Burkina Faso Ma Culture

Burkina Faso Ma Culture Promouvoir la culture Burkinabé

16/10/2024

Parmi les sites touristiques au Burkina Faso, l’un des plus attractifs est le village de Tiébélé, situé dans la commune rurale de la province du Nahouri, dans la région du Centre-Sud. Ce village est habité par les Kasséna, un sous-groupe ethnique des Gourounsi. Contrairement aux villages voisins qui ont été influencés par la modernité au détriment de leur patrimoine culturel, les habitants de Tiébélé ont préservé leur architecture traditionnelle.

Dans cette région, on peut observer trois types d’habitations distinctes. La maison authentique se compose de deux pièces : une cuisine intérieure et une chambre. Ce type de maison était utilisé par les ancêtres des Kasséna pour se protéger durant les guerres tribales, car elle représentait leur première forme d’habitat. Aujourd’hui, bien que les conflits aient cessé, ces habitations continuent d’abriter les grands-parents, car dans la culture Kasséna, l’éducation des petites-filles est confiée à leurs aînés. De plus, la maison authentique, surnommée la “maison en forme de 8” en raison de sa configuration spécifique, est unique au Burkina Faso. Elle se distingue par la disposition des deux pièces qui forment un huit. Ces habitations sont également connues pour leur longévité, pouvant durer un siècle ou plus. Il est intéressant de noter que la famille royale s’y est installée dès les années 1600.

Le deuxième type de maison, de forme rectangulaire ou carrée, est destiné aux jeunes couples. Lorsqu’un homme Kasséna se marie, une maison de ce type est construite pour lui et son épouse. Enfin, la troisième forme est la maison ronde, avec un toit en herbe, réservée aux hommes célibataires. Quant aux jeunes filles célibataires, elles vivent avec leurs grands-parents dans la maison authentique jusqu’à leur mariage.

Les Kasséna possèdent également des greniers à mil, utilisés pour stocker les épis. Selon la tradition, il est strictement interdit aux femmes de descendre dans le grenier pour y puiser du mil, en raison des règles d’honneur.

En plus de l’architecture, les murs des maisons sont ornés de motifs symboliques et géométriques qui racontent l’histoire du peuple Kasséna. Ces motifs, tels que des pipes, des cauris et des formes géométriques, ne sont pas choisis au hasard. Par exemple, la pipe symbolise le cadeau qu’un petit-fils offre à son grand-père après son retour de voyage. D’autres motifs, comme les losanges et les carrés, rappellent les motifs de pagnes, tandis que les barres représentent les empreintes d’éperviers ou de poules.

Office National du Tourisme Burkinabè.







Le village de Tiébélé, situé au sud du Burkina Faso près de la frontière ghanéenne, abrite la plus importante chefferie ...
11/10/2024

Le village de Tiébélé, situé au sud du Burkina Faso près de la frontière ghanéenne, abrite la plus importante chefferie du “pays Kassena”, connue sous le nom de cour royale de Tiébélé. Les Kassena font partie du groupe ethnique Gurunse, l’un des plus anciens installés au Burkina Faso, avec des terres s’étendant jusqu’au Ghana. Majoritairement animistes, ils pratiquent des cérémonies de divination, d’offrandes et de sacrifices, reflétant leur religion traditionnelle. La cour royale et le village sont toujours sous l’autorité du chef traditionnel, le Pé, garant de l’ordre social et des rituels coutumiers.

L’organisation de la cour royale

À l’entrée de la cour royale, des guides, assis à l’ombre d’un majestueux baobab, accueillent les visiteurs. La visite débute par la découverte de symboles forts de la culture Kassena, tels qu’un imposant figuier rouge, signe de l’ancienneté et de la puissance de la chefferie. À la base de cet arbre, des pierres sacrées servent de sièges lors des réunions ou sacrifices. Un autre élément intrigant est le “Pourrou”, une butte de terre et de déchets qui, bien que modeste en apparence, est sacrée. C’est ici que “celui qui bat le tambour” annonce les nouvelles et que les placentas des nouveau-nés sont enterrés.

À l’intérieur de la cour, plusieurs concessions abritent différents groupes sociaux. Par exemple, le domaine princier est destiné aux princes héritiers, qui y vivent avec leurs épouses et grands-parents. D’autres espaces sont réservés au gardien des tambours sacrés, aux jeunes frères, etc. Environ 250 à 300 personnes résident dans cette cour de 1,2 hectare.

