06/12/2025
TRIPTYQUE D’AMOUR
— BONJOUR CHOUDOUDOU
C’était si doux, si bon,
une intense ivresse des sens, la première fois :
un acte généreux en promesses, pour moi.
L’envie de retirer toute protection, pour toi.
Le désir dans chaque caresse.
C’était doux entre nous, cette première fois.
Nos souffles mêlés guidaient nos corps vers le plaisir.
Notre attirance ne mentait pas à chaque soupir…
Et toi ?
Nous nous sommes revus.
Elle fut mauvaise, cette seconde fois.
Je te regardais, non pas dormir,
mais en interaction avec la toile.
Tu te perdis dans une insomnie,
tout près de moi.
Et tu m’imposas alors ton choix :
celui de rentrer dormir chez toi.
Avec moi, tu n’y arrivais pas.
COMMENT ÇA VA, CHÉRI ?
Après m’avoir dit que ta dépression t’accompagnait,
sans autre modération
tu t’es permis d’ajouter
que tu n’avais pas dormi, et ce depuis moi.
Depuis cette seconde fois.
Finalement, ces mois de douces conversations,
de tendres échanges, sans appels,
auront bercé mon amour dans l’illusion.
Qui, de toi ou de moi, était empêché ?
Je t’ai dévoilé mon cœur,
et, pour réponse, tu m’as laissé compter les heures.
Tu es devenu mon obstacle et l’amour s’en est allé.
Je l’ai suivi et j’ai fini par t’archiver :
toi et tes habits cérémoniels de la torpeur.
— BYE MONSIEUR
J’ai suivi l’amour.
Je suis aimée sans hésitation,
appelée.
On rit, on se taquine avec considération.
Notre intimité est en construction.
C’est épanouissant, un amour authentique.
Pas d’insomnie mais des nuits blanches,
pas de dépression comme maîtresse entre nous,
mais une harmonie tout en souplesse.
Nos joues gonflées de rires,
nos yeux plissés de joie…
Il sait que j’écris, que je pose,
ce que je n’aime pas et mes valeurs,
et son intérêt n’est que pour moi :
pour qui je suis, et non pour ce que je parais être.
Il me dit des BONJOUR CHÉRIE
comme des « je t’aime ».
C’est doux.
Je me sens en confiance de l’aimer, et je l’aime.
Il ne connaît pas mon profil.
Nous nous sommes rencontrés en vrai.
Pas d’illusion en lui, ni de dépression.
Je ne l’ai jamais archivé,
toujours présent, sans pression.
Je suis heureuse de respirer
avec un être vrai, entier, qui apporte sans compter,
qui s’habille de ce qu’il a appris du passé
et honore le présent en me comblant
d’un amour sans faux-semblants.
Les archivés sont supprimés.
_ Sève _
Photo : Larry Labinsky