03/03/2026
𝕃𝔼𝕊 𝔸ℝ𝕋𝕀𝕊𝕋𝔼𝕊 𝔻𝔼 𝔸𝔾𝔸ℕ𝕊𝕀 I EN RESIDENCE
Découvrons ensemble la , notre artiste de Agansi Numero1. Nous lui avons tendu le mic, et il nous a raconté son histoire avec l'art 🎤🎤🎤🎤🎤🎤
: Tout a basculé lors de ma première année en TAL. Si mon cœur battait déjà au rythme de mes crayons, c'est sur les planches de l'art dramatique, sous l'aile de Mme Dembélé Fatoumata Dembélé, que ma vision a pris son envol. Elle n'a pas seulement soutenu mon talent ; elle a cru en mon destin.
Pourtant, l'ombre des préjugés planait. Autour de moi, on murmurait que le dessin était le refuge des « vauriens », l'excuse de ceux qui échouent. Ces critiques, loin de m'abattre, sont devenues mon carburant. Je ne voulais pas seulement réussir ; je voulais prouver que l'art est une discipline de fer.
Pour financer mes rêves, j'ai multiplié les vies : coiffeur le jour, vendeur de jeux vidéo PlayStation le soir. Chaque pièce gagnée était une brique de plus pour mon avenir.
Quand j'ai entendu parler de l’artiste plasticien Seydou Traoré, j’ai voulu m’approcher de lui et poser enfin mes interrogations à un praticien. Très vite, la distance s'est imposée comme un défi supplémentaire. Habitant à Sénou pendant que Seydou travaillait à Lafiabougou, je ne pouvais m'y rendre que deux fois par semaine, mais chaque minute passée à ses côtés valait ces heures de trajet. J'y ai appris la plus difficile des techniques : la patience.
Pour poursuivre mes ambitions, j’ai décidé de passer le concours du conservatoire ; aller à cette école était pour moi la chance de réaliser mes rêves. Au bout de cette épreuve se trouvait mon premier échec… Je l’ai nommé le « grand mur ». J’ai cru que je me comparais à des génies et que je n’avais pas ma place dans cette prestigieuse école. Ce sentiment a failli me faire dérouter définitivement de mon rêve. Mais avec le soutien de mon grand frère Phillip, j'ai décidé de creuser plus loin, de chercher la racine de mon art. Cette persévérance m'a guidé vers le collectif Tim’Arts. Là, entouré de pratiquants comme Sidi Bouaré, Rimsi, et de complices comme Ange Dakouo ou Dramane Bamana, j'ai compris que ma passion était une pierre qu'il fallait polir sans relâche.
L'effort a fini par payer. En 2020, les portes du Conservatoire se sont enfin ouvertes. Aujourd'hui, je ne suis plus seulement un passionné ; je suis Daouda Diarra, alias Bege, titulaire d'une licence professionnelle en arts plastiques.
De Markala pour le Fesmamas 2025 aux murs du Musée National pour « Peindre la paix », mes œuvres voyagent. Elles sont devenues un dialogue entre le dessin, la peinture, la sculpture et la photographie. Mon travail prend racine dans la mémoire. Ce fil invisible qui lie nos souvenirs à notre présent. J'explore la mémoire individuelle et collective pour que nous n'oubliions jamais qui nous sommes.
« Pour moi, l’art est un acte de résistance poétique. »
C’est un pont jeté entre le passé et le réel, une invitation à construire un monde plus humain. Mes œuvres ne sont pas que des images ; ce sont des cris de paix, de fraternité et de solidarité. Elles sont la voix de ceux qu'on n'entend plus et une lueur d'espoir pour ceux qui se cherchent encore.
Je suis Daouda DIARRA, Artiste en residence chez Agansi.
Cette résidence est rendue possible grâce au proiet Kuruni 2.0. mis en œuvre par le Réseau Kuruni et financé par la à travers le projet de la GIZ.
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