08/09/2026
Il y a trois ans, on galérait. Aujourd'hui, l'industrie du jeu vidéo française est en crise, l'audio plus que tout le reste. Et pourtant, on travaille sur trois continents.
Notre modèle s'effondre, ici en France particulièrement.
Il y a six mois à peine, notre président parlait d'interdire les jeux vidéo pour leur soi-disant dangerosité envers les mineurs. Aujourd'hui, il veut créer un festival international du jeu vidéo. WTF ?? Comprenne qui pourra.
Le vrai problème, c'est que rien n'est fait pour régler les vrais problèmes de notre secteur : l'IA qui grignote le travail, trop de formations qui forment bien plus de monde que le marché ne peut en absorber, aucune législation réelle pour protéger tout ça, et un manque général de compétitivité à l'international.
Mais à l'inverse, trop de concurrence entassée sur un tout petit territoire. Et les entreprises disparaissent les unes après les autres. Regardez rien que la région Occitanie : le nombre de studios qui ont fermé récemment, qui ont avorté avant même de sortir un jeu, ou qui luttent pour survivre en ce moment même.
Quelques chiffres, parce que ce n'est pas qu'un ressenti :
- -71% d'offres d'emploi dans le jeu vidéo en France en 3 ans.
- +80 candidatures en moyenne par poste.
- 113 candidatures par annonce pour seulement 62 annonces en télétravail rien qu'en 2025.
En Occitanie, 2 des 3 plus gros recruteurs de la région sont soit liquidés, soit en grande difficulté (Midgar, Plug In Digital) à eux deux, ils représentaient 36% de toutes les annonces en 2025.
Et si on regarde l'audio spécifiquement, c'est pire :
- -81% d'offres d'emploi en seulement 3 ans. Le secteur le plus touché en France, et dont personne ne parle ni ne semble se soucier.
- Seulement 4 postes ouverts sur tout le territoire national en 2025, pour 158 candidatures.
- Sur ces 4 offres, une seule était en freelance.
Saturation totale du marché. C'est exactement pour ça qu'on est allés voir ailleurs.
La solution n'est pas à l'intérieur de ce territoire. Elle est à l'extérieur. Construire de vrais partenariats, aller voir ailleurs, refuser d'attendre un marché qui ne reviendra pas.
C'est exactement ce dont on a parlé sur scène à la CIGC à Shanghai cette année, aux côtés de nos partenaires pendant China Joy. Et c'est exactement la conversation que j'ai en ce moment même à Vancouver, alors que le XDS démarre. Ville différente, même question que tout le monde dans cette industrie devrait se poser.
Je ne crois pas au hasard. Diriger une entreprise, c'est anticiper, assumer, et prendre des décisions difficiles avant d'y être forcé.
Aujourd'hui, Light Fader tient debout, travaille et grandit sur trois continents : enregistrement à Londres, collaboration avec le Japon, sound design et mixage en France, partenariat en Chine, et maintenant des discussions business à Vancouver. Ce n'est pas de la chance. C'est ce qui arrive quand on refuse de couler.
Si vous êtes passés par là, ou si vous le vivez en ce moment même, j'aimerais vraiment savoir comment vous l'abordez. Quelle est votre stratégie ? Discutons-en. Vous n'êtes pas seuls.