Ysabelle Marchal

Ysabelle Marchal Se frotter à la vie comme on craque une allumette. Oser brûler ! Poésies à lire à haute voix.

Il y a un aprèsJe te le prometsUn après le linge sale se lave en familleAprès les gifles qui meurtrissent le corps là où...
29/04/2026

Il y a un après
Je te le promets
Un après le linge sale se lave en famille
Après les gifles qui meurtrissent le corps là où tu attendais les caresses
Après les départs non désirés, les tempêtes de pensées, les branches qui claquent aux fenêtres, traversant les fenêtres, pas d’abris
Après la lourdeur des chagrins qui rougissent le visage de larmes en papier verré
Après les paroles maladroites et les insomnies rageuses
Après l’acharnement d’exister là où tu es invisible
Après les matins où se lever, rien que sortir du lit, a l’âpreté d’une lutte

Il y a un après
Je te le promets

Un après tu ne seras plus jamais la même
Un après il n’en sera jamais plus de même

Il y aura des marches folles, des traversées mélancoliques, de vagues terrains vagues et la montagne et la mer

Un après les chants d’oiseaux qui tombent comme des petits cailloux et lapident le cœur
Après le lit pour deux où te te réveilles seul
Après les angoisses à l’invincibilité d’un geyser
Après les batailles dont tu ne vois pas l’adversaire
Après les ciels gris, sans reliefs, juste la pluie, encore la pluie, une idée, un jour le beau temps, sait-on jamais
Après le goût de cendre et les mots coincés dans la gorge
Après le parfum morose de la vie de tous les jours métro boulot dodo même si ça c’est encore tenir
Tenir à quelque chose qui ressemble peut être à l’espoir

Il y a un après
Je te le promets

Il aura la chaleur du soleil qui prend ses aises et s’étale sur tout, les champs, les ruisseaux, l’océan, les villes, toi
Et puis la forme des nuages qui se dessinent en roulant sur eux-mêmes, présage de quoi, on ne sait pas mais ça annonce toujours quelque chose, à nouveau, un jour il fera beau
Après qui aura peut-être la fugacité de la vie d’une libellule, cinq jours, des années sous l’eau mais pour les cinq jours de liberté qu’est ce qu’on ne donnerait pas
Il aura la douceur de l’herbe sous les pieds, l’apparence de l’arbre au milieu du jardin de l’enfance
La légèreté d’un papillon qui se pose sur une épaule, paresse un peu en déployant ses ailes, fait le beau, avant de s’en aller
Il aura la témérité d’une jeune pousse qui ne sait pas ce qui l’attend mais qui grandit quand même parce que c’est ça l’important
Il aura le mouvement dansant du vent dans les sapins, le bruissement de la lumière dans les feuillages et la couleur rouge derrière les paupières
Il aura la clémence d’un coucher de soleil et la tendresse de l’aube
Un après à la mémoire pleine parce qu’il y avait du bon, oui du bon, tout n’est pas à jeter

Il y a un après
Je te le promets

Un après la main posée sur la poitrine pour sentir le battement vivant de celui qu’on croyait épuisé
Un après à la délicatesse d’une bulle de savon qui se pose sur une joue comme un ba**er
Un après où tu retrouveras tous les morceaux de ton être éclaté
Un après où tu auras le temps de consolider, au fil d’or, tes fragilités

Un après d’amour, toujours l’amour
Aussi fou, espiègle et joyeux que celui dont tu rêvais dans tes nuits tourmentées

Il y a un après

Je te le promets

Ysabelle 29/4/26

Mon premier poème C’était pour me fondreJe me souviens de l’arbre au milieu du parcEt moiDedansJe dis dedans pas dessusJ...
16/03/2026

Mon premier poème
C’était pour me fondre
Je me souviens de l’arbre au milieu du parc
Et moi
Dedans
Je dis dedans pas dessus
J’étais la branche de l’arbre
Il était ma sève

Mon premier poème
C’était pour diluer
Diluer la peine dans quelque chose de plus fort que les larmes
Avec plus de piquant

Mon premier poème
C’était quelques lignes
Et un lit de gazon
Et moi
En son sein lovée
Je prenais racine
Ou peut être
Étais je le terreau
Pour d’autres semences
Qui n’étaient pas moi

Mon premier poème
C’était la saveur de la terre
Celle que l’on goûte
Quand on tombe le visage en premier
Et qu’on en a plein la bouche
De la terre
De la vie
Celle qu’on ne mord pas à pleines dents
Mais qu’on se prend quand même dans les gencives
Quand on a que treize ans

Mon premier poème
C’était les mots du corps
Et aussi ceux de l’eau
L’eau qui déborde
L’eau qui bout
L’eau qui cherche les fissures et les gouffres
L’eau qui ravine jusqu’au cœur
Et qui noie tout
En cherchant sa place
En cherchant sa peau