Les types de maisons

Les habitations sont construites à partir de matériaux locaux tels que la terre, le bois et la paille. Traditionnellement, la terre était mélangée à des fibres et de la bouse de vache pour renforcer les murs, une technique encore utilisée par certains aujourd’hui, bien que les briques de terre crue soient de plus en plus courantes. Ces habitations varient selon le statut de leurs occupants :

• Draa : La maison ronde, typique des célibataires, des anciens ou des devins.
• Dinian : La maison en forme de 8, également appelée maison mère, est destinée aux couples âgés et à leurs petits-enfants, car elle symbolise l’esprit des ancêtres.
• Mangolo : La maison rectangulaire, plus moderne, est réservée aux jeunes mariés.

Sauf la maison ronde, la plupart des habitations ont des toits plats accessibles, utilisés pour sécher les récoltes ou pour y dormir durant la saison sèche. Une caractéristique notable des maisons rondes est l’étroitesse de leurs portes, qui mesurent moins de 80 cm de haut, obligeant les visiteurs à se baisser pour entrer, un stratagème défensif utilisé pour identifier les amis des ennemis.

L’art pictural de Tiébélé

À Tiébélé, ce sont les femmes qui décorent les murs des maisons, une tradition collective qui se renouvelle chaque année avant la saison des pluies. Dirigées par les aînées, les femmes perpétuent cet art tout en transmettant la culture Kassena aux plus jeunes. Les peintures sont réalisées à partir de matériaux naturels : la latérite pour le rouge (symbole de force), le kaolin pour le blanc (symbole de mort), et le graphite pour le noir (associé à la terre). Après avoir appliqué ces couleurs sur les murs enduits de terre et de bouse de vache, des motifs sont gravés à l’aide de pierres, puis une couche protectrice est ajoutée pour un effet verni.

Ces motifs ne sont pas que décoratifs ; ils racontent des histoires, symbolisant des aspects de la vie quotidienne. Quelques exemples :

• Le filet : Utilisé pour ranger les calebasses.
• La canne : Rappelle que les personnes âgées et handicapées ont besoin d’assistance.
• Les pointes de flèches : Symbolisent la chasse et la défense.
• Le lézard : Signe de vie, on n’emménage dans une nouvelle maison qu’après qu’un lézard l’ait visitée.
• Le serpent : Totem des Kassena, symbole des ancêtres revenant rendre visite.

Préservation de ce patrimoine

La cour royale de Tiébélé est un patrimoine fragile, exposé aux aléas climatiques comme l’érosion et les inondations. Cependant, grâce à son attrait touristique et aux efforts d’associations locales, des actions ont été menées pour encourager sa préservation. En 2012, le site a été inscrit sur la liste indicative du Patrimoine mondial de l’Unesco, renforçant son statut et son importance pour les générations futures.





Les samos ou samoghos, du Burkina Faso sont un peuple mandingue vivant au Nord-ouest du pays. Cette société repose sur u...
09/10/2024

Les samos ou samoghos, du Burkina Faso sont un peuple mandingue vivant au Nord-ouest du pays. Cette société repose sur une culture très forte et très riche, qui essaie de rester toujours immuable au temps.

Au Burkina Faso les samos parlent le « san » ou le « samo » et leurs patronymes ne sont autre que Toé, Paré, Ky, Kawané, Garané, Mossé, Kanamé, Dalla, Yélémou, Dao, Toni et Kamambiri. Par ailleurs on rencontre aussi selon les localités les noms comme Zerbo, Koné, Lamoukiri, Kané, Louri, Zou, Tiéba, Koussoubé, Tiema, Bitibaly, Drabo, Bananzaro, etc…

Un peuple de culture et d’agriculture

Ce peuple vit principalement d’agriculture. Cependant, il pratique parallèlement la chasse et l’élevage. Les denrées cultivées sont généralement le sorgho, le petit mil, le maïs, le haricot, l’arachide, les poids de terre, l’oseille, et le sésame. Ainsi donc le samo se nourrit traditionnellement de tô, de haricot, poids de terre, feuilles sauvage, « zamané » et d’autres mélanges de ses semences. D’ailleurs les femmes samos sont reconnues par leur habilité en la matière et la préparation du dolo. Les samos habillent en « san don » ou faso danfani.

