14/10/2025
💔
Je fais cette publication pour rendre hommage à une grande dame — l’une des plus grandes femmes que mon monde ne connaîtra jamais.
Un pilier de mon existence, une grande femme de sciences, une héroïne aux médailles 🏅 peut-être invisibles, mais au palmarès invincible.
Koko (Wa Badiriya Sabenani Ouani) — tout le monde t’appelait Koko. Toute une ville t’a appelée ainsi pendant toute ton existence.
Je vais essayer de retenir mes larmes pour pouvoir écrire, moi qui ai longtemps pensé manquer de cœur.
Koko, pour moi, tu n’étais pas seulement la grand-mère célèbre du quartier, de la ville ou de la région, celle qui massait et prenait soin des femmes et des enfants.
Tu n’étais pas seulement la mère de mon père.
Tu n’étais pas seulement ma première femme.
Je réalise aujourd’hui, même plus de trois ans après ton départ, que tu étais tout pour moi.
Je n’écrirai jamais assez pour être satisfait. Je suis plein de regrets de ne pas avoir passé plus de temps à tes côtés.
Si aujourd’hui je peux ouvrir un Coran et lire, c’est grâce à toi — toi qui m’as emmené à l’école coranique tous ces matins.
À la meilleure des éducatrices, car tu voulais que je sois quelqu’un qui connaisse Dieu.
Je t’ai menti plusieurs fois, ayant manqué l’école coranique.
Beaucoup disaient : « Ce petit ne veut plus apprendre à connaître Dieu », mais tu m’as toujours défendu, car, comme une super-héroïne, tu as su que quelque chose n’allait pas.
Je me souviens de cet homme à Bwekuni qui me barrait la route le matin. Par peur, j’allais me cacher au terrain de foot au lieu d’aller à l’école coranique.
Tu m’as convaincu de t’en parler, et comme une grande dame, malgré ton âge déjà avancé (2003-2004, je pense), tu es allée voir ses parents pour régler le problème afin que je puisse apprendre en paix.
À l’école primaire, on m’a confié à toi. En CP1, âgé peut-être de 2 à 4 ans, j’ai quitté mon père et ma mèr, (Niamboimro), pour vivre auprès de toi.
Je pleurais du matin au soir, tant que je ne dormais pas.
Mais avec les cadeaux, les gâteaux, et ton amour protecteur, tu as fait de moi ton petit protégé. Peut-être que mes pleurs n’ont pas cessé, mais grâce à toi, j’allais à l’école avant de continuer mon quotidien ( pleurer).
Tu as été sans doute mon plus grand professeur de Chi Nzuani.
Je t’ai accompagné, même très petit, à Chironi, pour récolter les feuilles que tu utilisais dans tes médicaments traditionnels, que tu préparais avec passion .
Combien de fois tu m’as couvert à la maison, pris ma défense ? Je ne saurais les compter.
Et loin de ce que beaucoup pensent, tu n’étais pas obligée.
Tu m’as aimé d’un amour particulier, même si tu aimais tout le monde — surtout tes petits-enfants.
Peu importe le nombre d’années passées loin de toi, au retour tu avais toujours quelque chose pour moi, quelque chose que tu avais gardé pendant des années, alors que tu disais à d’autres que tu ne l’avais plus.
Je crois que j’ai redécouvert ce que veut dire aimer, en pensant à toi.
Je connais toute mon enfance, même mes premiers jours, parce que tu me les as racontés .
Soigner les autres a toujours été ta vocation, mais avec moi, tu l’as fait autrement.
En 2019, alors que j’étais en terminale, je me suis cassé la main au terrain de basket 🏀.
Je ne suis même pas venu te voir, mais tu l’as su.
Et je t’ai surprise en train de chercher des feuilles de l’arbre de cornichons pour me fabriquer un plâtre traditionnel — ce qui m’a d’ailleurs sauvé, sans médecin, après ton massage.
Koko, tu es un modèle pour tout le monde, certes, mais tu es une idole pour moi.
Même si notre façon d’aimer était particulière, je t’ai aimé profondément — mais ce ne sera jamais assez.
Plus de trois ans ont passé, mais dans mon cœur, tu es toujours là.
Je regrette de ne pas être venu te voir plus souvent à Ouani.
Et je porte encore la douleur de ne pas avoir pu te voir avant mon départ à l’étranger, ignorant que ce serait la dernière fois que j’aurais pu te serrer dans mes bras.
Apprendre ton décès de loin a été un choc immense, une blessure que je n’ai jamais vraiment refermée. 😭
Je prie pour toi, chaque jour, pour que ton âme repose en paix.
Qu’Allah t’accorde le paradis et qu’Il nous réunisse dans une autre vie.
Je suis le petit-fils le plus heureux du monde parce que je t’ai eue comme grand-mère, mais aussi le plus triste de ne pas t’avoir dit au revoir.
Je sais que tu es toujours là.
Je ne me suis jamais vraiment remis de ton absence, et je ne le pourrai sans doute jamais.
Mais je te promets de devenir le petit-fils que tu as toujours rêvé que je sois.
Je t’écris avec des larmes, mais aussi avec fierté.
Parce que ton amour, ta force et ton héritage vivent en moi.
J’écrirai encore et encore pour toi, Koko.
Tu me manques et c'est atroce 💔.
T'es une partie de moi que je compte pas oublier, j'arrêterai pas de rappeler à tout le monde, qui tu étais.
Tu me manques 🥺
📷 photo d'illustration