12/10/2022
« Le premier jour que j’ai porté cette tenue, je venais de mourir…»
Il est 04h du matin, Bapio doit aller reprendre un village aux mains des Terroristes dans l’est du pays.
Cette fois, il va au secours des populations de Madjoari, lui ce fils de paysan de Sarfalao.
Comme d’habitude, sa femme Judith reçoit les instructions claires: « Je vais à côté pour 03 mois. Voici mes cartes bancaires,il y’a de quoi prendre soin de vous en attendant mon retour. Je dois 25000 FCFA au Boutiquier et 13800 au tailleur pour ma tenue « terre du Burkina ». Oussou le vendeur de bœuf me doit 47500 CFA. J’ai aussi 03 moutons chez mon ami Cheick. Je vais à côté pour vous…je peut ne pas revenir entier mais je reviendrai quand même. Restes digne. Je vais à côté pour vous. Quoi qu’il arrive, vous saurez, une fois sur les lieux que je ne me suis pas laisser faire»
Ces instructions lui permettait d’être entier sur le champ de bataille.
Judith comme d’habitude, reste silencieuse et l’aide à sortir son sac.
Bapio a déjà reçu une b***e au pieds à Deou, après guérison, il est reparti à Arbinda où leur véhicule a sauté sur une mine avec comme résultat une cuisse cassée. A peine guéri, il reprend la route de l’est.
Pour répondre à ceux qui lui demande de simuler une incapacité pour rester dans les camps à Ouaga. Il répondait qu’il était déjà mort depuis le jour où il avait vu son nom afficher après avoir composé ce concours de la gendarmerie nationale.
03 jours sur pieds à l’est que Bapio et ses collègues sont pris dans une embuscade violente lors d’une patrouille mixte. Les b***es sortent de partout depuis les broussailles.
Près de 12 des leurs sont morts sur le coup et plus de 06 prennent la poudre d’escampette.
Des blindés sont calcinés et des motos HS. Les renforts sont pris aussi à parti. Maintenant il faut survivre en attendant l’aide de Dieu ou des hommes, et comment ? Combattre comme si c’était le dernier jour.
Les hommes résistent pour leur voisin, resté auprès d’eux, leur désormais seule famille dans ce péril, ils défendent maintenant le drapeau , répondent farouchement. « Ils sont là pour mourir et nous aussi…mais ils nous devanceront aujourd’hui…» lance le lieutenant Zoro, chef de l’unité à ses quelques hommes encore debout.
Dans la sueur et dans le sang, la résistance fait replier l’ennemi qui rempile ses morts pour disparaître, pensant avoir affaire aux renforts…!
Les arbres détruits et les véhicules calcinés démontre de la violance des combats mais Bapio ne mourra pas aujourd’hui…
Clément Bassolé ✍️