs et des années d’apprentissage. La visibilité n’efface pas ces réalités. Le problème n’est donc peut-être pas de savoir si la visibilité « vaut quelque chose ». Elle peut en valoir. La vraie question est plutôt :
Quelle visibilité ? Pour quel public ? Avec quelle contrepartie ? Et surtout, pour quel coût pour l’artiste ?
Parce qu’une visibilité réelle et mesurable peut constituer une opportunité. Mais utiliser systématiquement ce mot pour éviter de rémunérer le travail artistique peut aussi finir par banaliser l’idée que l’artiste doit travailler gratuitement pour avoir le droit d’être vu.
Et si l’on inversait la question ?
Si le travail d’un artiste contribue à donner de la valeur à un événement, pourquoi la visibilité devrait-elle toujours être présentée comme son unique récompense ?
Alors, vous, quelle est votre perception du sujet ?