NA NA ! Ou comment poser un nouveau regard sur le dessin d’enfants ?

Témoignage 2. "Coucou Christina, ça fait plaisir d’avoir de tes nouvelles. J’espère que tu vas bien. Quelle bonne idée t...
02/06/2026

Témoignage 2.

"Coucou Christina, ça fait plaisir d’avoir de tes nouvelles. J’espère que tu vas bien. Quelle bonne idée tu as là... bravo en tout cas ! Que te dire ... que tu me replonges dans une époque un peu particulière de ma vie, il y a 30 ans... où je ne faisais malheureusement pas vmt ce qu’il me plaisait. Le dessin en faisait partie. Mon père m’obligeait mais je n’aimais pas du tout ça. Dsl de te l’apprendre... tu ne t’en rappelles certainement pas mais je n’étais pas du tout douée. Sage en revanche je l’étais, pas le choix non plus dsl de plomber l’ambiance

Venons en mnt à ce qui me plaisait un peu plus... pour ce que je me souviens pcq ça date
1. Sur la fin j’ai des amis qui participaient avec moi et je me sentais bcp moins seule. J’y venais moins pour dessiner que pour me détendre un peu.
2. Et Toi... Je t’admirais bcp, ta façon d’être, si douce. Ta façon d’assumer la femme que tu étais en t’habillant avec des vêtements très colorés, et un style qui laissait deviner ton côté créatif, ton côté «Maman » quand tes superbes filles venaient au cours, et ta façon d’enseigner en essayant d’aller chercher le meilleur de chacun. Il n’y a que comme ça que j’ai réussi à sortir qq dessins, deux dont je me souviens. Un chat... tu avais demandé de dessiner un chat , tout le monde avait fait un chat « normal », moi je l’avais imaginé .. un peu fou , tu avais adoré mon dessin et tu l’avais dit à mes parents. J’étais si fière... il est d’ailleurs resté très lgt sur un chevalet dans le salon. Le deuxième était un héron. En genre de craie sur un papier noir. Il était très particulier aussi. Un prof qui passait par là ce jour-là m’avait dit qu’il ressemblait à un héron du Crazy Horse. Il était très « touffu ». J’avais dû demander à mon père ce que c’était le Crazy Horse bref ce dessin t’avait bcp plus également. Je ne sais pas où ils sont, ils doivent être au grenier mnt.

Ensuite je suis passée chez les grands. Je n’attendais que ça pcq j’avais l’impression que là-bas j’arriverais à dessiner quand je voyais ce qu’ils faisaient de magnifique mais j’ai vite déchanté. Je ne m’y amusais pas tout c’était encore plus difficile. Et je n’étais pas du tout douée. Il y a tout de même un cadre que mes parents ont mis dans leur hall d’entrée (il y est encore je pense) d’une nature morte très sobre enfin voilà ...

Désolée .... j’ai hésité mais je préférais que tu aies la vraie version. si tu veux citer qqch de positif de mon msg , tu peux mettre mes nom et prénom complets sans souci. Je reste à ta disposition si tu souhaites d’autres renseignements. Passe une belle soirée je t’embrasse.

Graziana Trotta"

Témoignage 1.« J’ai des souvenirs très précis de mon temps passé à l’Académie de dessin de Châtelet dans ta classe de de...
14/05/2026

Témoignage 1.

« J’ai des souvenirs très précis de mon temps passé à l’Académie de dessin de Châtelet dans ta classe de dessin. Pourtant j’étais petite, je devais avoir 6 ou 7 ans, mais je me souviens bien de la cour avec ses grands arbres. Il y avait plusieurs bâtiments dont ta classe avec de grandes fenêtres qui donnaient sur cette cour et où mon esprit pouvait s’évader en regardant à travers elles.
Je me souviens des histoires que tu nous racontais et en particulier de l’histoire de la naissance de Picasso. Qu’il était né sans respirer et qu’un oncle l’avait ressuscité en lui soufflant la fumée de son cigare sur le visage et qu’il avait ensuite repris conscience.
Je me souviens aussi que tu nous demandais toujours de faire des cadres autour des dessins que nous faisions, comme si tout ce que nous dessinions était des œuvres dignes à être encadrées. Ça rendait les choses plus belles.
Nous avions aussi fait un projet sur “la chose”, qui consistait à remplir un dessin abstrait avec différentes formes.
Je me souviens de ton parfum, une odeur qui me rassurait.
Je me sentais bien à tes cours, à l’aise. J’avais trouvé un endroit, grâce à ta bienveillance, qui m’encourageait à m’exprimer artistiquement. Chose qui n’étais pas toujours possible pour moi à l’école. Je suis heureuse que 30 ans plus t**d tu fasses partie des gens qui me sont proches et qui continuent de m’inspirer dans ma vie de femme. »
Décembre 2020, Gaëlle

