28/03/2026
Retour en images-Conférence du 20 mars
Ce fut un réel plaisir de prendre la parole lors de la quinzaine de célébration de la francophonie et de la langue française cette année. Ce moment m’a permis de partager mon expérience en tant que jeune et créateur culturel évoluant dans l’espace francophone, et plus particulièrement en Haïti. La thématique retenue pour cette 38e édition — « Génération Paix ? Contributions de la jeunesse pour un monde plus apaisé » — a servi de fil conducteur à mon intervention.
Cette prise de parole a ainsi exploré le rôle du dialogue et de la langue française comme leviers dans la promotion de la paix. Pour nourrir cette réflexion, je me suis appuyé sur mon rapport à la culture ainsi que sur les différents espaces que j’ai côtoyés à travers plusieurs villes, en dehors du Sud-Est. Ces expériences m’ont permis de mieux comprendre les liens que chacun de nous tisse avec les pratiques sociales, culturelles et locales. Aborder une telle question n’a pas été une mince affaire, notamment au regard du contexte actuel et des dichotomies sociales, culturelles et historiques qui subsistent au sein de la société haïtienne.
Dans cette perspective, j’ai invité chacun à embrasser nos deux langues et à considérer le français comme un outil de communication, au même titre que les autres systèmes linguistiques. L’enjeu est donc de trouver un canal commun capable de favoriser un véritable dialogue. Il s’agit également de “brunir” cette langue, en y intégrant une touche locale, comme nous y invitait déjà l’école de 1836 dans la littérature haïtienne. Dans le même élan, accepter la diversité culturelle apparaît essentiel, car c’est elle qui fait de nous, Haïtiens, une nation singulière (Jean Price M., 1928).
Ce moment d’échange a permis de mettre en lumière la langue comme une véritable porte d’ouverture sur le monde. J’ai particulièrement apprécié le panel avec Querline Bernadeau, dont l’intervention a apporté un éclairage intéressant sur le lien entre langue et paix. À ce propos, il convient de rappeler que : si la langue facilite le dialogue, elle ne garantit pas pour autant la paix. Ce sont plutôt les intentions, les valeurs et les pratiques sociales qui déterminent si cet échange devient constructif ou conflictuel. Dans cette logique, l’engagement culturel et la participation active au sein des communautés apparaissent comme des leviers importants pour maintenir un climat apaisé, ou du moins atténuer certaines tensions héritées de l’histoire.
Je terminerai avec une citation issue de l’un de mes articles, qui illustre, à mon sens, certaines fractures persistantes : « Chacun chante ses rêves à sa manière, mais nos refrains ne se rencontrent pas. Nous manquons d’une singularité collective dans cette pluralité de protestations, sans issue, sans voix de recours. »