24/10/2026
Un groupe de jeunes met le feu à une poubelle dans la rue. Sous l’effet de la combustion, le plastique se déforme, éclate et prend une forme inattendue. Autour des années 2000, à Marseille, Anita Molinero assiste à cette scène qui marque un tournant dans sa pratique. Pour l’artiste, cette transformation constitue un véritable choc esthétique : l’objet devient déjà sculpture avant même son intervention.
À partir de cette expérience, la poubelle devient un matériau récurrent de son œuvre. De grands conteneurs aux poubelles de quartier, Anita Molinero développe une véritable typologie de l’objet. À l’aide d’un chalumeau, elle chauffe, déforme et étire le plastique, poussant la matière jusqu’à la limite de sa destruction. Depuis, elle a souvent été qualifiée de "sculptrice du feu".
Les formes qu’elle obtient oscillent ainsi entre effondrement et résistance. Leurs déformations donnent parfois au regard l’illusion d’une matière encore chaude, saisie dans l’instant même de sa transformation. "Ma sculpture", explique-t-elle, "est un flot dans lequel on se prend les pieds, elle est faite de trous, de creux, d’orifices par où ça jaillit, il s’agit bien de matière ou de matériaux rigidifiés, de cavités grimaçantes." Elle avoue : "Quand j’ai fait les premières poubelles, j’avais en tête la série des Aliens".
👉 bps22.be/fr/expositions/anita-molinero
Anita Molinero - Sculpture is not dead
À voir jusqu'au 3 janvier 2027 au BPS22
Commissaire : Camille Gouget
👩🎨 Anita Molinero, sans titre (La Mort), 2015, poubelle fondue. Courtesy Galerie Christophe Gaillard, photo par Leslie Artamonow