Visuel : Le déjeuner sur l'herbe à
Jumet. Stage d'été chez Christina Ruggin

Marie Delatte possède un petit magasin aux friandises affolantesDans mon gant, une pièce attend la transaction. Choses c...
12/05/2026

Marie Delatte possède un petit magasin aux friandises affolantes
Dans mon gant, une pièce attend la transaction.
Choses convoitées, disposées en vitrine sur des napperons, dans des papiers de soie, dans des bocaux, sur des assiettes, en ligne, en tas, en bouquet, en pyramide, en éventail.
Des formes rondes travesties de sucre, des lacets mystérieusement noirs, des chocolats traversés par une vache bleue, des hosties déguisées en soucoupe volante, des violettes givrées, de fausses ci******es, des prisons de papier rouge renfermant une surprise, des biscuits frou-frou, des paillettes de noix de coco, des gerbes de lards, des arbres en réglisse, des champs de sucettes, des rafales de boules de neige… La fièvre et le délire me gagnent.
Tandis que Marie Delatte nomme sotto-voce ses joyaux, ma tête fonctionne en mode confiserie, mon mental agence ses images à base de friandises, mes narines capturent un trio de choc violette-vanille-chocolat, ma bouche rêve d’enfournement ! L’option sucrerie atteint son paroxysme quand, enfin, la chose est nommée, reçue et engouffrée.

- Une sucette, un sûre, une boule de neige, un bâton de réglisse, un lacet, un lard, une surprise, un biscuit, un petit chocolat…
Patiente, chaque jour, Marie Delatte récite cette litanie devant son comptoir magique.
Nos yeux déshabillent les sucettes, bouffent les piles de boules de neige, liquéfient le chocolat, explosent les sachets de sûre, rongent la réglisse, délacent les lacets, tranchent le lard.
Envie de tout. Tout.
Et chaque jour,
Chapelets de douceurs dits par Marie Delatte.
Objets cultes pointés du doigt.
Trésors baptisés de mots de miel.
Marie est une sainte.
Sa table de communion est une caresse.

Extrait : Le papillon mouché de Christina Ruggin Éditions Improbables
Visuels
Le petit beurre, travaux d'enfants, école communale d'Aiseau-Presles, atelier Christina Ruggin 2022

À certains moments nous sommes, ma sœur et moi, interdites de séjour. Carrément indésirables ! Quelque chose d’important...
08/05/2026

À certains moments nous sommes, ma sœur et moi, interdites de séjour. Carrément indésirables !
Quelque chose d’important se prépare.
La saga dure des semaines et se divise en plusieurs épisodes avec, dans les rôles principaux, ma mère et ma grand-mère.

Premier épisode : des avis, des messes basses, du remue-ménage, des déplacements dans la maison, portes closes, mètre en main. Calculs savants.

Second épisode : des déplacements en ville et au retour, des appréhensions, des hésitations, des doutes, des comparaisons. Puis, le choix. Puis l’attente.
Arrivent de mystérieuses boîtes de carton autour desquelles, ma sœur et moi, tournons, curieuses.

Troisième épisode : ouverture des boîtes ! De ces boîtes de carton, ma mère et ma grand-mère enlèvent un par un, des rouleaux de papier. Ils passent une sorte d’examen, ils doivent tous avoir pris le même bain !

Ma sœur et moi, envisageons ce rouleau de papier comme une matière première affolante !
Le rouleau de papier cylindrique, nous inspire. Notre imaginaire y voit une lorgnette, une canne, un instrument de musique ou, déroulé sur ses dix mètres, un ciel, un tapis de sol, un tapis volant, du papier à dessin. Mais c’est du papier peint.