Un peuple de cultures occultes

Au pays des hommes intègres, les samos du Nord et sud sont tous animistes. Ils ont des fétiches auquels ils font des sacrifices en l’honneur de leurs ancêtres. Dans le même cadre, ils organisent chaque année le « Tolo » ou le retour des ancêtres, pendant une semaine dans le mois des grands vents et des grands poussières (Février ). D’ailleurs les tempêtes de poussières au début et à la fin des festivités sont considérées comme provoquées par le foulée des pas de la foule des ancêtres en marche.

Les masques pour se dire

Comme dans beaucoup d’autres cultures, chez les samos ils existent des masques dont les plus répandus sont apparaissent sous la forme d’animaux, les masques: buffle, coq, lapin, bouc. Aussi ils savent causer, travailler au son de musique à l’aide d’instruments, qui sont la flûte, la corne, l’arc musical, le tambour, le tam-tam, etc… ou faire des jeux comme la lutte au claire de la lune qu’ils accompagnent avec des pas de danse originaux.

En milieu Samo le mariage est sacré

En milieu samo, le mariage est un lien sacré qui lie deux familles et même deux quartiers. Généralement, les gens de même quartier ne se marient pas pas entre eux, car ils se considèrent comme frères et sœurs. La dote est composée de sel, de beure de karité, de bétail, de faso danfanis,d’argent. Très souvent, on procède d’abord par enlèvement, c’est-à-dire que le jeune garçon et ses amis enferment la jeune fille pendant un certain temps avant de la libérer pour officialiser l’union. Mais si cette dernière ne consent pas, elle trouvera un moyen de s’échapper avant qu’elle ne soit libérée sinon elle deviendra aussitôt la fiancée.

Quand il y’a décès chez les samos, c’est la fête si le défunt est âgé. On l’ assainie, on l’habille et on le fait asseoir là où il a l’habitude de s’asseoir, ainsi on essaie d’imiter ses comportements, humoristiques pour rappeler aux gens ses moments de joies. Ensuite, au son de tambour et de tam-tam, on danse autour de lui pendant des heures avant de l’hunimer. Si c’est un homme, il sera organisé une chasse en son honneur et les femmes iront chercher du bois, si c’est une femmes. Un bon dolo sera préparé en son honneur et tous les soirs pendant 10 jours, on viendra boire, chanter, et danser en son honneur dans sa famille au son de tambour et de tam-tam.

Bon voyage en pays samo… Culturellement Vôtre !

Par Drabo Blaise Arsène et Sangaré Boubacar.





L'histoire des rois Mossi est fascinante et complexe, car elle couvre plusieurs siècles d'évolution politique et culture...
26/09/2023

L'histoire des rois Mossi est fascinante et complexe, car elle couvre plusieurs siècles d'évolution politique et culturelle au sein de la société Mossi. Voici une analyse détaillée de l'histoire des rois Mossi, avec des références bibliographiques pour approfondir votre compréhension.

Les rois Mossi : La société Mossi, située principalement dans l'actuel Burkina Faso, a été gouvernée par une série de royaumes autonomes, chacun dirigé par un roi ou chef appelé "Naba". Ces royaumes Mossi les plus notables comprennent Ouagadougou, Yatenga, Tenkodogo et plusieurs autres. Les rois Mossi étaient souvent choisis parmi les membres de la famille royale, mais ils devaient également être acceptés par les prêtres et les anciens de la société.

La structure politique : La société Mossi était organisée de manière hiérarchique, avec le roi en haut de la pyramide sociale. En dessous du roi, il y avait des chefs de villages et des conseillers royaux. Les chefs de village avaient des responsabilités locales, tandis que les conseillers royaux aidaient le roi dans la prise de décisions politiques importantes.

La conquête coloniale : Pendant la période coloniale, la région Mossi a été soumise à la domination française, ce qui a eu un impact significatif sur la structure politique et sociale de la société Mossi. Les autorités coloniales françaises ont cherché à consolider leur pouvoir en utilisant les rois Mossi comme intermédiaires.

L'indépendance et la post-indépendance : Après l'indépendance du Burkina Faso en 1960, la relation entre les rois Mossi et le gouvernement central a évolué. Le gouvernement burkinabè a parfois cherché à réduire le pouvoir des rois traditionnels au profit d'une structure politique plus centralisée.