Mon premier poème
C’était l’absence de rime
Et de n’avoir pas de rime
Il m’a retiré un corset
La lanière serrée du devoir et des responsabilités
Il respirait mon premier poème
Il respirait la douleur de ne pas être bien née
Mais aussi
La curiosité des différents chemins sous mes pieds

Mon premier poème
C’était un air de prose
Mais je savais que c’était

Un poème

Il avait peu de mots
Aucun scénario
Sans doute pas d’histoire
Il sortait de nulle part
Derrière ma main je ne sentais personne
Mais le geste m’a bercée
M’a enveloppée
Et
Dans l’encre
Dans le geste scandé
Dans la clarté d’un premier poème au goût d’écorce, de terre et d’humidité
Je me suis fondue

J’ai relu mon premier poème
Je n’avais pas treize mais quinze ans
Et dans le parterre de fleurs
À nouveau
Je me suis dissoute

Ysabelle 16/3/26

Alors      Qu’as tu exploré de ce mondeImmense      As tu trouvé cet idéalPour lequelÀ chaque fois     Tu m’écartesJe su...
18/02/2026

Alors
Qu’as tu exploré de ce monde
Immense
As tu trouvé cet idéal
Pour lequel
À chaque fois
Tu m’écartes

Je suppose qu’on ne peut pas obliger
Les autres
À être
Heureux

Il y a le soleil
Il y a le banc
Et la trace de ta lumière

Mon corps hiberne
Il ne sait plus comment être
En dehors
De l’attente

Il veille
Il sait
Que derrière les ombres
Il y a
Le bonheur
Il attend
Lui aussi
Son heure

Il y a le soleil
Il y a le banc
Une respiration qui se retient
Ne pas effrayer
Ta lumière
Qui revient

Et je l’attends
L’âme grande ouverte
Prête
À te tendre la main
Encore
À t’aimer
Encore
Dans la réalité
D’un monde
Immense

Quelque chose me dit
C’est le printemps
Avec un peu
D’avance

Ysabelle 18/2/26

J’enrage ce moiSilhouette silencieuse et appliquée, reflet de vitre Trop calme, trop concentréeJ’enrage la neutralité de...
28/01/2026

J’enrage ce moi
Silhouette silencieuse et appliquée, reflet de vitre
Trop calme, trop concentrée
J’enrage la neutralité de ses gestes, le calcul de son temps
J’enrage les mots ni trop hauts ni trop bas, vides à faire peur
J’enrage les horaires précis et les heures supplémentaires
J’enrage la lessive et les courses, les menus de la semaine, répétitifs, sans fantaisie
J’enrage la sagesse du sommeil et de l’oubli, l’absence des coups de main
J’enrage la mollesse sportive minimum vitale
J’enrage les guerres aux frontières et surtout celles qui ne se voient pas, les famines, l’eau non potable, les discriminations
J’enrage le dérèglement climatique masqué d’une vie trop réglée
J’enrage la jeunesse déboussolée, les enfants angoissés et les femmes en douleur
J’enrage les moyens déployés pour supporter, j’enrage les gourous, les vibrations, les synchronicités, les respirations, les personnalités toxiques, les malades mentaux, les guides, l’amour de soi qui passe avant l’amour de l’autre, la vie dictée et si tu n’y arrives pas c’est ta faute

J’enrage les yeux fermés

C’est bien de cela qu’on parle
Cette silhouette, reflet de vitre
Mes yeux fermés
Les paupières serrées
Les lèvres pincées
Les mains dans la rondeur d’un poing d’espoirs amalgamés

Cette silhouette, reflet de vitre
Prête à exploser
Juste le tressaillement d’un petit muscle du visage en manque de magnésium

Et le bo**el, les engueulades, la trouille,
A l’intérieur
Je suis l’intérieur de ce moi, reflet de vitre
Et j’enrage le besoin de m’exprimer
Ce ne sera pas beau à entendre lorsque le corps donnera à voir

Juste le tressaillement d’un petit muscle du visage en manque de magnésium

Juste quelque chose de craché

La rage, reflet de vitre, ne connaît pas.
La rage, refoulée, dénaturée, ignorée
Même pas un petit bout de colère
Le tout emballé dans une larme qui s’ignore
Parce qu’il est quelque part décidé qu’on doit tout endurer
Et ne rien pouvoir changer

Ysabelle 28/1/26

Je me dis qu’il y a une vieDans ma vie Si secrète Elle se déploie au loin Comme la page d’un livre Non luEst elle écrite...
28/01/2026

