05/08/2026
28 août 2026 à 18h30 - Tour&Taxis Maison de la Poste
10eme édition du Festival des Arts Vodoun en Belgique
À Bruxelles, le Vodoun entre à l'université
Longtemps cantonné aux clichés et aux fantasmes, le Vodoun fait son entrée dans le débat académique. À l'occasion de la 10ᵉ édition du Festival des Arts Vodoun de Bruxelles, chercheurs, théologiens et anthropologues se réunissent pour confronter leurs savoirs et réhabiliter un patrimoine culturel et spirituel majeur de l'humanité.
Et si le Vodoun était enfin étudié pour ce qu'il est réellement ? C'est le pari du Festival des Arts Vodoun de Bruxelles qui, pour ouvrir sa dixième édition, organise une conférence inaugurale intitulée « Regards croisés sur le Vodoun : histoire, théologie, patrimoine et modernité ». Pendant plusieurs heures, universitaires et spécialistes venus d'Europe et d'Afrique mettront leurs disciplines en dialogue pour déconstruire les idées reçues qui entourent encore cette tradition ancestrale.
L'événement réunira des enseignants-chercheurs issus notamment de l'Université libre de Bruxelles, de la Sorbonne, de l'Université d'Abomey-Calavi et de l'enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Historiens, anthropologues, théologiens et experts du patrimoine immatériel croiseront leurs analyses pour replacer le Vodou dans son contexte historico-culturel et spirituel. Bien entendu, il s'agit notamment de Jean-Marie Théodat, Maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Professeur à l'Université d'État d'Haïti; Baudouin Decharneux, Professeur à l'Université libre de Bruxelles (ULB), Maître de recherches du FNRS, (Belgique), Philosophe et historien des religions, Membre de l'Académie royale de Belgique puis de Kakpo Mahougnon
Président du Comité des rites Vodoun du Bénin, Prêtre du Fâ
Professeur des universités, Université d'Abomey-Calavi
« Le Vodoun est souvent raconté par ceux qui ne le connaissent pas. Cette conférence veut lui redonner une voix scientifique, historique et culturelle. Depuis dix ans, notre ambition est de créer des passerelles entre les cultures, les universités et les citoyens afin que le dialogue remplace les préjugés » explique Kinoss Dossou, fondateur du Festival des Arts Vodoun. En outre, né au Bénin, où il constitue l'un des piliers du patrimoine national, le Vodoun demeure pourtant largement méconnu en Europe. Souvent réduit à une imagerie folklorique ou ésotérique, il est rarement abordé sous l'angle des sciences humaines. C'est précisément ce vide que souhaite combler cette rencontre académique.
Au programme: les origines historiques du Vodoun, ses fondements théologiques, son rôle dans les sociétés africaines et afro-descendantes, son influence sur les cultures des Amériques ainsi que les enjeux contemporains de sa transmission et de sa reconnaissance comme patrimoine immatériel. « Le Vodoun n'est pas un vestige du passé. C'est une tradition vivante qui continue de structurer des communautés, d'inspirer les arts et d'interroger notre rapport au monde. L'université a toute sa place dans cette réflexion, car elle permet de dépasser les croyances et les caricatures pour produire une connaissance fondée sur la recherche. », souligne Kinoss Dossou, Président de l'Institut Vodoun, Journaliste et chef d'édition, Professeur de l'enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Fondateur du Festival des Arts Vodoun (FAV) et de l'Institut Vodoun.
Par ailleurs, l'initiation de cette conférence inaugurale illustre à suffisance l'évolution du Festival des Arts Vodoun, créé il y a dix ans par Kinoss Dossou. D'abord consacré à la promotion des expressions artistiques et culturelles liées au Vodoun, le rendez-vous bruxellois est progressivement devenu un espace de dialogue interculturel où se rencontrent artistes, intellectuels, chercheurs, responsables culturels et représentants des diasporas africaines.
Pour son dixième anniversaire, le festival franchit un nouveau cap en faisant entrer le Vodoun dans l'univers académique. Plus qu'une conférence, cette ouverture symbolise la reconnaissance d'un héritage longtemps marginalisé et affirme que le Vodoun mérite d'être étudié avec la même rigueur que les grandes traditions religieuses et philosophiques du monde.
À Bruxelles, où les cultures se croisent et se répondent, le Festival des Arts Vodoun entend ainsi, à travers cette conférence, démontrer qu'un patrimoine longtemps incompris peut devenir un objet de connaissance, de dialogue et de réflexion universelle. Dix ans après sa création, le message est clair : le Vodoun ne demande plus seulement à être découvert. Il exige dorénavant d'être compris à fond.
Dr Noé Kpatagnon DOTOU