L'écho du fleur oubliée

L'écho du fleur oubliée J’écris ces choses qu’on tait, ces douleurs qu’on range derrière un sourire.

Ils parlent d’amour perdu, de silences qui font plus mal que les cris, d’âmes qui brûlent en silence dans des corps trop calmes.

Ce qui me tient debout(Poème sur mon Ikigaï)Je me suis souvent demandéce qui me faisait tenir.Dans les nuits sans sommei...
03/08/2025

Ce qui me tient debout
(Poème sur mon Ikigaï)

Je me suis souvent demandé
ce qui me faisait tenir.
Dans les nuits sans sommeil,
dans les silences trop lourds,
dans les absences qui crient
plus fort que les adieux.

J’ai tout perdu, parfois.
L’amour.
La santé.
La confiance.
Même la foi que demain aurait un goût différent.
Et pourtant je suis là.
Pas seulement vivant.
Présent.
Têtu.
En marche vers quelque chose de plus grand.

Ce n’est pas un miracle.
Ce n’est pas non plus de la chance.
C’est une voix intérieure,
basse,
sourde,
persistante,
qui me dit chaque jour :
"Tu as quelque chose à offrir."

C’est mon Ikigaï.

Ce n’est pas une ambition dorée,
ni un grand rêve hollywoodien.
C’est plus humble,
plus enraciné.
C’est un feu discret qui éclaire sans brûler.

C’est la farine entre mes doigts,
la chaleur du four,
le pain que je façonne et que je partage.
C’est ce métier que j’ai fait mien,
où mes mains racontent
ce que mon cœur parfois n’ose plus dire.

C’est aussi cette envie de transmettre,
de réformer,
de comprendre.
Ce besoin d’aligner ce que je suis
avec ce que je fais.
De réparer ce qui coince dans les structures,
dans les équipes,
dans les hommes.

C’est cette capacité à voir les choses
quand d’autres les ignorent.
À sentir ce qui cloche
avant que tout n’éclate.
À proposer mieux,
même si c’est plus difficile.

C’est mon amour pour les gens,
malgré leurs angles coupants.
Ma tendresse intacte,
même après les trahisons.
Mon besoin viscéral
de laisser les choses
plus belles que je les ai trouvées.

C’est mon passé
que je ne renie pas.
Mes failles,
mes tempêtes,
mes excès.
Ils sont devenus
mon expertise émotionnelle,
mon socle d’humanité.

C’est aussi cette voix,
presque f***e,
qui me pousse à écrire.
À transformer l’invisible
en mots.
À redonner forme au chaos
en poèmes,
en images,
en gestes.

Et parfois…
parfois, c’est juste le fait de savoir
qu’il y a quelque part,
quelqu’un,
qui lira.
Qui comprendra.
Qui sera touché.
Et que cela aura suffi à justifier ma journée.

Mon Ikigaï,
c’est ça.

Ce fil rouge
qui relie mes contradictions,
mes excès de cœur,
mes intuitions trop fortes,
mes nuits sans fin,
mes matins qui doutent,
mes gestes fatigués
et ma rage de construire quand même.

C’est ce que je suis
quand je ne joue plus de rôle.
Quand je n’ai plus besoin d’expliquer.

Quand je crée.
Quand j’aide.
Quand j’aime.
Quand j’ose.
Quand je recommence.

Encore.

Kintsugi(Ce que l’or révèle)Ils m’ont ditqu’il fallait recoller les morceaux.Discrètement.Proprement.Comme si la brisure...
02/08/2025

Kintsugi
(Ce que l’or révèle)

Ils m’ont dit
qu’il fallait recoller les morceaux.
Discrètement.
Proprement.
Comme si la brisure était une honte.
Comme s’il fallait faire comme si
rien n’avait jamais cédé.

Mais moi,
je me suis souvenu du Japon.
De cette tradition silencieuse
où l’on ne cache pas la cassure,
où l’on la souligne.
Avec de l’or.

Le kintsugi.
Ce mot doux
comme un baume sur une faille.
Cette pratique
qui fait des cicatrices
un chef-d'œuvre.

Alors j’ai repris les morceaux.
Les miens.
Ceux que la vie avait fracturés,
que l’amour avait ébréchés,
que les échecs avaient émiettés.

Je les ai regardés sans honte.
Je les ai nettoyés avec mes larmes,
polis avec mes silences,
assemblés avec patience.
Et j’y ai coulé mon or.

Pas de l’or acheté,
non.
Un or plus intime :
le pardon.
La lucidité.
La tendresse pour celle ou celui que j’étais
quand tout s’est brisé.