Je me dis qu’il y a une vie
Dans ma vie
Si secrète
Elle se déploie au loin
Comme la page d’un livre
Non lu
Est elle écrite
Seule
Sur le ciel d’un paysage oublié
Danse t’elle
Sur des chemins abandonnés
Je ne sais
Et de l’ignorance ainsi nommée
La possibilité infinie
D’une vie dans ma vie
Si secrète

Ysabelle 28/1/26

Cette présence m’étreintCette présence me caresse le corps Elle crée des vagues de peau qui se soulèventDes paupières qu...
14/01/2026

Cette présence m’étreint
Cette présence me caresse le corps
Elle crée des vagues de peau qui se soulèvent
Des paupières qui se ferment dans les soupirs
Cette présence occupe toute la place de mon espace
Elle vole la clef de mon intérieur et prend ses aises
Joie et peine, cette présence est une enfant capricieuse
Elle se joue de moi,
Elle m’accapare, piétine lorsque je l’ignore
S’échappe lorsque je la regarde
Cette présence m’étouffe
Elle me contraint à l’amour
Cette présence m’aime, de toute la force de son existence, elle m’aime
Cette présence m’envahit
Elle s’infiltre par mes pores et s’agite dans ma cage thoracique
Cette présence m’attriste
Elle malaxe les yeux et égraine le cœur
Elle pleure
Elle est saisie de sanglots qui me débordent
Cette présence est incapable de se matérialiser
Cette présence erre au bout de mes doigts
Cette présence est l’écho d’une absence pour moi

Ysabelle 14/1/26

Il est l’heure L’heure où la nature s’apprête à changer de visage.Il y a comme un frémissement dans l’air.Même les arbre...
14/01/2026

Il est l’heure
L’heure où la nature s’apprête à changer de visage.
Il y a comme un frémissement dans l’air.
Même les arbres changent de langage.
C’est l’heure vagabonde.
J’y pose des pas mal assurés.
J’arpente les sentiers de questions sans réponses.
Les derniers rayons de soleil m’entrent par les yeux.
Ils ont perdu l’éblouissement,
Viennent en paix à l’intérieur de mon corps.
Mon rythme est celui de sa mise en nuit,
Lent et rapide à la fois.
Je m’éloigne des ombres du jour pour pénétrer dans la lumière du soir.
Ça me suffit.
Une respiration entre désespoir et espoir.
N’être ni l’un ni l’autre.
Une silhouette qui marche au crépuscule sans attente de l’aube.

Ysabelle 14/1/26

La ville est hantée De souvenirs Que la lune élude Je colle mes pupilles Aux carreaux de fenêtres lointainesM’agrippe au...
08/12/2025

La ville est hantée
De souvenirs
Que la lune élude
Je colle mes pupilles
Aux carreaux de fenêtres lointaines
M’agrippe aux stores
Me pends aux rideaux
Aux ombres qui barrent les lumières
Et vivent comme si de rien n’était
L’eau est calme
Le temps passe t’il ?

Ysabelle 8/12/25

Il faut que je laisse mon corps crier à la belle étoile, hurler à la lune , s’agiter comme un forcené.Il faut que je lai...
13/11/2025

Il faut que je laisse mon corps crier à la belle étoile, hurler à la lune , s’agiter comme un forcené.

Il faut que je laisse se déverser la vase visqueuse de mes pensées, les extirper par poignées dégoulinantes de ma tête épuisée.

Il faut que je décape la rouille qui me grippe le coeur, rouage voilé de mes amours où le temps s’éternise.

Il faut que je nettoie les fissures, crevasses, ombres, fantômes accrochés à la peau, marques au fer rouge des silences et des manques, faire place, me frayer un passage hors de moi.

Il faut que je laisse à mon poignet la force, la vigueur, le mouvement pressé, saccadé qui agite le stylo et déverse l’encre sanguine sur le papier.

Il faut que j’écrive certaines histoires, qu’elles affluent, déferlent, m’engloutissent et renaissent dans les souvenirs, la fiction, les sensations.

Il faut que je bâillonne les peurs, les doutes, les fuites, les rejets, mes déroutes et retrouver mon instinct.

Il faut que je crée des résurgences, sous toutes les formes, imaginaires ou réelles, tactiles ou impalpables, vides ou débordantes, aériennes, liquides, terribles.

Il faut que je brise les vases de raison, explose les noyaux de colère, écrase les vessies de tristesse. Qu’il pleuve des délires, des cendres de rage et des trombes de larmes.

