12/06/2026
LA COLLINE DE L’EFFORT
Dans un village niché au cœur de la savane vivait un jeune garçon nommé Tambo. Il avait un défaut que tout le monde connaissait : il se plaignait sans cesse.
Chaque jour, il répétait les mêmes paroles :
— Pourquoi faut-il marcher si loin pour aller chercher de l’eau ? Pourquoi le bois est-il si lourd à porter ? Pourquoi faut-il travailler si dur pour cultiver la terre ?
Un jour, son grand-père, fatigué de l’entendre se lamenter, l’emmena au pied d’une immense colline qui dominait le paysage.
— Regarde cette colline, dit-il. Les anciens l’appellent Djarabi, la colline de l’effort.
Tambo leva les yeux vers son sommet et secoua la tête.
— Elle est beaucoup trop haute ! Pourquoi ne pas la faire disparaître ? Pourquoi ne pas déplacer le village à sa place ?
Le vieillard sourit avec sagesse.
— Si tu veux vraiment voir cette colline disparaître, apporte chaque jour une pierre de son flanc. Continue ainsi, et un jour elle ne sera plus là.
Tambo éclata de rire.
— Une seule pierre par jour ? Cela ne changera jamais rien !
Mais son grand-père, lui, commença dès le lendemain. Chaque jour, il rapportait une pierre. Puis une autre. Puis encore une autre.
Les semaines passèrent, puis les mois. Avec ces pierres, il construisit d’abord un petit muret. Ensuite un abri. Puis, au fil des années, une solide maison.
Le temps continua son chemin.
Dix ans plus t**d, Tambo était devenu un homme. Il vivait dans cette maison bâtie pierre après pierre. Il travaillait la terre avec courage, allait chercher l’eau sans se plaindre et affrontait les difficultés de la vie avec patience.
Un soir, assis devant le muret construit par son grand-père, il contempla la colline qui se dressait toujours à l’horizon.
Alors il murmura :
— Grand-père… la colline est toujours là. Pourtant, quelque chose a changé.
À cet instant, le vent souffla doucement dans les herbes de la savane, comme pour lui répondre :
— Ce n’était pas la colline qu’il fallait déplacer. C’était le poids que tu portais dans ton cœur.
Et Tambo comprit enfin que les plus grands obstacles ne sont pas toujours devant nous. Souvent, ils se trouvent en nous-mêmes.
Morale:
Les difficultés de la vie ne disparaissent pas par magie. C’est en avançant pas à pas, avec patience et persévérance, que nous devenons plus forts qu’elles.
Ce n’est pas toujours le monde qu’il faut changer ; parfois, c’est notre façon de le regarder.