J’ai vu que mes failles
avaient un tracé unique,
comme une carte
menant vers ma vérité.

Ce que j’ai recollé
n’est pas comme avant.
C’est plus fort.
Plus beau.
Plus réel.

Je suis un vase fêlé,
mais doré à vif.
Je suis un bol de douleurs,
mais empli d’or.

Et si tu veux vraiment me connaître,
ne regarde pas ce qui reste intact.
Regarde ce qui a été réparé.

C’est là que je suis.

Renaître, peut-êtreIl y a dans un coin de moi,une boîte scellée.Un coffret ancien,posé sur l'étagère obscure de mes sile...
01/08/2025

Renaître, peut-être

Il y a dans un coin de moi,
une boîte scellée.
Un coffret ancien,
posé sur l'étagère obscure de mes silences.
Dedans, tout ce que j'ai tu.
Tout ce que j’ai subi sans mot,
les cris étouffés,
les coups non physiques,
les trahisons minuscules mais continues,
les blessures invisibles mais bien localisées.

Je l’ai enfermée.
Par peur, par fatigue,
par besoin de rester fonctionnel.
Car on ne reconstruit rien
avec des cendres encore chaudes entre les mains.

Et pourtant...
quelque chose palpite à nouveau.
Un souffle, un murmure,
comme un battement de cœur sous la pierre.
Pas une joie éclatante,
pas un rire clair.
Mais une envie douce,
presque timide,
de me réécrire.

Ce n’est pas encore une renaissance.
Plutôt une mue,
une métamorphose intérieure
qui ne sait pas encore si elle deviendra papillon
ou juste un homme un peu plus solide.

L’Ikigai revient parfois,
comme une étoile cachée par les nuages.
Il me rappelle que je suis né pour quelque chose,
même si je ne sais pas encore quoi.
Et le Kintsugi veille,
me montrant que je peux être fendu
sans être fini,
brisée sans être à jeter.

Ma boîte de Pandore ?
Elle est toujours là.
Mais je n’ai plus besoin de la garder fermée
avec autant de violence.
Parfois, j’en entrouvre le couvercle,
j’en laisse sortir une larme, un mot, un souvenir.
Et je découvre que ce n’est pas le chaos
qui s’en échappe…
mais la vérité.

Et peut-être…
la lumière aussi.
Celle qui ne vient pas du ciel,
mais du dedans.
Ma propre lumière.
Pas aveuglante,
pas parfaite,
mais mienne.

Je suis un champ de tempêtesJe suis un champ de tempêtes,et pourtant, j’apprends à vivre au milieu.À comprendre le vent,...
29/07/2025

Je suis un champ de tempêtes

Je suis un champ de tempêtes,
et pourtant, j’apprends à vivre au milieu.
À comprendre le vent,
à accueillir l’orage,
à lire les éclairs comme on lit des indices.

Je suis un chaos organisé,
un tourbillon de pensées
qui se battent pour exister
en même temps.
Un cerveau qui brûle
pour des choses que d’autres effleurent.

J’ai été le rêveur distrait,
le re**rdataire coupable,
l’ami qui oublie de répondre,
le travailleur brillant mais instable,
le passionné d’un jour,
le découragé du lendemain.

J’ai perdu des opportunités
et des gens
à cause d’un monde
qui ne tolère pas la différence
qu’il ne comprend pas.

Mais je suis aussi
celui qui ressent plus fort,
qui crée plus libre,
qui aime avec une intensité
qu’on ne peut pas feindre.

J’ai fait la paix avec le fait
que je ne serai jamais linéaire.
Mon chemin est fait de détours,
de traversées étranges,
de nuits sans sommeil
et de jours en feu.

Je ne suis pas un défaut à corriger.
Je suis une autre façon d’exister.

Et si je suis difficile à suivre,
je suis aussi inoubliable.
Car vivre avec moi,
c’est être témoin
d’un monde intérieur
où tout est amplifié,
où chaque moment est une bataille,
mais aussi un miracle.

Je ne guéris pas.
Je m’apprivoise.

Et c’est déjà
beaucoup.

Le temps me glisse entre les doigtsJe vis dans une horloge cassée.Les aiguilles tournentsans me prévenir.Une seconde dev...
24/07/2025

Le temps me glisse entre les doigts

Je vis dans une horloge cassée.
Les aiguilles tournent
sans me prévenir.
Une seconde devient une heure,
et une journée s’efface
comme un rêve au réveil.

