01/05/2025
« Psychothérapie de Dieu »
(4èmepartie)
Auteur:
‘’Boris Cyrulnik’’
‘’ Quand une existence apporte chaque jour son lot d’agressions, c’est le lobe frontal droit qui est le plus stimulé.
Les conditions adverses ont rendu un tel cerveau sensible aux affects négatifs.
Le sujet malheureux a besoin d’aller chercher des explications magiques pour lutter contre son malaise.
Mais quand son milieu familial et culturel lui propose une spiritualité, cette personne dispose d’une a**e mentale qui l’aide à trouver le soutien affectif, la solidarité et la transcendance suffisante pour se remettre à vivre.
Les athées ont un lobe gauche dominant plutôt euphorisant, peut-être parce qu’ils se sont développés dans un milieu en paix.
Ils ont moins besoin de la réaction spirituelle de défense.
Alors que les croyants qui affrontent une existence difficile dans une culture en guerre ou en précarité sociale doivent s’entrainer pour développer ce mécanisme de défense.
Quand ces personnes trouvent dans leur contexte une spiritualité et une religiosité, elles combattent victorieusement leur difficulté à vivre.
La culture et le cerveau s’associent pour les mener à la victoire.
LA SPIRITUALITE EST VITALE POUR ELLES.
‘’
(Boris Cyrulnik)
Note !!!
Dans cet ouvrage fascinant et comme d’habitude exigeant sur le plan scientifique, Boris Cyrulnik nous entraine dans les méandres de la psychologie humaine à la recherche de déterminants biologiques et socio-culturels expliquant notre rapport à Dieu.
A’ la fois Neuropsychiatre et éthologue de formation, l’auteur est mondialement reconnu pour avoir vulgarisé le concept de ‘’résilience’’ et dans ce livre, sans entrer dans aucune forme de jugement inapproprié sur les croyances des uns et des autres, il se contente d’exposer les découvertes les plus pertinentes que les neurosciences aient produites sur le sujet à ce jour…
Evidemment, il est recommandé d’entamer la lecture de cette pépite avec un esprit totalement ‘’ouvert’’ car il ne s’agit pas de savoir si oui ou non Dieu existe, mais d’abord de comprendre par quels mécanismes ‘’scientifiques’’ on peut expliquer notre appartenance (ou pas) à une quelconque religion, notre rapport ou pas à une forme de divinité et plus important, d’avoir en main les instruments qui nous permettraient de mieux nous connaitre tout en réparant éventuellement nos blessures d’enfance…
Bonne lecture 😊
Vous avez probablement déjà entendu plusieurs fois cette phrase que les croyants pratiquants ont pour habitude de dire comme une sorte de reproche aux personnes qui eux viennent vers Dieu de temps en temps :
« Toi tu ne penses à Dieu que lorsque tu as des problèmes !!! ».
Une phrase qui tend à faire culpabiliser ces derniers qui se lancent alors généralement dans des explications de toutes sortes afin de se rassurer qu’elles n’utilisent pas ‘’Dieu’’ uniquement de façon accessoire.
Pourtant, la science à travers de nombreuses recherches démontre que cette façon de faire, loin d’être une forme d’ingratitude vis-à-vis du créateur est plutôt même la forme la plus naturelle qui pousse des individus constamment acculés par les difficultés de la vie, à pouvoir retrouver une forme d’équilibre.
Pour être précis, ce qu’il faut savoir ici, c’est que plusieurs facteurs entrent en jeu qui permettent de comprendre une partie de l’énigme :
Facteur biologique : hyper sensibilité du lobe frontal droit qui à cause du milieu aux conditions parfois très difficiles, a été très fortement stimulé dès la plus tendre enfance du sujet.
Il faut noter que lorsqu’on parle du milieu ici, il ne s’agit pas forcément de l’environnement sociétal mais souvent aussi du ventre de la maman qui produit des effets considérables sur le cerveau du futur nouveau-né et ce, à cause le plus souvent des états physio-émotionnels de la mère.
C’est d’ailleurs pour mieux expliquer ce facteur biologique que l’auteur Boris Cyrulnik a fortement milité politiquement pour qu’en France le concept scientifique des "premiers 1000 jours" soient considérés sérieusement, avec tout ce que ça comporte comme implication.
CONCEPT DES "PREMIERS 1000 JOURS"
Cette période, qui s'étend de la conception aux 2 ans de l'enfant, est reconnue comme fondamentale pour le développement physique, cognitif et affectif de l'individu.
Les 1000 premiers jours représentent une période critique qui court du 4ème mois de grossesse (selon l'OMS) jusqu'aux 2 ans de l'enfant, bien que Cyrulnik estime que le façonnement de l'enfant commence avant même sa conception.
Cette période se caractérise par :
Un développement cérébral exceptionnel : le cerveau du bébé se développe à une vitesse inégalée, avec environ 200 000 nouvelles connexions neuronales par minute.
La construction du capital santé et du bien-être futur de l'adulte.
L'établissement des liens d'attachement fondamentaux.
Une grande vulnérabilité aux influences extérieures.
POURQUOI CETTE PERIODE EST-ELLE SI CRUCIALE ?
Les recherches en neurosciences montrent que :
Le stress maternel pendant la grossesse peut altérer les zones cérébrales du fœtus liées à la mémoire et aux émotions.
Un enfant choyé maîtrisera environ 1000 mots à 3 ans, contre 200 pour un enfant en situation difficile.
La plasticité cérébrale permet une "réparation" rapide lorsque l'environnement s'améliore.
Les expériences adverses (violence conjugale, précarité, isolement) ont un impact durable sur le développement.
Facteur socio-culturel : Dans ce cadre, il est plus question de l’ensemble des représentations mentales que l’environnement immédiat de l’enfant met sur pied afin de nourrir le besoin naturel de se dernier à construire des histoires et logiques préverbales…
Ce que l’auteur souligne et tient à faire savoir c’est que :
« AUCUN BEBE N’EST CROYANT QUAND IL ARRIVE AU MONDE ».
Mais comment se fait-il alors qu’en grandissant, il puisse commencer à croire ?
Eh bien, une explication nous vient encore d’une énième…bizarrerie du cerveau…
A suivre
Signé : Julika’a
Edité et corrigé by Chloé Studio
Kouessieu Womo Paulin Leon PB Christian Junior Othniel Azengo Raissa Takam Roselyne Domche Boris Cyrulnik Djomou Trésor Eric Tanetsi Krystel Boyom Maick Michel Jhonson Warren Mambou Dr Claudel Noubissie Yoly Djimeli