Les défis contemporains : De nos jours, les rois Mossi continuent de jouer un rôle symbolique et culturel important dans la société, mais leur pouvoir politique est souvent limité par les autorités gouvernementales. Ils sont également confrontés à des défis liés à la préservation de leur patrimoine culturel tout en s'adaptant aux changements sociaux et économiques.

Références bibliographiques suggérées :

1. "Royauté et pouvoir politique chez les Mossi de Ouagadougou" par Joseph Ki-Zerbo - Cette œuvre offre une analyse détaillée de la royauté Mossi.
2. "Les chefferies mossi du Yatenga et du Passoré" par Henri Guennegues - Une étude approfondie sur les royaumes Mossi du Yatenga et du Passoré.
3. "L'Afrique occidentale au temps des Français" par Yves Person - Ce livre traite de la colonisation française au Burkina Faso, y compris ses effets sur les rois Mossi.
4. "Le Burkina Faso" par Boureima Diamitani - Ce livre examine l'histoire politique du Burkina Faso depuis l'indépendance, y compris les relations entre les rois Mossi et le gouvernement central.

L'histoire du peuple Mossi du Burkina Faso est riche et complexe, s'étendant sur des siècles. Voici une description déta...
25/09/2023

L'histoire du peuple Mossi du Burkina Faso est riche et complexe, s'étendant sur des siècles. Voici une description détaillée de leur histoire, tout en mentionnant quelques sources pour approfondir votre compréhension :

Origines légendaires :Les Mossi, également connus sous le nom de Moaga, sont considérés comme l'un des groupes ethniques les plus anciens de l'Afrique de l'Ouest. Selon leur propre tradition orale, leur histoire remonte au XIe siècle avec l'arrivée de Naba Mogho Kouné, le fondateur mythique des Mossi, qui serait venu de la région du Ghana actuel. Cette migration aurait marqué le début de la formation des royaumes Mossi.

Formation des royaumes Mossi :Les Mossi ont établi plusieurs royaumes indépendants dans la région qui est maintenant le Burkina Faso. Les royaumes Mossi les plus notables étaient Ouagadougou, Yatenga, et Tenkodogo. Chaque royaume était dirigé par un roi ou un chef appelé "Naba." Ces royaumes étaient souvent en concurrence pour le contrôle des terres et des ressources.

Résistance à la colonisation : Pendant la période coloniale, la région Mossi est devenue une partie de l'Afrique-Occidentale française. Les Mossi ont résisté à la colonisation française, notamment sous le leadership de Yennenga, une figure emblématique de la résistance Mossi. Ils ont finalement été soumis à la domination coloniale, mais leur histoire de résistance a contribué à forger leur identité.

Indépendance et création du Burkina Faso :Après des décennies de lutte pour l'indépendance, le Burkina Faso a finalement obtenu son autonomie vis-à-vis de la France en 1960. Le pays a été rebaptisé "Burkina Faso" en 1984, un nom qui reflète l'engagement envers l'unité nationale et l'identité culturelle.

Culture et société : La société Mossi est traditionnellement organisée autour de la royauté, avec des coutumes et des rituels spécifiques liés à la royauté. La musique, la danse, la poterie, et l'artisanat sont des éléments importants de leur culture. La religion traditionnelle Mossi est également significative, bien que de nombreux Mossi aient adopté l'islam ou le christianisme au fil du temps.

Agriculture et subsistance :L'agriculture est le pilier de l'économie Mossi. Ils cultivent principalement le mil, le sorgho, le maïs, ainsi que d'autres cultures vivrières. L'élevage de bétail, en particulier les bovins, est également une source de subsistance importante.

Bibliographie suggérée pour approfondir :
1. "The Mossi of Burkina Faso: Chiefs, Politicians, and Soldiers" par Christopher R. DeCorse.
2. "Mossi of Burkina Faso" par Deborah Pellow.
3. "Burkina Faso: A History of Power, Protest, and Revolution" par Ernest Harsch.
4. "The Evolution of Political Society: An Essay in Political Anthropology" par Morton H. Fried (contient des informations sur l'organisation politique des Mossi).
5. "Religion and Politics in French Africa" par Edward Ramsamy (pour comprendre la religion et la résistance chez les Mossi pendant la colonisation).

