15/08/2025
Imaginez que vous deviez soulever un bidon de 20 litres d’eau sans poignée, ou ouvrir une porte dépourvue de poignée.
Dans son livre Libérez votre cerveau, Idriss Aberkane, un savant contemporain de la neurologie, aborde la notion de neuroergonomie, l’art de bien utiliser son cerveau.
Le cerveau fonctionne un peu comme le corps humain : certaines charges seraient difficiles à soulever, mais si l’on y ajoute une poignée (un point stratégique pour saisir et soulever), l’opération devient beaucoup plus facile. De la même façon, pour enseigner, il faut associer des « poignées » aux concepts que l’on transmet afin de les rendre plus accessibles aux apprenants.
Dans cette logique de facilitation de l’apprentissage et du partage de la connaissance, l’auteur souligne que, dans les écoles ordinaires, les élèves subissent souvent beaucoup de pression, sans que l’on tienne compte de leur bien-être. Selon lui, chaque apprenant devrait avancer à son propre rythme.
Pour expliquer cette idée, il prend l’exemple d’un buffet à volonté : on se sent heureux d’être invité à manger selon ses besoins. Mais si, dans ce même buffet, on vous obligeait à manger jusqu’à ce que les plats soient terminés, le plaisir disparaîtrait pour laisser place à une contrainte. Beaucoup préféreraient alors renoncer. Malheureusement, c’est ce qui se produit souvent dans l’école traditionnelle : on impose trop de tâches à rendre, ce qui finit par épuiser les apprenants.
Toujours dans la perspective d’une exploitation optimale du cerveau, l’auteur insiste sur la nécessité de faire ce que l’on aime :
« Il n’y a pas d’excellence sans amour. »
Pour notre conscience, l’accessible est un chemin vers l’inaccessible. Ce principe de neuroergonomie montre l’importance de commencer par des questions simples afin de donner confiance aux apprenants, et ainsi leur permettre de répondre ensuite à des questions plus difficiles.
Il rappelle aussi que l’apprentissage est le produit du temps et de l’attention.