21/02/2025
🇨🇮 SOULEYMANE KAMAGATÉ FAIT DES CONFIDENCES APRÈS LE CONCERT DE HIMRA AU STADE DE LA BAE DE YOPOUGON:
« En réalité, nous avons comptabilisé environ 5 000 spectateurs sur les 10 000 attendus»
« J’ai organisé ce concert en collaboration avec FLY MANADJA et AC EVENT. Ce sont eux qui ont eu l’idée et qui m’ont approché afin que j’y apporte mon expertise.
Lorsqu’ils m’ont fait part de leur envie d’organiser ce concert, ils m’ont informé que l’artiste demandait un cachet de 35 millions de FCFA. Je leur ai fait savoir que ce montant était trop élevé et qu’il fallait lui proposer 10 millions pour espérer rentabiliser l’événement. Ils sont retournés discuter avec l’artiste, qui a finalement proposé de baisser son cachet à 25 millions. Quand ils m’ont fait ce retour, je leur ai dit que c’était encore trop et qu’à la rigueur, 15 millions seraient plus raisonnables pour espérer équilibrer les comptes. Finalement, l’artiste et son staff sont restés sur leur montant de 25 millions. Comme ils tenaient vraiment à faire ce concert, je leur ai dit que j’avais compris et que nous allions avancer.
Dans le contrat, Himra et son staff ont exigé un pourcentage sur tous les sponsors que nous allions ramener. Concrètement, ils prenaient 40 % ou 30 %, et nous, promoteurs, 60 % ou 70 %, selon que ce soit nous ou eux qui apportions le sponsor. Je n’étais pas d’accord avec cette clause, et nous nous sommes même disputés à ce sujet, car c’était la première fois que je voyais cela. Mais mes collaborateurs tenaient vraiment à faire ce concert, alors j’ai accepté.
Il faut aussi préciser que c’est AC EVENT qui figure sur le contrat et qui a payé l’avance du cachet (12,5 millions de FCFA). Le staff de Himra le sait très bien.
Par ailleurs, le staff de Himra nous avait garanti qu’Orange serait sponsor du concert et qu’ils avaient déjà signé avec BetMomo pour un montant de 20 millions de FCFA. Nous avons donc entamé la procédure de sponsoring avec Orange, mais celle-ci n’a pas été validée. Naturellement, nous avons reproché cela au staff de Himra, car ils nous avaient assuré qu’Orange serait partenaire.
Ce concert avait été bouclé avant celui du Parc des Expositions. Ma contribution principale pour l’événement du stade de la BAE était d’assurer la logistique. Mais après le concert du Parc des Expositions, j’ai constaté que ma logistique ne pourrait pas gérer ce deuxième événement. J’ai donc interpellé mes collaborateurs pour qu’on trouve un autre prestataire.
À notre grand étonnement, on nous informe que le concert est jugé “à risque” et qu’il ne pourra pas se tenir au stade de la BAE. Nous avons alors rencontré le DG de la police pour plaider notre cause. Deux semaines avant le concert, on nous annonce officiellement que l’événement ne pourra pas avoir lieu au stade de la BAE pour des raisons de sécurité et qu’il fallait le déplacer sur la route de Songon, là où avait eu lieu le rassemblement de Kanguka. Ce changement a affecté la mobilisation autour du concert. J’ai donc contacté le Maire Adama BICTOGO pour qu’il intervienne afin que nous puissions finalement organiser l’événement au stade de la BAE, tout en essayant de prévoir un plan B.
Concernant la billetterie, nous avions prévu :
• 10 000 tickets à 5 000 FCFA,
• 3 500 tickets à 10 000 FCFA,
• 1 500 tickets à 15 000 FCFA.
Le DG de la police a souhaité rencontrer l’artiste. J’ai donc contacté son staff pour fixer un rendez-vous. Le jour venu, on me dit que l’artiste est malade et ne peut pas venir. Pourtant, l’après-midi, je le vois en story en train de se promener en ville. J’ai dû présenter mes excuses au DG de la police et organiser un autre rendez-vous. Le jour du deuxième rendez-vous, j’arrive à 14h, j’appelle le staff de l’artiste, et on me répond qu’il dort. J’étais très surpris vu toute la pression que nous subissions. J’ai encore trouvé des excuses et plaidé pour un troisième rendez-vous, où l’artiste a finalement fini par se présenter.
Nous avions prévu 45 millions de FCFA de dépenses, mais nous nous sommes retrouvés à 70 millions, ce qui nous a obligés à supprimer les tickets à 5 000 FCFA. Cela a compliqué la vente, car les fans voulaient ces tickets. Nous avons donc dû les réintroduire pour limiter les pertes financières. Jusqu’à la veille du concert, nous avions vendu plus de 3 000 tickets, y compris ceux achetés par des autorités et personnalités pour être redistribués.
Face aux difficultés, j’ai proposé au staff de l’artiste que nous approchions ensemble certaines autorités pour écouler davantage de tickets, car après tout, c’était leur artiste qui était en prestation. J’ai organisé un rendez-vous avec Karim Ouattara en accord avec l’artiste et son staff. Mais le jour J, l’artiste ne s’est pas présenté, alors qu’il devait acheter des tickets pour nous aider. C’était un énorme manque de considération, et j’avais honte.
Le jour du concert, la perte était évidente, compte tenu des nombreuses dépenses engagées. Nous avons tenté de minimiser les dégâts en vendant des tickets sur place.
Il faut rappeler que c’est AC Event qui a payé le cachet de l’artiste. Après l’avance de 12,5 millions, ils ont encore payé 6 millions.
Le jour du concert, lorsque j’informe le manager que l’artiste doit monter sur scène, il me réclame le reste du cachet. Je le redirige vers AC Event, qui gère les paiements. Nous avons pu leur donner une partie du montant, mais il restait encore 3,5 millions à régler. Un engagement écrit a été signé pour un paiement ultérieur.
En réalité, nous avons comptabilisé environ 5 000 spectateurs sur les 10 000 attendus. »
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