15/04/2026
Proposer une représentation positive du monde. Quand on demande au dramaturge Wajdi Mouawad ce qu’il faut faire avec les enfants dans ce monde à feu et à sang. Que doit-on leur dire de ce monde que nous ne comprenons plus, que nous ne reconnaissons plus??
Comment leur faire croire à la solidité des valeurs qui nous sont les plus chères, les plus précieuses, au moment même où elles sont piétinées, broyées sous le rouleau compresseur de la bêtise, de l’avidité et de la haine?
Il a cette très jolie réponse, comme un conte ou une parabole.
Il raconte qu’un jour alors qu’il est dans un pays nordique, il assiste à une fête, la célébration de la disparition du soleil.
Ce soir-là, les hommes célèbrent le coucher du soleil qui ne réapparaîtra pas pendant six longs mois.
Alors Wajdi Mouawad s’interroge: Mais les petits enfants qui ne verront pas le soleil pendant six mois s’en souviendront-ils?
Le reconnaîtront-ils?
Ce qu’il faut, lui répond-t-on, c’est que nous les adultes nous racontions le soleil aux enfants en son absence...
Voilà ce à quoi nous enjoint le poète.
Nous, les adultes, nous sommes les garants de la lumière. Nous sommes ceux qui devons la faire vivre pour les plus jeunes malgré l’obscurité.
Nous ne devons pas faiblir, pas désespérer car nous avons une mission, si nous voulons qu’un jour le monde retrouve son harmonie.
Ce qu’il y a de très beau dans cette histoire c’est l’espoir qui y préside, car le soleil va revenir, à un moment ou à un autre, c’est une certitude même si son absence est longue.
Tout comme la paix, la justice, le respect de l’autre un jour reviendront si nous continuons d’entretenir les petites flammes qui en restent.