Les Rimbaud du Cinéma

Les Rimbaud du Cinéma "Que voulez-vous, je m’entête affreusement à adorer la liberté libre" A.Rimbaud

Exclusif : RIMBAUD ET VERLAINE PARLENT DE L’ACTUALITE DES RIMBAUD DU CINEMA.— Alors, Paul, cette septième édition des Ri...
28/08/2026

Exclusif : RIMBAUD ET VERLAINE PARLENT DE L’ACTUALITE DES RIMBAUD DU CINEMA.
— Alors, Paul, cette septième édition des Rimbaud du Cinéma à Metz, ta ville natale ?
— Elle n’aura pas lieu, Arthur.
— Ah ! Metz ne veut donc plus de poésie ?
— Ne sois pas injuste. La poésie est toujours la bienvenue, à condition qu’elle ne réclame ni salle, ni budget, ni attention.
— Je connais cela. À Charleville aussi, on préfère parfois Rimbaud quand il est silencieux, encadré, imprimé sur une boîte de pâté ou servi avec une bière.
— Tu es devenu une marque, Arthur. C’est la consécration moderne.
— Ainsi donc, mon Bateau ivre finit en barquette promotionnelle ?
— Il faut vivre avec son siècle.
— Et le cinéma ?
— Trop compliqué. Il faut accueillir des artistes, montrer des films, défendre les œuvres invisibles, faire voyager les imaginaires… Tandis qu’un pâté, au moins, ne demande pas la parole.
— Et une bière se contente de mousser.
— Exactement. C’est une politique culturelle beaucoup plus reposante.
— Pourtant, les Rimbaud du Cinéma voulaient venir à Metz pour saluer Verlaine…
— « Les sanglots longs des violons de l’automne… »
— … blessent ton cœur ?
— Non. Ils se perdent dans le silence des bureaux.
— Charleville nous avait déjà fait comprendre que nous étions indésirables. Metz nous confirme que les poètes morts sont souvent mieux accueillis que les artistes vivants.
— Les morts ne sollicitent aucune subvention.
— Et ils n’envoient pas de courriels.
— Surtout, ils ne demandent jamais de réponse.
— Alors, que va devenir la septième édition ?
— Elle cherchera un autre port. Notre bateau n’est peut-être pas assez municipal, mais il demeure ivre, libre et obstiné.
— Tant mieux. La poésie reste.
— Et le cinéma ?
— Il appareille.
FAUTE D’ACCUEIL ET DE SOUTIEN SUFFISANTS, LA SEPTIEME EDITION DES RIMBAUD DU CINEMA NE POURRA DONC PAS SE TENIR A METZ, VILLE NATALE DE PAUL VERLAINE.
Nous le regrettons profondément. Mais puisque Rimbaud et Verlaine ont passé leur vie à prendre la fuite, nous finirons peut-être par considérer ce nouvel exil comme un hommage involontaire.

Dans une ville où la culture ne se consomme pas seulement en bouteille ou en conserve.

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ALINE ISSERMANN — L’INSOLENTE LIBERTE-  PRESIDENTE DU JURY DES RIMBAUD DU CINEMA 2026Il est des rencontres qui, rétrospe...
23/08/2026

ALINE ISSERMANN — L’INSOLENTE LIBERTE- PRESIDENTE DU JURY DES RIMBAUD DU CINEMA 2026

Il est des rencontres qui, rétrospectivement, éclairent toute une vie. Aline Issermann a seize ans lorsqu’un jeune homme dont elle est amoureuse glisse entre ses mains un recueil de poèmes d’Arthur Rimbaud. Ce livre ne la quittera plus. Elle le conservera à travers les années, les déménagements, les débuts difficiles — comme un talisman. Rimbaud entre alors dans sa vie comme une échappée, une promesse d’ailleurs. Elle écrit que des millions d’adolescents ont été « soulevés de terre » par les mots du poète. Elle fut l’une d’eux. Grâce à lui, elle découvre qu’une autre langue, une autre vie, peut-être même un autre monde, sont possibles.
Pour l’adolescente confrontée très tôt à la violence, aux humiliations, à la peur et au sentiment d’être reléguée parce qu’elle est une fille, la poésie ouvre une brèche. Les mots deviennent des passages secrets : ils franchissent les murs, donnent forme à ce qui ne peut encore se dire, et rendent tangible cette « vraie vie » que Rimbaud cherchait ailleurs.

Dans son récit autobiographique L’Insolente liberté des boutons d’or, Aline Issermann refuse de transformer son enfance en légende. Elle raconte la violence familiale sans l’esthétiser : celle qu’elle subit, celle infligée à sa mère, les humiliations, la peur. Mais elle raconte aussi les espaces de résistance qu’une enfant peut inventer pour continuer à vivre. Et pourtant, son écriture demeure profondément poétique. La nature, les fleurs, la montagne, les livres, les rencontres et bientôt le cinéma deviennent autant de territoires où reconquérir une liberté que le monde des adultes semblait vouloir lui confisquer.

