08/29/2026
Critique de film : FACES OF DEATH
De : Daniel Goldhaber
Année : 2026
Genre : Slasher/Horreur
Pays : États-Unis
Vers la fin des années 70, un faux documentaire intitulé FACES OF DEATH (ou Face À La Mort dans sa version française), choqua le public et la critique par sa mise en scène de morts par accident, su***de ou agression, d’animaux et d’humains, dans des conditions cruelles parfois extrêmes. Ce film, longtemps réputé maudit, a plus fait parler de lui par sa légende, on est alors en pleine période de censure et les vidéos "nasty" deviennent aussi populaires que difficiles à se procurer, que pour ses qualités intrinsèques.
Avec le recul, cette mise en scène du macabre, évoquant forcément les s***f movies bien avant l’heure, a définitivement mal vieilli, et n’a plus aujourd'hui cet impact, noyé dans la masse des horreurs du quotidien facilement accessibles sur n’importe quel média. Mais à l'époque, on était moins accoutumés à cette violence gratuite, et le film traînait sa petite aura de film maudit interdit, avant de donner plusieures suites toutes aussi médiocres.
Alors quand en 2026, arrive un reboot/remake/hommage que sais-je ? à ce film culte, c’est avec énormément d’appréhension que je me suis tenté au visionnage, et même si la démarche est discutable, je dois avouer que je n’ai pas passé un si mauvais moment.
FACES OF DEATH cru 2026, raconte donc l’histoire d’une jeune femme qui, suite à un accident tragique filmé en direct et devenu viral à l’heure du tout numérique, s’engage dans une société de modération de contenu vidéo sur le Web.
Elle va alors tomber sur une série de mises à mort macabres, recréant les scènes d’un film maudit, je vous le donne en mille : FACES Of DEATH, l’original.
Une excellente idée déjà de faire un film méta rendant hommage au matériel d’origine, le tueur psychopathe, met en scène les mêmes meurtres que ceux qu’il a vus dans FACES OF DEATH, tel un copycat, on peut y retrouver une certaine analogie avec le tordu THE HUMAN CENTIPEDE 2, en plus accessible bien sûr.
L’autre très bonne idée dans le scénario, est d’adapter la thématique au contexte contemporain, plus de VHS qui circule en sous mains, ou bien dénichée dans un obscur vidéo-club, ici, les vidéos choquantes sont disponibles instantanément grâce aux outils et au réseaux sociaux d’aujourd'hui, ce qui permet d’introduire une petite satire sur le voyeurisme et la recherche de sensationnel. À ce propos, les petits rôles qui gravitent autour de l’héroïne (collègues, collocataire) sont autant de sujets d’étude sur notre rapport au voyeurisme.
Niveau personnages c’est très intéressant et absolument dans l’ère du temps, mention à la principale protagoniste, qui physiquement sort des standards hollywoodiens, c’est pas nouveau, mais ça fait un bien fou.
Voilà le décors planté, maintenant, ça donne quoi concrètement lorsque l’on parle de cinéma d’horreur ?
Bah sincèrement, rien de plus qu’un slasher très convenu, avec son antagoniste masqué, et des scènes de mise à mort qui mettent le paquet sur la cruauté et la sauvagerie. Rien de bien original non plus dans la forme, le script suit une ligne narrative bien précise pour aboutir à un final des plus classique.
On saluera tout de même le travail remarquable sur la photographie, petit hommage à Dario Argento et aux giallos, surtout dans la seconde partie du film.
C’est chouette, ça remet un classique de l’horreur au goût du jour, mais l’ensemble paraît plat, quelconque. En somme, on est loin de tenir le slasher de l’année.
FACES OF DEATH n’est pas le reboot malhonnête auquel on aurait pu s’attendre.
S’il recycle le concept éculé de s***f movie, qui a quelque peu perdu de son intérêt auprès du public depuis THE POUGHKEEPSIE TAPES, autrement plus génial, il digère ses nombreuses influences pour ressortir une œuvre visuellement aboutie et qui tient la route quand on parle de slasher pûr.
La comparaison avec le FACES OF DEATH de 1978 ne paraît pas indispensable, étant donné qu'on est plus sur de l’hommage que de la réécriture moderne, en ça j’ai trouvé que le réalisateur respectait l’œuvre d’origine. À l’inverse, là où la réputation de FOD1978 dépassait largement son contenu, je trouve que FOD2026 est plus qualitatif à presque tout les niveaux, mais il arrive après, et donc n’à rien inventé et souffrira à jamais de son rôle de second couteau. Un film qui n’atteindra jamais la postérité de son prédécesseur et qui est condamné à rester dans son ombre, mais qui revisite sa thématique avec modernité pour un rendu pas si dégueulasse, qui se laisse facilement regarder.
Ma note : 5/10
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