Le quatrième épisode : ma mère et ma grand-mère découpent le bord du papier peint, le dégagent de ses marges sur ses dix mètres de long. L’émarger est le terme juste.
Pour notre plus grande joie, on nous donne ces rubans de papier long de dix mètres et nous trouvons à les utiliser.
Je coiffe ma sœur d’une brassée de tire-bouchons de papier et lui confectionne une queue de paon gigantesque tandis que ma petite sœur Lola improvise un martinet redoutable. À chacune ses rêves !

Je lis les légendes se trouvant sur les bandelettes. Ces signes mystérieux contiennent un message codé et jamais personne n’y prête attention, sauf moi qui m’évertue à vocaliser là- dessus.
Ensuite, j’interviens sur ces supports. Avec mes crayons de couleur, je gonfle les points colorés, je les contourne, je les déforme, je les triture. Aux lignes, j’ajoute d’autres lignes. J’impose aux chiffres des voisins.
Épuisée de tant de recherches plastiques, j’interviens avec mes ciseaux à bouts ronds, coupe, découpe, recoupe et compose d’autres propositions visuelles de plus en plus petites jusqu’à suggérer un prototype de confetti.
Ma sœur galope dans la maison depuis des heures et perd, petit à petit ses plumes et son prestige.

Cinquième épisode, un autre rituel se met en place.
On déménage les meubles et les bibelots, on arrache toute la tapisserie des murs et c’est beau !
On prépare de la colle.
On parle de raccords, de combinaisons, de frise, de méthode de travail, de répartition des rôles.
On prépare outils, seaux, pinceaux, couteaux, ciseaux, chiffons, éponges, crayon, latte, mètre.
On improvise une table à rallonges faite de plusieurs tables.
La salle d’opération est prête.

Le tapissage démarre et dure une journée ou deux ou trois.
Une fois le travail terminé, il faut pister les éventuels effets néfastes, bulles, plis, plissures, ronflettes, retraits et y remédier.

Et un jour, au retour de l’école, c’est l’accueil inespéré
- Venez voir les filles !
Maman ouvre la porte et je reçois en plein visage le tableau terminé.
Un espace totalement vide, tapissé rien que pour en apprécier le motif !
Que des murs, uniquement des murs, une odeur fraîche de colle à tapisser et un vide offrant une résonance comme dans une église.
Mon bonheur est méditatif, esthétique, presque mystique.

Et puis, allez savoir pourquoi, les hommes entrent en scène et remettent, avec bruits et cris, les meubles et les bibelots dans l’espace nouvellement tapissé.
De notre côté, toutes nos bandelettes vont au bac.
Dernier épisode.

Quoique, non.

Que reste-t-il de l’histoire ?
Je me souviens d’un papier peint sur un fond bordeaux des plus sombres.
Envahi d’arabesques végétales, il permettait aux oiseaux de paradis de se percher partout. Somptueux tableau exotique aux coloris or, beige, rose et turquoise en dialogue criant avec le rouge orageux de son fond. Une audace pour l’époque !
Je me souviens également de ces premiers papiers peints nommés « à la Picasso » alors que nous ne savions même pas de qui il s’agissait ! Dans notre cuisine, ils donnaient à voir des formes géométriques fort pâles reliées entre-elles par des lignes grises.
Je me souviens aussi de rayures monotones, d’écussons, de semis de fleurs et de Blanche-Neige et ses sept nains courant dans notre chambre.

Après les papiers peints des années 50, 60 et 70, hasard ou pas, de 1974 à 1979 j’ai travaillé, en qualité de décoratrice, pour les Usines Peters –Lacroix, un fabricant belge de papiers peints et de décoration d’intérieure.
Sont passés dans mes mains une multitude de motifs, des grands classiques aux innovations les plus audacieuses, du cuir de Cordoue aux panoramiques en caracolant par une collection ahurissante de jeunes artistes belges dont des étudiants de La Cambre et Jacqueline Mesmaeker.
René Magritte a travaillé également aux Usines Peters- Lacroix.
Mais pas les mêmes années que moi. De 1921 à 1924.

