Vincent Solheid - Artiste protéiforme

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19/03/2026
À propos du nouveau trophée du cinéma belge francophone : La Box-Ciné-René naît d’un besoin : quitter la production indu...
04/03/2026

À propos du nouveau trophée du cinéma belge francophone :
La Box-Ciné-René naît d’un besoin : quitter la production industrielle en série, le multiple, pour retrouver l’unicité autour d’un élément organique et « vivant ». Plus qu’un objet ou trophée, c’est une boîte à histoires, une œuvre d’art qui assume pleinement cette différence.
La première approche peut s'apparenter à l’Arte Povera, un mouvement artistique italien des années 60, caractérisé par l’utilisation de matériaux simples et humbles, glanés dans la nature ou récupérés du quotidien, afin de s’opposer à la société de consommation. Elle vise à établir une connexion plus profonde avec la nature, l’énergie vitale et créatrice, une véritable poésie naturelle.
L’arbre évoque la filiation, les racines et les branches qui nous relient tous, à l’image de l’arbre généalogique. Les arbres sont des sanctuaires. Celui qui sait leur parler, qui sait les écouter, apprend la vérité. Ils sont sacrés, mythiques, mystiques, magiques, à l’image de la création. Un arbre est aussi un support visuel puissant pour de nombreuses images fantasmées. Ici, apparaît une tête humaine ou animale qui nous observe ; là, une partie de corps végétal naît dans les veines du bois.
C’est la paréidolie : ces visions que notre mémoire projette sur des formes dues au hasard, mettant en scène des illusions tantôt anthropomorphes, tantôt zoomorphes.
Parce que la nature humaine et la nature tout court ont beaucoup à se dire, et que l’art le dit à voix haute.
L’Artisanat, voilà un mot souvent galvaudé, mais ici pleinement assumé. On travaille avec le cœur et les mains, alliant techniques anciennes, savoir-faire et humilité.
Le choix de la couleur rose fluo pour l’assiette à dorer crée une tension entre l’objet naturel et le pigment chimique. Celle-ci se reflète par une lueur rosée sur le plateau blanc. C’est ainsi qu’on reconnaît un véritable trophée René ! Les embrasures latérales avec leurs différentes ouvertures et angles, architecturent l’espace, concentrent la lumière et l’orientent de manière spécifique sur le plateau.

Les personnages, logés dans une petite grotte à l’arrière du socle, apportent une dimension ludique. Ils sont à la fois acteurs et public, traités sur un pied d’égalité, partageant une aventure commune. Tous sont précieux. René est un concept générique, fédérateur, égalitaire. Leur taille inverse complètement les dimensions spatiales, faisant de la souche une sculpture monumentale.

Le décor ainsi planté, les personnages installés, une nouvelle histoire peut commencer !...
Par ailleurs, j’ai toujours souhaité que mes réalisations ne soient pas une seule chose : ni uniquement sérieuses, ni juste esthétiques, ni seulement provocatrices ou drôles. Non, lorsque je choisis une direction, à la fin, je peux prendre le contre-pied, comme une feinte au football. C’est cette aspiration, ce mouvement, qui m’intéresse et qui fait naître la joie de se sentir libre, dans son atelier.

Pour tout cela, je remercie l’Académie André Delvaux pour sa confiance et son ouverture, Gilles Azion et son équipe pour leur professionnalisme, leur sens du collectif et leur disponibilité, les Ateliers d’Ensival et Jérémy Goffart pour leur précieuse collaboration, François Dutron-Liégeois pour ses conseils avisés, et F***y, d’être là.

Vive les René du cinéma !

05/01/2026

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Liège

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La poétique de l’énigme

La marche est indissociable du parcours artistique de Vincent Solheid. Artiste atypique, inclassable, protéiforme : comment peut-on définir un homme en perpétuel mouvement, un dessinateur au comportement insondable, tout simplement parce que sa poétique de l’énigme ne s’identifierait à aucun registre précis du commerce de l’art ? Comme dans les univers fantastiques de Jorge Luis Borgès tout en jeux de miroirs vertigineux, la question du sens à suivre, à contourner, à déchiffrer, est omniprésente dans cette quête gnostique. Qu’est-ce que la vérité ? Que nous cache-t-on ? Quel chemin prendre ?... L’expérience artistique de Vincent Solheid est un voyage, une écriture mystérieuse, un périple mouvant où le geste et la parole interrogent le sens de la présence. Rocambolesque, nourri d’humour et de dérision, l’artiste multiplie les rôles sans perdre la tête. Héritier masqué de James Ensor, Fantômas et Louis de Funès, il est à la fois dessinateur, peintre, marcheur, cinéaste, enfant de choeur, performer, stratège du déplacement, comédien errant, chanteur de l’hostie panée, coureur cycliste, scénariste, président de fanfare carnavalesque. Avant tout, il est un plasticien qui conjugue la tragique articulation entre mythes de départ et de retour.

Dominique Legrand