09/06/2026
Ou quand la poésie dit des choses écrasantes ! Juliette Van Poétesse
Pendant très longtemps
Pendant très longtemps j’ai pensé
J’ai pensé pendant trop longtemps que si le monde autour de moi oui je dis bien le monde tout autour de mes contours
si ce monde-là qui constituait alors mon monde, comme beaucoup de monde, presque le monde entier, celui qui m’entoure, mon entourage, de tout âge d’ailleurs…
pendant très longtemps j’ai pensé
que si le monde autour de moi ne souriait pas, ne pouvait plus, n’y arrivait plus, ne souriait plus assez
et bien, si la joie disparaissait comme ça, j’en étais persuadée, sans vraiment le réaliser clairement, pleinement, consciemment en faire le tableau, du désastre annoncé, si la joie était en pente raide, en mode restrictions budgétaires avec violences policières pour les faire toustes taire
alors j’en étais persuadée, par trop de pensées enlisantes, cela ne pouvait être décidément que de ma faute
ma très très grande faute, ma responsabilité suprême, le poids extrême en héritage familial probablement
je pensais que cette source tarie, ce moteur, l’alimentation même du renouvellement des énergies positives de créativité de bonheur de stabilité même peut-être
et bien très clairement cette joie m’incombait toute entière, absorbant mes nuits sans paupières
comme un soufflé, la force paf retomberait si je n’étais pas assez, pas assez là, pas assez à l’écoute, jamais a la bonne place, les mots trop confus trop touffus, la présence dérangeante malaisante
trop peu peu trop pas pas assez ouf
Bref
La cata calamité totale quoi
point barre sans passer à la ligne
Et en fait, j’y pense
Tu le sais toi si ça pourrait changer ça ce ça trop envahissant là?
Ça t’es déjà arrivé à toi ça?
ça m’intéresse
vraiment
Parce que comment veux-tu avancer avec un tel poids sur les orteils d’une mort annoncée?
Toi aussi, tu te sens parfois empêtrée•e dans des histoires de même?
Juliette Van Poétesse au coin du jour qui se lève