Ces sources vous aideront à plonger plus profondément dans l'histoire et la culture du peuple Mossi au Burkina Faso.

Le masque est un être vivant qui a son langage, qui permet un dialogue entre les Hommes et les dieux ; les vivants et le...
06/03/2020

Le masque est un être vivant qui a son langage, qui permet un dialogue entre les Hommes et les dieux ; les vivants et les esprits. Pilier central de la religion traditionnelle au Burkina Faso, il célèbre les grands événements de la vie rituelle comme les festivités. Intervenant aux occasions les plus importantes de la vie sociale et communautaires : initiations, funérailles, purification du village ou encore simples fêtes de réjouissances, les masques sont de toutes les manifestations. Omniprésents et omnipotents, ces êtres d’un autre monde se déclinent par une palette de formes, de couleurs et de matières inépuisables allant du simple amas de feuilles ou de fibres à de géants de plusieurs mètres de haut en passant par des personnages à la morphologie complexe, aux visages de bois expressifs.

Dans la commune de Bagassi, province des Balé, au Burkina Faso, il existe plusieurs sortes de masques. Les masques en feuilles (бiєnu), les masques en bois (hõbƆ), les masques à fibres (nwõbє), et aussi les masques géants (n’nєheбƆnu). Et chaque masque a sa période et son occasion d’apparition puisqu’ils n’apparaissent pas tous au même moment. Intéressons-nous au masque en feuille ou бiєnu.

A Virwè par exemple (village situé dans la commune de Bagassi), seul le quartier Lamien détient ce masque en feuilles. Chaque année, avant de débuter les travaux hivernals, les anciens consultent le buisson protecteur du quartier pour l’implorer afin que les récoltent soient bonnes. Après l’accord du fétiche, ils peuvent commencer les travaux champêtres. Pendant la saison sèche, la danse des masques est organisée. Cela est de coutume. Les anciens du quartier immolent un poulet sur le buisson avant de désigner les jeunes qui porteront le masque ce jour-là. Pour constituer le masque, les jeunes du village se rendent très t**d la nuit, dans la brousse afin « d’habiller » de feuilles des pieds à la tête, celui qui a été désigné. Les choses se passent de sorte qu’au levée du jour, lorsque le soleil apparaît à l’horizon, le masque est prêt à apparaître. Il faut noter par ailleurs que celui qui porte le masque est nécessairement un grand danseur. Ce qui fait qu’une personne désignée peut décliner poliment l’offre si elle ne se sent pas capable de remplir la mission qui lui est assignée.

Après une longue journée de danse et de promenade, les feuilles sont ôtées des danseurs au crépuscule et jetées obligatoirement dans le buisson. Et le même rite est repris jusqu’au troisième jour, jour de fin des danses et donc de l’apparition des masques. Très tôt le quatrième jour, les vieux immolent un coq dans le buisson et regardent certaines parties de l’animal. Si elles sont propres (blanches), cela signifie que les ancêtres ont accepté la fin des danses et ont aussi accepté de les soutenir afin que les prochaines récoltent soient bonnes. Si elles sont sales (noires), cela signifie que les ancêtres n’ont pas accepté leur requête. Ils doivent donc consulter un devin pour connaître la raison du refus.

Les masques en feuilles, бiєnu, ont différentes occasions d’apparitions. Ordinairement, chaque année, la danse des masques est organisée pendant la saison sèche. Cela se fait chaque fois ‘’le propriétaire’’ du masque estime que les récoltes ont été bonnes et qu’il a les moyens d’accueillir les nombreux étrangers qui viendront. Car pendant les trois jours de danse, de la boisson locale et aussi de la nourriture à satiété sont à la disposition de ces étrangers. Les masques apparaissent également lorsqu’un vieux, ‘’propriétaire’’ du masque, décède. En ce cas, quelle que soit la période, les masques doivent danser pour lui rendre hommage pendant trois jours. Enfin, les masques peuvent apparaître à l’occasion du décès d’une des filles ‘’des propriétaires’’ du masque qui s’est mariée dans un autre village. Dans ce cas, ce sont les parents de la défunte qui demande à ce qu’on fasse apparaître les masques. Cela se fait parce que ce sont les filles ‘’des propriétaires’’ qui, en plus des griots, chantent pour les masques lorsque ceux-ci dansent. Alors, lorsqu’une de ces filles meurt, c’est une manière de la remercier pour les services qu’elle a rendu à la communauté des masques.

