30/08/2026
𝗟𝗮 𝗚𝗮𝗹𝗲𝗿𝗶𝗲, 𝗹𝗲 𝗖𝗮𝘀𝗶𝗻𝗼, 𝗹𝗮 𝘀𝗮𝗹𝗹𝗲 𝗱'𝗲𝘅𝗽𝗼 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗹'𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲 !
Les hasards de l'actualité nous donnent parfois l'occasion de revenir sur des pans de l'histoire de la Galerie Bortier, tantôt méconnue, tantôt mise à mal. C'est ainsi que la polémique autour de la désignation d'un nouvel exploitant pour le Casino de Bruxelles et la question de la double casquette du bourgmestre Philippe Close, sont venues nous rappeler que, pendant quelques années, la salle d'exposition de la galerie Bortier et le Casino ont partagé un bout de leur histoire...
Ce Casino, aujourd'hui situé dans le centre Anspach, s'était dans un premier temps installé dans l'ancien Marché de la Madeleine, devenu Salle des Fêtes au moment de l'Expo 58, contigüe à la partie courbe de la galerie. Un marché et une salle qui ont connu, l'une et l'autre, de multiples usages au cours de leur histoire : un marché, bien sûr, très vite supplanté par d'autres, plus accessibles, en vrac, bourse aux métaux, aux grains et au charbon, foire alimentaire, concours de beauté pour chiens, festival de la Zwanze et, dans les années 80-90, salle des fêtes régulière du milieu associatif et culturel. Sans oublier le mythique Bal des Fonctionnaires de la Belgique de Papa...
Mais la Ville veut rentabiliser la salle et c'est au début des années 2000 que le projet de Casino commence à germer chez les esprits. A cette époque, Philppe Close vient d'être nommé chef de cabinet de Freddy Thielemans, et lorsque le Casino voit le jour, en 2005, c'est Thierry Goor - le monde est petit - qui en sera le responsable de Communication.
A noter d'ailleurs qu'il ouvrira ses portes à la Salle de la Madeleine sans permis d'environnement (une tradition, décidément!), qui ne sera délivré qu'un an et demi plus t**d. Il y restera jusqu'en 2010 où il prendra ses quartiers au Centre Anspach.
L'histoire parallèle de la galerie et du casino s'arrête là. Mais pas l'histoire commune de la galerie et de la salle de la Madeleine, qui mérite aussi qu'on s'y att**de quelque peu. Car en 2015, l’asbl Brussels Expo - dont Philippe Close préside le Conseil d'Administration depuis 2013 jusqu'à aujourd'hui - propose de reprendre à sa charge les frais qu’occasionne la salle de la Madeleine et, accessoirement, d'y intégrer une petite partie de la galerie Bortier, la fameuse salle d'exposition.
La Ville propose alors la somme importante de 300.000 € par an de loyer en s’alignant sur ce qui était payé par l’occupant sortant, le Casino de Bruxelles.
Une folie aux yeux de tous les acteurs privés concernés, qui renoncent à leurs projets. La Ville décide alors de faire occuper les lieux par Brussels Expo, qui y organisera ses propres événements. Mais d'année en année, les comptes de Brussels Expo s'enfoncent dans le rouge !
[Lire à ce sujet l'excellent article paru dans Médor, en 2024]
https://medor.coop/magazines/medor-n36-automne-2024-photo/une-histoire-belge-bruxelles-expo-asbl-heysel-patrimoine-fib-fsb-bruparck-atomium-samusocial-oceade-concert-infrastructure-neo/?full=1
𝗟𝗲 𝗰𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗹'𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟬 !
En août 2020, le rapport de la Régie foncière de la Ville de Bruxelles indique que Brussels Expo lui doit plus de 850.000 €, car depuis 2 ans et demi, l’asbl est en défaut de paiement au moins partiel de son loyer annuel de 300.000 €.
Un mois plus t**d, un point apparemment anodin s'invite au Conseil communal du 21 septembre, visant à réintérer l'espace d'exposition sein de la galerie Bortier, "avec résiliation du droit de superficie de Brussels Expo".
Geoffroy Coomans de Brachène, conseiller communal alors dans l'opposition, relève et ne mâche pas ses mots :
"𝐶𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑟𝑒́𝑠𝑒𝑛𝑡𝑒́ 𝑖𝑐𝑖, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑠𝑜𝑖 𝑑𝑖𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑙𝑎 𝑟𝑒́𝑠𝑖𝑙𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑’𝑢𝑛 𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝑎𝑢 𝑓𝑜𝑛𝑑 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑔𝑎𝑙𝑒𝑟𝑖𝑒. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑒𝑙𝑎 : 𝑎𝑢-𝑑𝑒𝑙𝑎̀, 𝐵𝑟𝑢𝑠𝑠𝑒𝑙𝑠 𝐸𝑥𝑝𝑜 𝑒𝑥𝑝𝑟𝑖𝑚𝑒 𝑙𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑒 𝑙𝑜𝑦𝑒𝑟 𝑎𝑛𝑛𝑢𝑒𝑙 𝑑𝑒 300.000 € 𝑒𝑠𝑡 𝑏𝑒𝑎𝑢𝑐𝑜𝑢𝑝 𝑡𝑟𝑜𝑝 𝑒́𝑙𝑒𝑣𝑒́ 𝑒𝑡 𝑞𝑢’𝑖𝑙 𝑓𝑎𝑢𝑑𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑒 𝑟𝑎𝑚𝑒𝑛𝑒𝑟 𝑎̀ 120.000 €. 𝐸𝑡 𝑙’𝑎𝑐𝑐𝑜𝑟𝑑 𝑒𝑠𝑡 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑎𝑛𝑒́𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑠𝑖𝑔𝑛𝑒́.
𝑈𝑛𝑒 𝑏𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑒 180.000 € 𝑒𝑛 𝑢𝑛 𝑐𝑙𝑎𝑞𝑢𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑑𝑜𝑖𝑔𝑡𝑠. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑚𝑜𝑖, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑒 𝑐𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑛𝑛𝑒́𝑒" !
Ainsi, pendant que les libraires s’évertuaient à faire vivre la Galerie Bortier et animer cette salle d’exposition alors que la Régie s'en désintéressait progressivement, la Ville de Bruxelles faisait à la Salle de la Madeleine, et donc à Brussels Expo, cadeau de 180.000€ par an. Une somme supposée représenter la valeur locative de l’espace d’exposition (115m²) de la Galerie Bortier, soit, calculette à l’appui, un loyer délirant de 15 000 euros par mois!.
Pour découvrir l'histoire pour le moins complexe de cette salle d'exposition, c'est ici !
https://www.galeriebortier.net/galerie-bortier-n7/