Extrait : Le papillon mouché de Christina Ruggin Editions Improbables

Visuels
1. Henri Matisse (1869- 1954)
2. Sophie Truant
2 Dessin d'enfant de l'atelier de Sophie Truant
3. Ursula Caruel (1976-) Photo musée Henri Matisse

La marche et nos lointains ancêtresEspace frayéPas emboîtéTraces au solNaissance des cheminsObstaclesContourner, surmont...
03/05/2026

La marche et nos lointains ancêtres
Espace frayé
Pas emboîté
Traces au sol
Naissance des chemins
Obstacles
Contourner, surmonter, escalader, traverser, éviter, sauter
Mais aussi déplacer, aplanir, détruire, démolir, pulvériser
Mais aussi changer de route, faire demi-tour, fermer les yeux, faire une prière
Mais aussi créer des obstacles !
Dans l'atelier, en 1988, les enfants racontent ce qui fait obstacle dans la vie, dans leur vie, proposent des solutions, imaginent des obstacles improbables ! Des mous, des mangeable, des invisibles
Puis, nous passons au dessin
Tracés hypnotiques
Visuels
5 dessins d'enfants (1988)
R***e Dada Art aborigène (2021)
Pauline Sunly (1957)
Hundert Wasser (1928 - 2000)
Saburo Murakami (1925 -1996)
Takeshi Kawamata (1953)

13/01/2026

Très intéressante recherche empruntée sur Facebook à Oeil Curieux !
Pour ces enfants, le portrait se résume strictement à la tête.
À bien y réfléchir, ils n'ont pas tort et ils ont même raison ! "Un portrait" est une plongée en plein visage, un parcours au cœur des éléments le constituant.
Pour l'avoir pratiqué avec des enfants d'aujourd'hui, l'exercice du portrait s'exprime généralement en buste. J'ignore ce qui induit cette différence; sans doute est-elle le résultat de ce que l'on observe, de ce que l'on en dit, de ce que l'on montre ou pas en histoire de l'art avant d'aborder le sujet.
Ici, en 1949, dans le portrait des pères, seul l'ajout du col blanc et de la cravate suggère l'idée d'un corps qui se prolonge.

Voici le texte d'Oeil curieux accompagnant ces visuels:

Des enfants face à un souvenir
Et si la mémoire d’un enfant était plus révélatrice que la ressemblance ? En 1949, une simple consigne scolaire a donné naissance à des portraits aussi touchants que surprenants.
En 1949, dans une école primaire de West Hartford, aux États-Unis, une institutrice nommée Doris Morcom demande à ses élèves de dessiner leur père uniquement de mémoire, sans modèle ni photographie. Publiés plus t**d dans Life Magazine, ces dessins ne cherchent pas la précision réaliste mais traduisent la perception affective des enfants : certains détails marquants sont accentués, d’autres oubliés, révélant la manière dont la mémoire émotionnelle façonne l’image des proches.

Musique: On the lawn (из кф. Бульварный роман) (Bul'varniy Roman)

1956, la Belgique  connaît une vague de froid intense atteignant -16,7°Façonné dans la glace, un hiver rude impose son d...
11/01/2026

1956, la Belgique connaît une vague de froid intense atteignant -16,7°
Façonné dans la glace, un hiver rude impose son décor. Comme dans les contes, il rend féerique, surprenant, menaçant, inquiétant le chemin de l'école.

Chaque matin, mon corps quitte la tendresse du molleton pour habiter une étrange tente grise, une pèlerine de latex.
À chaque pas, le bord sans ourlet de mon vêtement cisaille mes mollets.
Mes pieds bottés de caoutchouc apprivoisent le sol sans jamais le dompter.
Hors des bottes, dans les bottes, sur les bottes, j'entre en conflit avec la neige, le verglas, les congères.
Froide, raide, coupante, la lisière de ces bottes taillade ma peau.
Chaque pas inscrit un signe sur mes jambes nues puis creuse, incise, ouvre une plaie.
Mêlé aux cristaux de neige, le sang se fige là, sur mon épiderme d'enfant.
Petite boucherie ambulante...

Visuels
Dessin d'enfant 1957
Patron Pèlerine pour enfant Pinterest
Photographie "Le chemin des écoliers en capuchon" 1957, W***y Ronnis
Photographie "Pays de neige" 1956, Hamaya Hiroshi

Douce attention... Un immense merci à Anne Pilette pour ce don ! "L'enfant émerveillé" de Germaine Tortel, pédagogue (Fr...
04/01/2026

Douce attention...
Un immense merci à Anne Pilette pour ce don !
"L'enfant émerveillé" de Germaine Tortel, pédagogue (Fr. 1896 -1975)

Visuels issus de l'édition de 1979 imprimé au Centre Régional de Documentation Pédagogique de Lille.