Je veux commencer.
Je le promets.
Je le décide même.
Mais entre l’élan
et le mouvement,
il y a le vide.

Je m’assois pour faire,
et je me lève sans avoir rien fait.
Non pas par paresse,
mais par décalage.
Entre ce que je veux,
et ce que je peux.

Je regarde le monde avancer
comme un train que je n’arrive jamais à prendre.
Je suis à quai,
à l’heure pourtant,
mais toujours à côté.

Les tâches s’accumulent
et deviennent des montagnes.
Je les repousse,
elles m’écrasent.
Je me dis "demain",
puis "ce soir",
puis "après".
Et je me déteste de ne pas y arriver.

Je suis fatigué
de me battre contre moi-même.
De voir les gens penser
que je choisis ce re**rd,
ce chaos,
cette inertie.

Mais moi aussi je veux être à l’heure.
Moi aussi je veux terminer ce que je commence.
Moi aussi je veux que les minutes
aient un poids égal,
qu’elles cessent de me fuir
comme de l’eau entre les doigts.

Je ne procrastine pas.
Je lutte avec l’instant.

Et parfois,
juste parfois,
j’y arrive.
Mais c’est une victoire silencieuse
dans une guerre sans fin
contre l’oubli
et la dérive.

L’ennui me dévoreJe ne sais pas m’arrêter.Pas parce que je suis infatigable,mais parce que le videme fait peur.Le calme ...
23/07/2025

L’ennui me dévore

Je ne sais pas m’arrêter.
Pas parce que je suis infatigable,
mais parce que le vide
me fait peur.
Le calme m’étouffe,
l’ennui me dévore.

Je cherche sans cesse
à m’occuper,
à m’enthousiasmer,
à me remplir.
Pas par caprice,
mais par survie.

Mon esprit réclame du feu,
de la nouveauté,
du mouvement.
Sans ça, il s’écroule.
Il m’emprisonne
dans des pensées trop grandes
pour être domptées.

Alors je saute de tâche en tâche,
de projet en projet,
de passion éclair en obsession brûlante.
Je consomme,
j’absorbe,
je crée sans relâche…
et je m’effondre.

J’ai toujours peur de ne plus ressentir.
De tomber dans le gris,
dans ce néant intérieur
qui n’a pas de murs,
pas d’issue.

Ce n’est pas que je veux tout,
c’est que j’ai besoin de tout
en même temps.
Une faim de vivre
qui me brûle les mains,
et me laisse vide au réveil.

Parfois, je m’étourdis
juste pour ne pas penser.
Je m’inonde d’écrans,
de musique,
de projets irréalisables.
Je repousse l’instant
où je devrais simplement être.

Mais être, pour moi,
c’est déjà trop.

Alors je cours.
Et je recommence.
Encore et encore.
Espérant qu’un jour,
le silence ne me fasse plus peur.

À fleur de toutIl n’y a pas de demi-mesure.J’aime trop.Je pleure fort.Je ris sans filtre.Je réagis avant de comprendre.J...
21/07/2025

À fleur de tout

Il n’y a pas de demi-mesure.
J’aime trop.
Je pleure fort.
Je ris sans filtre.
Je réagis avant de comprendre.
Je suis un être à fleur de tout.

Le monde me traverse
sans tampon,
sans voile.
Chaque regard me marque,
chaque mot m’égratigne,
chaque silence me questionne.

Un sourire me porte toute une journée.
Un soupir m’effondre.
Je ressens avant de raisonner,
je vis dans l’intensité,
pas dans l’équilibre.

On me dit "dramatique",
"trop sensible",
"instable".
Mais ce n’est pas une mise en scène.
C’est mon corps,
mon cœur,
ma chimie intérieure qui s’emballe
au moindre frisson de l’extérieur.

Un compliment me bouleverse.
Un reproche me hante.
Je peux rester des heures à repenser
à une phrase mal dite,
à un message sans réponse,
à un regard qui m’a échappé.

Je ne suis pas faible.
Je suis amplifié.
Chaque émotion est une vague
que je dois apprendre à surfer,
chaque interaction
une tempête ou une accalmie.

J’aimerais être imperméable,
parfois.
Pouvoir respirer
sans être submergé.

Mais cette hypersensibilité,
c’est aussi ce qui me rend vivant.
Ce qui me permet d’aimer fort,
d’écrire avec le cœur,
de ressentir le monde
dans toute sa beauté brute.

Je suis sans armure,
et parfois,
ça fait mal.
Mais parfois aussi,
ça éclaire tout.

