18/08/2026
[PLAIDOYER]
▪️ La Ligne Zero n'existe pas dans les budgets.
▪️ Les angles morts de nos politiques publiques.
➡️ Article complet en ligne: https://lnkd.in/eqdkAqDq
Résumé:
Les fragilités auxquelles sont confrontées les familles ne sont ni nouvelles ni isolées.
Mais leur cumul — précarité, monoparentalité, isolement, parcours migratoire, difficultés de santé mentale, éloignement des services — rend les parcours de plus en plus complexes et les réponses institutionnelles parfois difficiles à mobiliser suffisamment tôt.
Face à cela, la prévention familiale de proximité constitue un maillon essentiel. Elle intervient là où les dispositifs spécialisés ne sont pas encore nécessaires, mais où une famille a déjà besoin de soutien. Elle crée du lien, renforce les capacités parentales, facilite l'accès aux ressources et permet, lorsque cela est nécessaire, d'orienter plus rapidement vers les professionnels compétents.
Le paradoxe est aujourd'hui que nous reconnaissons de plus en plus la nécessité de prévenir, tout en continuant à financer trop souvent la prévention comme une succession de projets temporaires. Les structures qui assurent cette fonction restent ainsi fragiles, alors même que leur action s'inscrit dans des priorités publiques largement partagées : lutte contre la pauvreté, soutien à la parentalité, santé mentale, prévention en santé, protection de l'enfance et cohésion sociale.
La situation de Tout Un Village pose donc une question qui dépasse notre propre association : quelle place voulons-nous réellement donner à la prévention dans notre modèle social ?
Si nous attendons qu'une famille soit en rupture pour intervenir, nous prenons le risque de mobiliser des réponses plus lourdes, plus tardives et potentiellement plus coûteuses. Si nous choisissons d'agir plus tôt, nous devons accepter d'investir dans des actions dont la réussite se mesure parfois à ce qui n'arrive pas : une situation qui ne s'aggrave pas, une relation qui ne se rompt pas, un parent qui retrouve des ressources, un enfant qui grandit dans un environnement davantage soutenant.
Prévenir n'est donc pas une dépense en marge des politiques sociales. C'est un investissement dans leur efficacité.
La question est désormais de savoir si nos mécanismes de financement sont prêts à reconnaître cette réalité — et à donner aux acteurs de la prévention les moyens de durer.