01/03/2026
J-1 🎭
Demain, Les Rustres de Carlo Goldoni lèvent le rideau !
La troupe est prête, les costumes sont repassés et les feux prêts à briller.
Après les entretiens avec notre costumière et le créateur de l’affiche, place aujourd’hui à Roland Bekkers, metteur en scène du spectacle et compagnon de route de plusieurs aventures goldoniennes. Il vous raconte les coulisses, les choix, les élans… et peut-être quelques secrets bien gardés 😉
Pas encore vos places ? -> atpcsm.be
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𝑮𝒐𝒍𝒅𝒐𝒏𝒊 𝒆𝒕 𝒎𝒐𝒊 ?
Une histoire d’amour, sans doute. Parmi la bonne trentaine de mises en scène assurées à ce jour, Goldoni figure à trois reprises déjà : La Serva amorosa (1997) Arlequin, Serviteur de deux Maîtres (2004) et Les Cancans (2016). Merci donc à l’Atelier-Théâtre de m’offrir cette nouvelle complicité avec Goldoni.
𝑫’𝒐𝒖̀ 𝒗𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒆 𝒑𝒍𝒂𝒊𝒔𝒊𝒓 𝒅𝒆 𝒄𝒐̂𝒕𝒐𝒚𝒆𝒓 𝒍’𝒂𝒎𝒊 𝑪𝒂𝒓𝒍𝒐 ?
La langue d’abord. Latiniste, je me sens naturellement plus proche de l’italien que de l’anglo-saxon. Ça chante, ça rayonne, ça pétille comme un verre de spumante ! D’autre part, ma formation théâtrale tardive a été marquée par feu Guy Ramet à l’Ecole Masque et Mouvement, où j’ai découvert le clown et le masque neutre, puis par Luca Franceschi, lors d’un stage d’une semaine de Commedia dell’arte à l’Académie d’été de Neufchâteau.
𝑳𝒂 𝒑𝒂𝒓𝒕𝒊𝒄𝒖𝒍𝒂𝒓𝒊𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝑮𝒐𝒍𝒅𝒐𝒏𝒊 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒕𝒉𝒆́𝒂̂𝒕𝒓𝒆 𝒊𝒕𝒂𝒍𝒊𝒆𝒏 ?
Il est à la charnière entre les improvisations de la Commedia dell’arte et la comédie italienne moderne inspirée de Molière. J’aime marquer cette double appartenance. Le plateau nu et les interventions chantées ajoutées au spectacle sont un clin d’œil à la Commedia. Les Rustres, c’est aussi et surtout un spectacle de « troupe », une des valeurs auxquelles l’ATPCSM et moi-même tenons beaucoup.
𝑮𝒐𝒍𝒅𝒐𝒏𝒊 𝒆𝒕 𝑴𝒐𝒍𝒊𝒆̀𝒓𝒆 ?
Dans son hommage à Molière lors de la remise du « Molière d’Honneur » pour l’ensemble de sa carrière, Francis Huster mettait en valeur les « héroïnes » du maître : « Agnès, Elmire, Elvire, Armande, Célimène, Dorimène, Toinette, Nicole. Dorine refusant de se soumettre osant dénoncer et triompher de ces lâches ! Tartuffe, violeur hypocrite. Orgon, Dandin, maniaques. Harpagon, avare pervers. Jourdain, obsédé par le fric et le sexe. Arnolphe, prédateur pédophile. Argan, détraqué. Et jusqu’à Don Juan, tueur sans remords. Il a ouvert la voie aux femmes ». Parallélisme étonnant avec nos Rustres ! Comme Molière, Goldoni observe le monde qui l’entoure et y trouve ses cibles.
𝑳𝒆𝒔 𝑹𝒖𝒔𝒕𝒓𝒆𝒔, 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒊𝒆̀𝒄𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒂𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 ?
Ils ne sont pas si loin des talibans qui cloitrent les femmes sous des burkas ou des niqab, des mariages arrangés, voire forcés sévissent encore de par le monde.
𝑳𝒆 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍 𝒅𝒆 𝒎𝒊𝒔𝒆 𝒆𝒏 𝒔𝒄𝒆̀𝒏𝒆 ?
Le rythme, le rythme et encore le rythme !... L’occupation de l’espace lors des scènes d’ensemble !... La création de personnages typés !... Offrir un vrai terrain de jeux aux comédiennes et comédiens !... Et une collaboration étroite avec le scénographe et la créatrice des costumes que je ne remercierai jamais assez pour leur précieux apport.
𝑷𝒐𝒖𝒓𝒒𝒖𝒐𝒊 𝑪𝒐𝒓𝒂𝒍𝒊𝒏𝒆 𝒆𝒕 𝑴𝒊𝒓𝒂𝒏𝒅𝒐𝒍𝒊𝒏𝒂 ?
Le rôle n’existe pas dans l’œuvre de Goldoni. A la première relecture de l’œuvre, il m’est apparu que Les Rustres auraient pu se jouer avec l’accent bruxellois non loin de la Foire du Midi. J’ai donc lu « Les Zigotos », la version « bruxelloise » écrite par mon ami Philippe Sassoye… et je lui ai emprunté le rôle de la bonne qui me permettait de ne pas laisser sur la touche une comédienne intéressée par le projet. Merci à lui.
𝑵𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒆𝒔𝒑𝒐𝒊𝒓 ?
Vous faire oublier, l’espace de deux heures, la grisaille pour ne pas dire la noirceur du quotidien.
Laissez-vous aller. Souriez. Riez de bon cœur. Et merci pour votre présence.