Et lasse, demain, je devrai

Ysabelle 17/09/25 (Petit défi d'un ami - il faut - je dois)

Petites errances Dans l’humide automne Le glissement de feuilles roussies d’été La pluie qui se pose sur la peauLe vent ...
09/11/2025

Petites errances
Dans l’humide automne
Le glissement de feuilles roussies d’été
La pluie qui se pose sur la peau
Le vent qui rappelle nos petits chaos
Juste un pied devant l’autre
Les petits craquements dénonciateurs
D’êtres cachés
Qui nous observent
Le cœur battant
À nous rompre

Ysabelle 9/11/25

La lune nous regarde de son œil rond Elle observe la terreEt ne veut pas y croire Est ce possible se demande t elle Son ...
05/11/2025

La lune nous regarde de son œil rond
Elle observe la terre
Et ne veut pas y croire
Est ce possible se demande t elle
Son reflet de ci de là lui répond
Vous êtes la plus belle en ce miroir
Mais la lune prend peur
Elle ne se reconnaît pas
Blafarde et tremblotante
Elle pensait inspirer les fous
Et la voilà belle
Seulement
En bas autant d’yeux ronds qui s’écarquillent
Les gens les chiens même les poux
La lune ronde entre dans leur yeux ronds
Et c’est leur propre reflet qu’ils cherchent
Dans ce laiteux miroir
Leur reflet qui passe sans les voir

Ysabelle 5/11/25

Je pleure. C’est indécent de pleurer.  C’est inacceptable de pleurer en public, ça ne se fait que dans la solitude ou da...
24/10/2025

Je pleure. C’est indécent de pleurer. C’est inacceptable de pleurer en public, ça ne se fait que dans la solitude ou dans les lieux appropriés. Même les amis ont des difficultés à nous regarder pleurer.
Je pleure égoïstement, sur moi, sur le monde, sur les enfants qui n’ont pas d’autres choix que d’être là.
Je pleure sur l’amour nié, dénigré, violenté.
Je pleure sur la race humaine, grouillante, inepte, ingérable.
Je n’en peux plus de toutes ces méthodes, modes de pensées, analyses qui nous « aident » à supporter l’insupportable. Je n’en peux plus, j’en pleure.
Je pleure les hormones en folie qui déroulent le tapis rouge de la tristesse.
Je suis dans le bois, je marche, je pleure. Programmée à la honte que ça se voit, je remarque ma gène lorsque je croise quelqu’un.
Je pleure le besoin insensé de toi. Je pleure les amis qui aiment qu’on les écoute mais qui ont du mal à écouter eux même, pas par égoïsme, non, par trop de difficultés personnelles, pas parce qu’ils sont aveugles mais parce qu’ils ne voient plus. Eux même, c’est déjà tellement, submergeant, impossible.
Je pleure les batailles à venir et l’impuissance qui nous gagne. Je pleure ce qui est trop, tout est trop, impensable, invivable, trop.
Je pleure le manque de mères. Je pleure l’absence de pères. Je pleure la peur qui s’insinue dans tous les recoins, j’ai peur, j’en pleure.
Je pleure l’horizon au-delà duquel je ne vois plus. Je pleure la patience et la confiance qui se sont éloignées il y a tellement longtemps que je ne se souviens plus qu’elles aient seulement existé.
Je pleure l’absence des aimés qui se cachent. Je pleure ces univers que l’on se crée pour éviter de trop regarder le nôtre.
Je pleure ces vérités qui n’en sont pas. Je pleure l’incapacité dans laquelle nous nous trouvons de croire.
Je pleure les courageux qui baissent les bras, comme moi, sans savoir si ils arriveront à les relever.
Je pleure les rêves évaporés dans la chaleur du réchauffement climatique. Je pleure les neiges que l’on disait « éternelles » foulées il y a 40 ans alors que, maintenant, même les glaciers s’effondrent.
Je pleure l’innocence qui a déserté les enfants. Je pleure l’équité dérisoire qui s’écrase à coups de talons hauts et de propos sexistes. Je pleure la diversité qu’on impose, que l’on est obligé de montrer, qui est obligée de se revendiquer alors qu’elle devrait être naturelle. Je pleure les je dois et il faut auxquels on s'astreint et qui déforment toute tentative de liberté. Je pleure les identités dans lesquelles on s’enferme au risque de ne plus jamais se retrouver. Je pleure la lucidité qui s’invite et sans laquelle nous n’aurions pas besoin de pleurer. Je pleure et j’aime cette terre qui est belle à pleurer.
Je pleure la possibilité de ne pas avoir assez de larmes, de voir la source tarie, que plus rien ne me touche suffisamment pour en pleurer. Je pleure l’idée que même les larmes s’épuisent de ne plus rien représenter tant il y a à pleurer.
Ce n’est pas la fonte des pôles qui va nous submerger, c’est la marée des larmes des personnes qui s’acharnent à espérer.
J’ai froid aux mains, j’ai le coeur liquide et les 60 % d’eau qui me composent n’ont pas encore fini de se montrer.

Ysabelle 24/10/25

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