Le refus de faire apparaître les masques à ces trois occasions peut causer un malheur dans la famille si des sacrifices ne sont pas immédiatement faits

08/09/2019

ou
Les Marka (Sarakolé, Soninkés, Dafing….) sont un peuple présent en Afrique de l'Ouest sahélienne, établi principalement au Mali le long de la frontière mauritanienne entre Nara et Nioro du Sahel, ainsi qu'au Sénégal, en Mauritanie, en Gambie, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau. Ils font culturellement partie du groupe mandé de par leur langue, le soninké, mais forment un groupe ethnique à part entière.
Ethnonymie
Selon les sources, on observe de très nombreuses variantes : Aswanik, Dafing, Dafi, Dyakanke, Gadyaga, Maraka, Maraxa, Marka, Marka Soninké, Saracole, Sarakolé, Sarakollé, Sarakule, Sarawule, Saraxole, Seraculeh, Serahuli, Serakhulle, Silabe, Soniake, Soninkés, Sonninké, Toubakai, Wakore1.
Ils se désignent eux-mêmes par le mot soninké qui est en réalité le singulier du mot soninko, mais sont également appelés « Sarakholés » par les Wolofs, « Marakas » par les Bambaras, « Wangara » par les Malinkés, « Wakoré » par les Songhaïs, ou encore « Toubakaï ». « Marka » est le nom sous lequel ils sont connus au Mali dans la région de Ségou et au Burkina Faso dans celle de Dafina.
Au Burkina Faso, les Marka (Dafing) se rencontrent dans la partie Ouest dans les Provinces du Mouhoun (Dédougou), des Balés (Boromo), du Sourou (Tougan), de la Kossi (Nouna), du Banwa (Solenzo), du Nayala (Toma) avec l’extension dans la Province du Tuy (Houndé) et du Houet (Bobo-Dioulasso).
On fait une petite différence entre les Marka qui sont en général animistes et les Dafing, sous-groupe Marka islamisé qui s’intègre très facilement aux populations d’accueil au cours de leurs migrations.
Le mot « Da-fing » veut dire en Marka « Bouche noir », allusion aux scarafications labiales noires que pratiquaient les femmes de cette ethnie. Les Marka (Dafing) ont leur langage propre. Cepenadent en plus de leur dialecte, presque tous parlent le Dioula communément parlé dans tout l’Ouest du Burkina Faso.
Un peu d’histoire
L'historien Abdoulaye Bathily évoque une origine saharienne des Soninkés, qui auraient migré vers le Sahel au fur et à mesure de l'assèchement du climat au IIIe millénaire av. J.-C..
La fondation du royaume du Ouagadou, à l'origine de l'empire du Ghana, d'après la tradition orale des griots soninké, est attribuée à un personnage légendaire, Igo Khassé Dingka (ce qui signifie « gros vieil homme »), l'ancêtre des Soninkés. Lorsque Dingka arriva en Afrique de l'Ouest, dans la région où se trouvent aujourd'hui le Mali, la Mauritanie et le Sénégal, il trouva sur place une nation d'agriculteurs, les Karos, qu'il réussit, lui et sa suite, à dominer. Les troupes de Dingka étaient d'excellents cavaliers et ils étaient armés de lances, épées, boucliers, armures de fer. La légende raconte que dans la région, un serpent à sept têtes nommé Bida régnait en maître. Pour pouvoir installer le royaume du Ouagadou, Igo Khassé Dingka dut négocier avec le serpent Bida de le laisser installer son empire à condition de lui donner tous les sept ans la fille la plus belle et la plus propre (vierge) du Wagadou. En contrepartie, le serpent accorderait au Ouagadou la richesse, l'or et la pluie pour les récoltes. Igo Khassé Dingka est l'ancêtre des Soninkés portant les patronymes : Sokhona, Cissé, Touré, Diané, Khouma, Sakho.
Les Soninkés sont avec les Peuls, les premiers Africains de l'Ouest à se convertir à l'islam.
Après la chute de l'empire du Ghana, les Soninkés se sont dispersés dans toute l'Afrique de l'Ouest à partir du xiie siècle, donnant ainsi naissance à plusieurs ethnies dont les Bozo, Soninkés devenus pêcheurs sur le fleuve Niger et en propageant l'islam. Le voyage est une tradition chez les Soninkés, cela explique tous leurs déplacements.
