27/07/2026
La jeunesse en première ligne de la révolution agroécologique
A Ngozi, la troisième édition du salon des jeunes organisé en date du 23 juillet 2026 sous le thème « Voix des jeunes, Terre d'Avenir : Pour une agroécologie inclusive et innovante », a démontré que la jeunesse burundaise est bien plus qu'un simple acteur du changement : elle est aujourd'hui l'un des principaux moteurs de la transition agroécologique. Entre innovations, partage d'expériences et plaidoyer en faveur d'une agriculture durable, cette rencontre a mis en lumière une génération déterminée à faire de la terre un levier de résilience, d'emploi et de développement. Adisco et l’Université Populaire Haguruka, membres du consortium mettant en œuvre le projet PADIP financé par Broederlijk Delen, ont pris part à cet événement qui a mis en lumière le potentiel de la jeunesse burundaise dans la transformation du secteur agricole.
Le chef-lieu de la province de Butanyerera s'est transformé en véritable carrefour d'innovation et d'échanges autour de l'agroécologie. Organisé en collaboration avec l’université de Ngozi dans les enceintes de ladite Université, le salon des jeunes a permis aux participants de découvrir des initiatives portées par des jeunes qui démontrent qu'il est possible de concilier productivité agricole, protection de l'environnement et création d'opportunités économiques.
Dans son discours d'ouverture, le Chef de Cabinet du Gouverneur de la province de Butanyerera, M. Alain Patrick Muheto, a salué le travail accompli par les organisations du consortium PADIP qui œuvrent en faveur d'une agriculture durable. Face aux défis liés à la dégradation des sols et aux effets de plus en plus visibles causés par le changement climatique, il a rappelé que l'agriculture demeure le pilier de l'économie nationale.
Pour lui, les difficultés climatiques ne doivent pas décourager les jeunes. Au contraire, elles doivent les pousser à innover et à saisir les opportunités qu'offre l'agroécologie. Il leur a demandé de s’investir davantage dans les activités agricoles plutôt que de concentrer leurs ambitions uniquement dans les centres urbains. Selon lui, l'agroécologie représente aujourd'hui une voie prometteuse pour créer des emplois, préserver les ressources naturelles et bâtir un développement durable au bénéfice des générations futures. Avant de clôturer son intervention, M. Alain Patrick Muheto a réaffirmé l'engagement de l'administration provinciale à accompagner les initiatives des jeunes qui s'investissent dans la promotion d'une agriculture respectueuse de l'environnement.
Des produits agroécologiques étaient à l’honneur
Au-delà des discours, le Salon a offert un espace vivant d'apprentissage et de partage. Les visiteurs ont parcouru les différents stands d'exposition où étaient présentés des produits issus de pratiques agroécologiques. Les échanges d'expériences entre producteurs, les discussions autour de l'importance des semences locales ainsi que les rencontres entre jeunes entrepreneurs, institutions publiques et partenaires au développement ont favorisé la création de nouvelles synergies pour renforcer une agriculture plus résiliente.
Christa Olivia Hatungimana, représentante de la Chambre Transversale des Jeunes Entrepreneurs du Burundi (CTJEBU en sigle), s'est réjouie de l'organisation de cette troisième édition. Selon elle, ce rendez-vous constitue une excellente occasion de valoriser les réalisations des jeunes agroécologistes tout en favorisant le partage d'expériences entre les participants. Elle a salué la présence massive à cet évènement organisé pour la troisième fois.
« Votre forte participation est un signe éloquent que vous reconnaissez le rôle joué par les jeunes dans la préservation d'une agriculture durable », a-t-elle précisé en s’adressant aux participants à ce salon. Revenant sur le thème de cette année, elle a rappelé que chaque citoyen est appelé à apporter sa contribution à la préservation de la fertilité des sols, condition indispensable à une agriculture productive et durable.
Une soirée culturelle était également organisée
La clôture de cette journée a laissé place à un moment de détente riche en enseignements. La soirée culturelle Rinjora a offert au public un spectacle captivant où divertissement et sensibilisation se sont harmonieusement conjugués. La troupe théâtrale Nkinankebura a également conquis les participants grâce à des prestations pleines d'humour, mettant en scène des réalités du quotidien pour transmettre des messages forts sur la préservation de l'environnement, les bienfaits de l'agroécologie, la promotion des valeurs familiales et l'engagement citoyen. Une manière originale de démontrer que l'art peut être un puissant vecteur de changement social et de prise de conscience.
Au-delà des expositions et des échanges, cette troisième édition du salon des jeunes a surtout envoyé un message fort : la jeunesse burundaise est prête à relever les défis de demain. En misant sur l'agroécologie, elle démontre qu'il est possible de protéger les ressources naturelles tout en créant des opportunités économiques. Une dynamique porteuse d'espoir qui mérite d'être soutenue afin que les initiatives d'aujourd'hui deviennent les fondations d'une agriculture durable pour les générations futures.
Signalons que les organisations membres du consortium mettant en œuvre le projet PADIP sont les suivantes : ADISCO, INADES Formation-Burundi, UPH, UHACOM, ADID, CTJEBU et COCOCA.