22/05/2026
Hier soir se tenait la 24e édition des Victoires du Ja au studio 104 de la maison de la radio et de la musique.
Une cérémonie importante du paysage musical français, pensée pour célébrer celles et ceux qui font vivre, évoluer et rayonner le jazz aujourd’hui. Mais comme beaucoup d’institutions culturelles, les Victoires du Jazz racontent aussi les déséquilibres du milieu qu’elles représentent.
Parce qu’il faut le rappeler : en 2017, l’absence totale de femmes nommées avait provoqué une vive polémique dans le monde du jazz français. Plusieurs musiciennes, critiques et professionnelles dénonçaient alors un système qui invisibilisait encore largement les instrumentistes, compositrices et cheffes d’orchestre.
Cette année, les femmes étaient davantage présentes dans les nominations. Une évolution importante, notamment dans des catégories instrumentales historiquement très masculines. Mais la question de la représentation ne s’arrête pas là.
Car il reste frappant de constater le peu d’artistes noires visibles dans cette sélection, dans un genre musical pourtant né des communautés afro-américaines, de l’histoire noire, des héritages du blues, du gospel et des musiques issues de la diaspora africaine.
Et ce manque de visibilité dit aussi quelque chose du jazz en France : de la manière dont certaines esthétiques sont institutionnalisées, de qui est légitimé à occuper l’espace médiatique et culturel, et de la difficulté persistante à reconnaître pleinement les artistes racisé·es dans certains circuits de consécration.
Toutefois célébrer les artistes présentes cette année reste essentiel. Alors nous félicitons ces 4 magnifiques artistes lauréates de cette édition.