19/04/2026
Il y a quelque chose qui me dérange profondément dans nos mairies, et je vais le dire comme je le pense.
Quand un citoyen lambda vient célébrer son mariage, c’est presque toujours un adjoint qui officie. Le maire, lui, est “en réunion”, “en déplacement”, “occupé”.
Mais que les enfants d’un ministre, d’un député, d’un opérateur économique ou d’un collègue fortuné se présentent, et soudain le maire en personne devient disponible avec son écharpe, et toutes ses dents dehors, ça me dérange.
C’est vrai la loi permet au maire de déléguer la célébration des mariages à ses adjoints. Juridiquement, un mariage célébré par un adjoint est parfaitement valable. Là-dessus, aucun débat. Mais la légalité n’épuise pas la question.
Le maire est un élu de toute la population, pas seulement de ceux qui ont un carnet d’adresses. L’article premier de notre Constitution consacre l’égalité de tous les citoyens devant la loi et devant le service public, sans distinction de fortune, de rang ou de relations. Le service public communal et le mariage civil en est un, et est soumis au principe d’égalité des usagers.
Alors quand un maire se rend disponible en personne pour les mariages des familles puissantes et systématiquement indisponible pour le reste de ses administrés, ce n’est pas une question de planning. C’EST UN CHOIX.
Un choix qui dit clairement à une partie de la population : “Vous ne pesez pas assez pour que je me déplace.”
Ce calcul-là, ce tri social déguisé en agenda chargé, frise l’irrespect envers le peuple qui l’a élu.
Un élu qui classe ses administrés selon leur grade et leur portefeuille ne mérite pas le respect qu’on doit à la fonction. La fonction, elle, exige mieux.
Nos adjoints font leur travail avec dignité, et je les salue. Mais qu’on arrête de faire croire que le maire est toujours “pris”, il est surtout sélectif. Et la sélectivité d’un élu envers son propre peuple, c’est une petite trahison silencieuse.
Le pouvoir local doit servir tout le monde, ou il ne sert à rien.
STONI