Le symbole du fantôme repose sur deux facultés : apparition /disparition.Au début de ma carrière, les enfants passaient ...
27/12/2025

Le symbole du fantôme repose sur deux facultés
: apparition /disparition.
Au début de ma carrière, les enfants passaient un temps démesuré à dessiner au crayon ordinaire et à gommer. Deux actions répétées menant à des constats d'insatisfactions diverses. D'une part, la feuille de papier se pelait, se trouait, se salissait, se chifonnait, présentait des cicatrices et, d'autre part, après cette somme d'efforts, l'enfant me confiait son besoin de recommencer sur une nouvelle feuille et de recommencer encore sur une nouvelle feuille...
Or, ces nouvelles chances soumises indifféremment aux mêmes actions ne solutionnaient rien. Ce primo travail répondait pour les enfants à un croquis préparatoire qui, dans un second temps, permettait de recevoir la couleur. Cependant, cela ne servait à rien, le manque de dextérité des petits, leur spontanéité et leur empressement les amenaient à déborder et à franchir les limites de toutes formes tracées. Cette sauvagerie poétique de la phase deux me séduisait.
Face à ces constats, je devais réagir, questionner les gestes et les outils.
Gommes et crayons ordinaires restèrent dans l'armoire et des propositions nouvelles furent adoptées.
C'était sans compter une réfractaire dans l'atelier. Elle se nommait Sarah. Astucieuse (ou tricheuse aux yeux des autres enfants), elle venait suivre les cours avec, en cachette, sa propre gomme. Cet écart n'arrangeait rien ni pour elle ni pour son travail. Je l'observais, toujours à la traîne, découragée, complexée, critiquée par les autres...
Que faire ?
Qu'imaginer ?
Comment démontrer qu'une gomme ennemie pouvait devenir un outil précieux ?
Je proposais de noircir toute la surface d'une feuille blanche au crayon ordinaire. Ce fut dur, ce fut long, ce fut éprouvant pour le poignet.
Et, en annonçant que Sarah allait être contente, je distribuais les gommes en demandant d'aller chercher dans ce noir absolu le fantôme blanc qui s'y cachait. Ce fut dur, ce fut long, ce fut éprouvant pour le poignet.
Fin de travail, dessins au sol, échanges fructueux, surprise face à la diversité des résultats.
Cependant, Sarah fut la seule à garder et utiliser sa gomme toute l'année.
Que faire sinon accepter que cet outil rassurait Sarah ?
Que faire sinon imaginer l'impact de l'école à travers l'utilisation d'une gomme pour masquer les fautes.
De nouvelles questions se posaient.
Qu'est-ce qu'une faute en art ?
Que pourrait être l'identité d'une faute plastique dans mon atelier de dessin pour enfants à l'académie des Beaux-Arts de Châtelet ? Qu'apporte la faute, est-elle inévitable, faut-il l'accueillir, l'analyser, l'adopter, la provoquer ?
La faute liée aux interdits, aux conventions, à la logique, fait-elle partie du domaine des arts plastiques ? N'est-elle pas plutôt un levier ?
Il me fallait imaginer comment mettre en oeuvre ces questions afin de les partager avec les enfants...
Visuels : 1. Volker Hermes, 2. Mathieu Van Asshe, 3. Christina Ruggin

Joyeuses fêtes de fin d'année...Gestes d'enfants, gestes d'adultes.Depuis quand et pourquoi façonne-t-on cette mystérieu...
25/12/2025

Joyeuses fêtes de fin d'année...
Gestes d'enfants, gestes d'adultes.
Depuis quand et pourquoi façonne-t-on cette mystérieuse matière tombée du ciel ?
Jeux, combats, armes, sculptures...
Poésie, dérision, art éphémère...
Performance de l'artiste David Hammons (1943, E.U.) réalisée en février 1983, "Bliz-Aard Ball Sale"
Photographie Dawoud Bey
TOUCHANT !!!

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