21/09/2025
Les M16A1 Sud-Coréens.
En 1968, le président de Corée du Sud, Park Chung Hee exprima sa volonté de voir son pays produire localement des armes à feu de petit calibre, nominément des M16A1. L'idée d'une production locale était de diminuer les coûts : la main d'oeuvre Sud-Coréenne étant plus économique que la main-d'oeuvre Américaine.
C**t, par l'intermédiaire du DoD, fut alors approché pour déterminer un accord de production sous licence du, alors très récent, M16A1. Les deux parties parvinrent à un accord dans lequel C**t toucherait des royalties de 7$ par arme produite. Le contrat prévoyait que la Corée du Sud ne pourrait produire ces M16A1 que dans le cadre exclusif de l'équipement des troupes Sud-Coréennes. En effet, C**t ne voulait pas voir apparaître un M16A1 concurrent proposé à un tarif qui serait plus bas que ceux de la firme de Hartford.
C**t fourni à la Corée du Sud le Technical Data Package d'un modèle désigné, en interne, C**t Model 603K. Il s'agit d'un M16A1 très proche du standard adopté par le DoD US et ne se distinguant que, principalement, par ses marquages. Outre le TDP, C**t fournit également la chaîne de fabrication et la formation technique nécessaire à la mise en oeuvre de la production, ainsi qu'au contrôle-qualité. L'usine est terminée à Busan, fin 1973 et début 1974, les premières armes commencent à sortir d'usine. Au total, à la fin de la production, en 1985, ce sont près de 1 millions d'exemplaires qui seront produits.
L'arme est parfois désigné "KM16A1" mais communément désigné "M16" par les troupes Sud-Coréennes, celles-ci n'ayant jamais connu de modèles ultérieurs (tels que les M16A2, A3 ou A4 des forces américaines).
Au lieu des marquages retrouvés habituellement sur le puit-chargeur des armes américaines, le modèle Sud-Coréen est marqué "République de Corée" suivi de l'indication du modèle (M16A1) et, enfin, de son numéro de série.
Il est à remarquer que l'ensemble des marquages sont "coreanisés" : avec les indications reprises habituellement en langue anglaise en coréen.
Si les positions du sélecteur sont conservées, les légendes sont remplacées également.
Caractéristiques intéressantes : les pièces sont très souvent marquées d'un "K". Il en est ainsi du Carrier, un "K" remplaçant le "C" typique à C**t.
Le verrou est, lui, marqué d'un "MP K", encore une fois, typique à la production Coréenne.
L'embase du guidon porte, lui aussi, un "K" distinctif.
Contrairement à la version américaine, les indications d'épreuves, de calibre et d'inspection ne sont pas visibles car cachés sous le garde-main.
Le "UP" du guidon est, là encore, remplacé par les caractères locaux.
Le poussoir d'assistance de fermeture de culasse (le "Forward Assist") est, lui, différent du M16A1 US : sa forme rappelle celle du M16A2 mais avec une forme plus conique.
La fin de la route pour le Model 603K :
A la fin des années 80, C**t eu vent de négociations, dès 1982, entre la Corée du Sud et l'Indonésie pour la fourniture de (K)M16A1.
C**t fit alors pression auprès du DoD pour révoquer la licence de production Coréenne, ce qui fut fait dès 1988 avec, en supplément, le payement de dédommagement à C**t pour rupture du contrat entre les deux parties.
Retiré du service actif au début des années 2000 et remplacé par les armes nationales K1 et K2, les M16A1 sont encore, aujourd'hui, en service dans avec la réserve Sud-Coréenne. Les armes en service avec la réserve connaissent, partiellement, une mise à jour afin de les rendre plus "compatibles" avec les exigences du combat d'infanterie moderne.
Mais chacun pensera ce qu'il/elle veut de ces programmes pouvant mener à des monstruosités à l'ergonomie discutable.
Il resterait, selon les sources, entre 650 000 et 915 000 exemplaires du M16A1 en service avec les forces Sud-Coréennes. Ces armes sont destinées à servir en cas de "conflagration" avec le voisin du Nord.