Les rustines invisiblesJe ne vis pas comme vous.Je survis en tissantdes routines fragiles,des alarmes multiples,des rapp...
20/07/2025

Les rustines invisibles

Je ne vis pas comme vous.
Je survis en tissant
des routines fragiles,
des alarmes multiples,
des rappels collés partout
comme des rustines sur mon chaos.

Je n’ai pas de mémoire linéaire,
alors je laisse des traces.
Des post-its,
des cahiers,
des carnets où je note tout
dans l’espoir que demain,
je m’en souvienne.

Je structure ce qui déborde.
Je planifie l’imprévu,
je crée des systèmes pour ne pas m’effondrer
chaque fois que le quotidien devient labyrinthe.

Les autres pensent que je suis organisé.
Mais ils ne voient pas
que chaque case cochée
est une victoire sur la confusion.
Que chaque minute respectée
est une lutte contre moi-même.

Je vis entouré de règles que je m’invente,
de phrases que je me répète,
de techniques volées ici et là
pour tenir debout dans un monde
qui n’a jamais été pensé pour moi.

Je suis un architecte du fragile.
Et si tu regardes bien,
tu verras que chaque chose dans mon sac,
chaque application sur mon téléphone,
chaque habitude que j’ai mise en place,
est un garde-fou.

Je ne suis pas paresseux.
Je suis en maintenance constante.
Je ne suis pas en re**rd,
je me bats contre le temps.

Je ne suis pas distrait,
je suis noyé dans le trop-plein.

Et pourtant, je m’adapte.
Je construis,
j’optimise,
je survis.
Avec mes rustines invisibles,
je fais tenir une vie qui tangue
sans jamais vraiment sombre

L’usine à nuagesJe m’assois à mon bureau,le cœur volontaire,la tête pleine de projets,le corps décidé à réussir.Et puis,...
14/07/2025

L’usine à nuages

Je m’assois à mon bureau,
le cœur volontaire,
la tête pleine de projets,
le corps décidé à réussir.
Et puis, je fixe l’écran,
les pages, les chiffres,
les consignes…
et je m’évapore.

Mes pensées m’entraînent
ailleurs,
dans un souvenir,
dans une idée brillante,
dans une chanson que je n’ai pas entendue depuis longtemps.
Je reviens à moi
comme on revient d’un rêve,
honteux,
déjà en re**rd.

Je veux bien faire.
Mais parfois, je ne comprends pas l’ordre logique
que l’on attend de moi.
Je saute des étapes,
je m’emmêle dans les priorités,
je commence cinq choses à la fois
et n’en termine aucune.

Et pourtant,
je pense,
je comprends,
je vois les connexions que d’autres ignorent.
Mais ma méthode
ne rentre pas dans les grilles,
ni dans les bullet points.

Je fatigue vite.
Pas physiquement,
mentalement.
Ce combat silencieux pour rester concentré
me laisse vidé,
épuisé d’avoir tenu
juste deux heures.

Et puis vient la culpabilité.
L’impression d’être moins que les autres,
de tricher même en essayant.
"Tu as tant de potentiel",
me dit-on,
comme un reproche déguisé.

Ce qu’ils ne savent pas,
c’est que je donne tout.
Chaque jour.
Même quand rien ne se voit.

Je suis une usine à nuages,
pas une machine.
Je fonctionne par éclairs,
par orages créatifs,
par intuitions soudaines.
Mais demande-moi de suivre une ligne droite,
et je chancelle.

Je travaille différemment.
Mais je travaille.
Et parfois,
je brille d’une lumière qu’on n’attendait pas,
juste à côté des cases.

Les mots qui dépassentIl y a ces momentsoù je parle trop vite.Où les mots jaillissentavant d’être triés,où mon enthousia...
12/07/2025

Les mots qui dépassent

Il y a ces moments
où je parle trop vite.
Où les mots jaillissent
avant d’être triés,
où mon enthousiasme déborde
au milieu d’un silence qui n’était pas à moi.

Je coupe la parole
sans le vouloir,
je termine les phrases
par peur d’oublier ce que j’ai à dire,
je ris trop fort,
je réponds trop vite,
et parfois je me referme
aussi brutalement que je m’étais ouvert.

Après, je m’en veux.
Je repasse la scène,
je réécoute chaque mot,
chaque sourire gêné,
chaque soupir de celui qui en face
ne comprend pas ce débordement.

Ils croient que je suis impoli,
égocentré,
immature.
Mais ce qu’ils ne voient pas,
c’est le cœur qui bat trop vite,
la peur de décevoir,
la crainte de ne pas exister
si je ne parle pas maintenant.

