06/05/2026
C’est une photo de mon cahier de cours.
Enfin… de mon cahier qui me suit partout.
Mon cahier-super-pouvoir.
Parmi les élèves que j’accompagne, il y a une élève de 6e avec beaucoup de difficultés. Peu importe lesquelles ici. Ce qui compte, c’est qu’il m’a fallu du temps pour gagner sa confiance.
Mais maintenant, souvent, nous formons un duo qui fonctionne.
En partie grâce à ce fameux cahier.
L’autre jour :
— Sybille, tu peux me dessiner un éléphant ? — Tu fais tes maths avant ? — Non. — Alors pas d’éléphant.
Oui, je sais. Négociation de haut niveau.
Cette élève a des capacités, mais l’entrée dans la tâche est parfois compliquée : opposition, manque d’intérêt, fatigue, envie de faire autre chose… peu importe, c’est son labyrinthe du moment.
— S’il te plaît, je veux un éléphant. — Maths d’abord.
Spoiler alert : si vous voyez la photo du dessin, c’est que les maths ont été faits.
Quand je dis que ce cahier est mon super pouvoir…
Je dessine pour eux. Ils aiment.
Je dessine aussi pour moi. Et souvent, ils aiment aussi.
Avec cette élève, j’ai réussi à l’apprivoiser grâce à un dessin d’hippocampe. Ensuite, nous avons passé une heure toutes les deux en bibliothèque à regarder des hippocampes, à en parler, à suivre le fil.
Il faut parfois être créatif pour entrer en relation.
Je sais que demain, dans les couloirs, elle viendra peut-être me parler de tortues, de lapins ou d’une baudroie des abysses surgie de nulle part.
Et moi, je lui répondrai probablement :
« Attitude correcte en maths, cahier tenu en SVT, et pas de bruitages en français. Après, on reparle de ta baudroie. »
Bref.
Le dessin, c’est ma cape, mon “S” sur le torse.