Ils ont créé également le royaume du Galam au Sénégal, sur la vallée du fleuve Sénégal, ancien royaume qui se trouvait au sud du Fouta-Toro et à l'est du royaume du Djolof. Le roi portait le titre de Tounka. Le royaume a été plusieurs fois vassalisé par le Djolof à l'époque où celui-ci était un empire, par le Fouta-Toro et par le royaume bambara du Kaarta. Il vivait de l'agriculture, du commerce de la gomme arabique et de l'or. Toutefois, le Galam fournissait rarement ses propres esclaves aux négriers français et leur remettait principalement ceux capturés dans les pays voisins. Le Galam a subi des razzias des Maures à la recherche d'esclaves pour la culture de la gomme. Mais surtout du commerce avec les traitants européens initiateurs de la Traite Atlantique et avec les Maures par les voies commerciales transsahariennes. La ville de Bakel se trouve sur l'ancien royaume du Galam. Au xixe siècle, Mamadou Lamine Dramé, un marabout soninké du Galam, fut l'un des plus grands résistants contre la colonisation au Sénégal.
À noter qu'il existe une importante diaspora, notamment en région parisienne depuis la fin des années 1950. Dans les années 1970, les Soninkés représentaient près de 70 % de la population subsaharienne émigrée en France.
Ils sont généralement musulmans sunnites.
Organisation sociale
Dès l'époque précoloniale, la société soninké pratique le commerce d'esclaves pour progressivement se transformer en société esclavagiste. Ainsi, jusqu'à la fin du xixe siècle, dans les régions qu'elle occupe, la population peut être constitué d'un tiers ou de la moitié d'esclaves. Face à de si grandes proportions, les Soninkés, pour maintenir le contrôle, se montrent brutaux à leur encontre. Les esclaves habitaient dans un quartier spécifique des villages, une pratique qui s'est maintenue jusqu'à nos jours.
Les Soninkés vivent sur la vallée du fleuve, plus particulièrement dans la région de Guidimakha et la région du Gorgol. Ils sont sans nul doute les plus grands cultivateurs de la Mauritanie.
L’organisation sociale des Soninkés est très hiérarchisée. Elle comprend trois niveaux :
les hommes libres appelés Hooro (nobles) auxquels appartiennent les tunkalemmu (princes qui ont vocation au règne) les mangu (courtisans, guerriers, confidents des tunkalemmu = princes) et les modylemmu (imams, marabout, guide religieux).
les hommes de caste ou Ñaxamala (Niakhamala) auxquels appartiennent les forgerons, les travailleurs du bois, les griots (jaaro) et les cordonniers.
les captifs, esclaves ou Komo, qui ont été affranchis au début du xxe siècle.
Ce système est héréditaire. Les mariages se font au sein de chaque catégorie. La société soninké est patrilinéaire.
Le tunka, le roi, est le chef politique. Il est propriétaire des terres de son pays et de ce qui y pousse. Il est issu des tunkalemmu (princes et héritiers de la royauté) auxquels il se réfère avant de prendre une décision. Les chefs de village doivent obtenir la bénédiction du tunka pour exercer.
Culture
Il n'est pas rare de trouver des familles soninkés de plus de 100 personnes, partageant les repas quotidiens.
Dans le passé, les hommes avaient les cheveux tressés ou des coiffures en locks, qu'ils enduisaient de karité. Les femmes avaient le plus souvent le crâne rasé, mais il y avait aussi des coiffures tressées, très difficiles à réaliser. Elles tatouaient leurs lèvres et leurs gencives pour faire ressortir la blancheur de leurs dents et rehausser la beauté de leur visage. Les femmes portaient toujours un léger voile sur la tête.