Ils ne voient pas
que derrière cette impulsivité
se cache une angoisse discrète :
celle d’être oublié,
d’être de trop,
ou pas assez.

Alors je donne trop,
trop d’énergie,
trop d’attention,
trop de moi,
et parfois je me retire soudain
parce que je me sens nu,
trop exposé,
trop fragile.

Dans les amitiés,
dans l’amour,
c’est pareil.
Je peux être là
de tout mon être,
jusqu’à ce que je sente
que je deviens un poids.
Alors je disparais,
sans explication,
avec cette honte muette
qui me ronge.

J’aimerais être simple.
Dire juste ce qu’il faut.
Rire quand il faut,
me taire quand il faut,
partir quand il faut.

Mais je suis ce courant d’air,
cette tempête douce,
cet élan trop fort.
Et malgré tout,
j’aime fort.
Je suis loyal.
Je suis là,
même quand mon esprit part trop vite.

Si seulement on voyait,
derrière mes mots qui dépassent,
le cœur qui tremble
de vouloir bien faire.

Le temps qui fuitIl y a ce tempsqui m’échappe,glisse entre mes doigtscomme de l’eau qu’on essaie de retenir.Je me lève l...
10/07/2025

Le temps qui fuit

Il y a ce temps
qui m’échappe,
glisse entre mes doigts
comme de l’eau qu’on essaie de retenir.

Je me lève le matin
avec des promesses aux lèvres,
des projets entiers dans la tête,
des listes que je me récite
pour me convaincre que, cette fois,
je tiendrai le fil.

Mais le temps se distend,
se plie,
se dissout.

Je commence une tâche,
puis une autre,
puis je pense à autre chose,
puis je m’en veux.
La procrastination n’est pas de la paresse,
c’est un blocage invisible,
une montagne érigée dans mon esprit
au milieu d’un simple pas à faire.

Tout devient urgent,
tout devient flou,
je regarde l’horloge
et je me déteste
de voir filer ces heures
où je n’ai pas su avancer.

On me dit "juste fais-le",
mais si c’était si simple…
Si je pouvais expliquer
le poids de l’inaction,
la culpabilité qui s’accumule,
l’épuisement de lutter contre moi-même
pour lancer ce mouvement.

Et puis parfois,
dans un élan désespéré,
je fais tout d’un coup,
dans l’urgence,
dans la panique,
dans un chaos organisé
que moi seul comprends.

Mais après,
c’est la chute.
La honte de ne pas savoir gérer,
l’usure de devoir se battre
pour chaque seconde d’efficacité.

Le temps pour moi
est une rivière en crue,
et je nage sans cesse
pour ne pas me noyer
dans l’oubli de mes propres priorités.

Le battement à contre-tempsJ’ai longtemps cruque je devais me réparer.Devenir "normal".Ralentir mes pensées,caler mon ry...
08/07/2025

Le battement à contre-temps

J’ai longtemps cru
que je devais me réparer.
Devenir "normal".
Ralentir mes pensées,
caler mon rythme sur celui des autres,
apprendre à marcher droit
sur cette ligne invisible
que l’on m’a tracée sans me demander.

J’ai eu honte
de ce trop plein en moi,
de mes idées qui jaillissent sans filtre,
de mes oublis que je déguisais en blagues,
de mes erreurs que je cachais sous des sourires fatigués.

J’ai tenté de me lisser,
de devenir prévisible,
de plaire,
de m’adapter à la vitesse du monde
qui voulait que je sois productif,
calme,
régulier,
docile.

Mais le battement en moi
n’était pas celui-là.
Il ne s’accordait pas au métronome
des journées rangées,
des cases horaires,
des to-do lists immobiles.

Le battement en moi
était celui de la curiosité brute,
de l’enthousiasme démesuré,
de l’émotion débordante,
de la créativité soudaine,
de l’intuition fulgurante.

Ce battement à contre-temps
est devenu mon identité,
non pas un défaut à corriger,
mais une vérité à apprivoiser.

Il m’a appris à m’aimer
dans mes zigzags,
dans mes élans imprévisibles,
dans ma façon de ressentir le monde
à 200% ou pas du tout.

J’ai compris que je n’étais pas cassé.
Je suis juste fait différemment,
avec un cerveau qui court vite,
un cœur qui bat fort,
et une âme qui refuse de s’endormir.

Ce trouble
n’est pas une prison,
c’est une carte
pour explorer des chemins
que peu osent emprunter.

Et chaque jour,
je choisis d’en faire
une force.
Pas malgré lui,
mais avec lui.

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