14/12/2025
Akantha
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« Logées avec une douceur presque rituelle dans leur écrin — de bois brut, de granit ou d’Albâtre — Les ronces sont enserrées comme des secrets enfouis. Les œuvres semblent provenir d’un autre temps : non pas celui que l’on mesure, mais celui qui s’oublie, se fige, se recouvre. Entre le végétal et l’architectural, les formes émergent des profondeurs d’une forêt en veille, comme des reliques oubliées, figées dans un temps suspendu.
Elles convoquent l’imaginaire des friches oubliées, des maisons dévorées par les saisons, où les murs s’effondrent sous le poids de la végétation et des secrets.
Le bois — socle vivant mais pétrifié — en devient le témoin silencieux, protecteur et complice. L’albâtre, presque éthérée, laisse filtrer une lumière douce, presque surnaturelle, comme un souffle fugace avant le retour de l’ombre. Le granit noir, déploie une présence gravée dans la matière, une empreinte d’immensité, presque obsidienne, qui recouvre l’œuvre d’un voile silencieux, mystérieux, profond. Rien de lugubre ici pourtant, malgré les ombres qui rôdent : il s’agit plutôt d’une peur séduisante, d’une inquiétude douce comme un conte ancien.
Les Akantha, dans leur entrelacs défensif, ne blessent pas — elles gardent. Elles sont les gardiennes d’un passage, peut-être d’un temple abandonné, d’une histoire jamais écrite ou d’un rêve enfoui sous les mousses. Leur entrelacs évoque les enluminures oubliées, les fresques naturelles dessinées par le temps.
Trophées d’un monde imaginaire ou clés vers un ailleurs, les Akantha ne se donnent pas entièrement : elles invitent à la contemplation, à la lente immersion. Comme dans les contes de Perrault, la forêt enferme autant qu’elle révèle — et ici, dans l’ombre des bois figés, quelque chose attend encore d’éclore. »
Texte Virginie Mercier
Photo
Ronce de porcelaine émaillée sur socle en bois, albâtre ou pierre de granit.
l. 24 x L. 60 x P. 4/5 cm
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Enameled porcelain bramble on a wooden, alabaster, or granite base.
l. 9.45 × L. 23.62 × P. 1.57–1.97 inches
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