08/09/2026
GIFT
« Ton présent, on te l’offrira quand tu n’attendras plus devant la porte. »
D’ici là, j’espère être déjà parti.
D’ici là, j’espère ne plus être dans la maison.
Parce que ce que j’attends, je l’ai vu dans les mains du voisin.
Il est d’une facilité, pour autrui, d’accéder aux portes qui m’ont à jamais été fermées.
L’histoire se répète, le héros triomphe.
L’histoire se répète, je m’entête à me dire que ça aurait été différent si ceci, si cela.
Mais l’histoire se répète.
Jouant à un jeu dont je ne connaissais pas les règles.
À quel moment est-ce une bonne idée de jeter un trouillard dans l’océan en sachant qu’il ne sait pas nager ?
Toujours glorifier le plus fort.
Ne jamais remarquer mes efforts.
M’obligeant à rester, tu n’as jamais su que je n’étais pas un garçon parmi tant d’autres.
« Toi aussi, tu seras comme eux un jour. Ton présent, on te l’offrira. »
D’ici là, j’espère être déjà parti.
D’ici là, j’espère m’être réveillé de ce cauchemar.
Je reproduisais les gestes du danseur.
Je répétais les phrases qu’on m’avait apprises.
Et puis, après le suspense, je n’entendais jamais mon nom.
Pourtant, après chaque ouragan, je reconstruis le même château de sable pour encore croire en mes rêves.
Après chaque tornade qui passe, je rallume la seule bougie dans cette maison vide.
Mais les vingt-cinq bouteilles que j’ai jetées à la mer ne sont jamais revenues.
C’est pourquoi, si un héros vient un jour me sauver,
d’ici là, j’espère être déjà parti.
D’ici là, j’aurai finalement compris.
« On leur a offert ton présent. »
Tsihoarana Razafindrabe Lundi 8 septembre 2026