14/05/2026
Les cons…
J’peux pas m’en dissocier.
J’peux pas faire genre j’suis au‑dessus,
j’suis pas née dans la lumière
avec un diplôme de clairvoyance collé au front.
Non.
J’suis comme tout le monde.
J’ai mes angles morts,
mes jours de travers,
mes phrases qui blessent sans faire exprès,
mes certitudes qui sonnent creux
quand je les répète trop fort.
On est tous le con de quelqu’un.
Toi, moi, l’autre,
celui qui parle trop,
celle qui parle pas assez,
celui qui comprend de travers,
celle qui répond trop vite.
On est tous le con de quelqu’un
parce qu’on voit pas pareil,
parce qu’on vit pas pareil,
parce qu’on aime pas pareil.
Et parfois,
être le con de quelqu’un,
c’est juste avoir été au mauvais endroit
dans la mauvaise version de soi.
Alors j’parle pas des cons
comme si j’étais pas dedans.
J’parle de nous,
de nos maladresses,
de nos fiertés mal rangées,
de nos peurs qui prennent la parole à notre place.
On est tous le con de quelqu’un,
mais c’est pas grave.
C’est même ça qui nous relie.
Parce qu’au fond,
ce qui compte,
c’est pas d’éviter d’être con.
C’est d’être capable
de s’en rendre compte
avant de s’y installer.