Cette expérience irrigue son cinéma. Aline Issermann filme ceux que l’on préfère parfois ne pas voir. Elle se tient du côté de l’enfance, des femmes, des blessures cachées et des violences que la société sait dissimuler derrière les apparences de la normalité. Avec L’Ombre du doute, elle ose porter à l’écran la question de l’inceste et la parole de l’enfant, à une époque où cette parole dérange profondément. Le film, et ce qu’il provoque, révèle une autre violence, plus feutrée : celle d’un milieu cinématographique prompt à célébrer l’audace artistique tant qu’elle ne trouble pas trop ses habitudes et ses silences.

Le parcours d’Aline Issermann raconte ce que vivent nombre de cinéastes auxquels les Rimbaud du Cinéma souhaitent offrir une visibilité : la difficulté de faire exister une œuvre lorsqu’elle refuse les chemins balisés de l’industrie. Ses films ont été remarqués, reconnus, parfois admirés. Ils n’en ont pas moins dû être arrachés à la dure réalité économique et humaine qu’est la fabrication du cinéma. Nous recommandons chaleureusement la lecture de L’Insolente liberté des boutons d’or, un titre profondément rimbaldien.

Encore merci à Aline Issermann d’avoir accepté la présidence de l’édition 2026 des Rimbaud du Cinéma.

Difficile année 2026. Le bateau ivre de liberté libre continue son périple malgré l'inertie perverse des assis et des ra...
28/07/2026

Difficile année 2026. Le bateau ivre de liberté libre continue son périple malgré l'inertie perverse des assis et des rassis.

ON VOUS REVELE LE NOM DE LA PRESIDENTE DU JURY DES RIMBAUD 2026 : ALINE ISSERMANN. MERCI ALINE DE L’HONNEUR QUE VOUS NOU...
29/05/2026

ON VOUS REVELE LE NOM DE LA PRESIDENTE DU JURY DES RIMBAUD 2026 : ALINE ISSERMANN.

MERCI ALINE DE L’HONNEUR QUE VOUS NOUS FAITES.

Aline Issermann appartient à cette génération de cinéastes qui ont voulu faire du cinéma autrement, loin des logiques industrielles dominantes. Réalisatrice, scénariste, autrice, sœur de la photographe Dominique Issermann, elle a traversé le cinéma français avec une fidélité rare à ses convictions humaines et artistiques. Très tôt, elle s’est imposée comme l’une des premières grandes voix féminines du cinéma français contemporain, portant à l’écran des sujets longtemps considérés comme tabous : les violences conjugales, l’inceste, l’enfance blessée, les rapports de domination, mais aussi la puissance de résistance des êtres fragiles.
Son parcours est celui d’une combattante. Avec « Le Destin de Juliette », nommé au César du meilleur premier film, elle imposait déjà une œuvre habitée par une urgence morale et poétique. Mais c’est peut-être avec « La Vallée des anges » qu’elle exprime le plus radicalement son indépendance artistique. Ce film, tourné avec des moyens dérisoires — environ 30 000 francs de l’époque selon ses propres évocations — demeure pour elle une œuvre essentielle, presque un manifeste intime : celui d’un cinéma libre de toute pesanteur commerciale, porté par le désir pur de création.
Cette liberté insolente traverse également son magnifique livre « L'insolente liberté des boutons d'or », œuvre autobiographique bouleversante où elle raconte l’enfance, les blessures, la découverte du monde et l’apprentissage de la révolte sensible. Elle y évoque notamment la découverte d’Arthur Rimbaud à l’âge de quinze ans, rencontre fondatrice avec une parole poétique qui allait nourrir toute sa vie intérieure. Chez elle, Rimbaud n’est pas une référence décorative : il est une secousse existentielle, une manière de regarder le monde avec brûlure, insolence et désir d’absolu.
Il existe d’ailleurs chez Aline Issermann quelque chose de profondément rimbaldien : le refus des conformismes, l’attention aux êtres rejetés, la quête d’une liberté intérieure irréductible, mais aussi cette capacité à mêler la violence du réel à une douceur presque enfantine. Ses films et ses écrits avancent toujours sur cette ligne fragile entre la lumière et les blessures.
Sa présence à la tête du jury des Rimbaud du Cinéma 2026 nous est apparu comme une évidence artistique et spirituelle. Car elle incarne un cinéma qui n’obéit ni au marché ni aux modes, mais à une nécessité intérieure. Un cinéma qui, comme la poésie de Rimbaud, cherche moins à plaire qu’à révéler.

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