Les Sarakholés ne pratiquent pas la scarification du visage autant que les Bambaras. Hommes comme femmes se font deux ou trois scarifications sur les tempes, et les femmes en font trois de plus sur les joues. L'excision des jeunes filles était très pratiquée dans le passé mais est tombée quasiment en désuétude aujourd'hui. Les oreilles de la femme sont percées de plusieurs trous dans lesquels sont placés plusieurs anneaux en or pour les plus fortunées, en argent ou en bronze pour les plus modestes. Les bijoux tels que les colliers, les bracelets au poignet et aux chevilles sont très utilisés.
Traditionnellement, les hommes soninkés portent le boubou, une grande robe qui arrivait en bas des genoux et un pantalon, souvent de couleur blanche, beige ou bleu indigo. Dans le passé, une ceinture de cuir était attachée à la taille. Il y a aussi les babouches brodées appelées moukhou, ou les sandales de cuir, le tepou. Les femmes portaient le pagne qui s'arrêtaient en bas des genoux, le fendeli, et pour le haut la camisole, par-dessus laquelle elles mettent un boubou le plus souvent de couleur indigo, appelé doroké khoré (grand vêtement). Avec l'islamisation, le pagne arrive désormais jusqu'aux chevilles. Le bazin (bassa) est le tissu utilisé pour les fêtes, noble et de grande qualité. Sous leurs vêtements, les femmes ont plusieurs colliers de perles qu'elles portent sur la taille. Ils sont portés comme des sous-vêtements de séduction, ils ne peuvent être montrés que dans l'intimité. Sur la tête elles attachent artistiquement un foulard, le tikka ou kala.
Culture
Selon Makhtar Diouf, chercheur à l'IFAN, certains patronymes sont caractéristiques d'une origine soninké – parfois lointaine – comme : Baradji, Bathily, Doucouré, Diabira, Diagana, Tandia, Wagué, Fadé, Kanté, Koïta, Maréga Doucouré, Diawara, Dramé, Gassama, Kébé, Konté, Touré, Sakho ou Sacko, Sylla (ou Silla), Soumaré, Dabo.
Cissé (et ses variantes Cisé, Sise ou Siise) occupe une place de choix, puisque c'était le patronyme des six premiers clans soninké issus des six fils de Dingka. ‘’Ci ‘’ signifiant « cheval », cisé serait « le cavalier ».
Mais on pourrait en ajouter bien d'autres, tels que Diakité d'origine Bambaras et Peuls, Ira ou Yra, Sanogo d'origine Sénoufo, Nder, Khouma (Kouma ou Couma), Kaïré, Loum, Khoulé, Diané ou Diaouné, Sokhona, Soumaré, Tounkara. Les Soninkés connus aussi pour de grand voyageurs ils portent les noms de famille des autres ethnies tel que les Bambaras.
D'autres encore peuvent être recensés comme Kébé, Tandia, Séméga, Gallédou, Diawara, Timéra notamment.
Parenté à plaisanterie pour les Marka (Dafing)
Les Marka (Dafing) ont pour parents à plaisanterie les Bwaba, les Bobo (Madaressi), les Sénoufo, les Peulh et les Bambara.
Totems chez les Marka
La famille Séré a pour totem l’écureuil dont elle ne consomme pas la viande. La famille Nimi a pour totem le varan, et la famille Gnanou le serpent boa.
Les Marka, comme leurs voisins Bwaba et Samo ont des masques. Ils ont coutume aussi d’entretenir des bosquets sacrés à côté de leurs villages.
Quelques noms de famille Marka (Dafing)
BANHORO
BAYA
BERTE
CAMARA
CISSE
COULIBALY
DAMA
DAO
DAVOU
DEME
DEMBELE
DISSA
DRAME
FOFANA
GNAKAMBARY
IMIA
IRA
GNANOU
GNEME
GNESSIEN
GNIMOU
KAMADOZO
KAMAGATE
KAMISSOGO
KAMBA
KASSA
KOMARE
KONATE
KOUYATE
KOETA
KOTE
KARANTAO
KONE
LALOU
NIMIEN
NIMI
SAKIRA
SAKO
SAMAKE
SANGARE
SANOGO
SAMATE
SENDE
SENI
SERE
SEREPE
SERY
SIE
SISSAO
SISSOKO
SOUARE
TAMANI
TAMBOULA
TOURE
TRAORE
YATASSAYE
YE
YEDAN
YEYE
YERE
YRA
ZANTE
ZAN
ZINA
ZEI
ZONOU
WONI
WARI
Etc......
REF: Dr Salif Titamba LANKOANDE (Ouvrage Patronyme au Burkina Faso)
www.soninkara .com

Adresse

Ouagadougou
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Téléphone

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