Les Gouffres Amers

Les Gouffres Amers Compagnie de théâtre

2024 à L’ENSATT – Sanctuaire de William Faulkner. Mise en scène Florian Remblier :«Quand j’ai repris le texte en vue de ...
27/04/2025

2024 à L’ENSATT – Sanctuaire de William Faulkner.

Mise en scène Florian Remblier :
«Quand j’ai repris le texte en vue de sa création, j’ai d’abord voulu répondre à des limites que j’avais observées lors du premier travail. En voyant qu’il me manquait une direction narrative dans l’opacité du roman, j’ai essayé de créer un texte qui suivait davantage le sens, et quand je suis arrivé au plateau je sentais non seulement que ça ne m’activait pas, mais aussi que je voulais aller ailleurs. Je me suis retrouvé tiraillé entre une approche dramaturgique (retranscription du sens d’un texte au plateau) et une réécriture scénique (invention d'une histoire inspirée du texte). J’ai compris par cette expérience, que dans l’ensemble de mon travail – écriture compris – je ne cherche pas en amont à produire une histoire ; je fonctionne à la fascination ; je plonge dans un endroit qui me fascine. Et ça peut poser problème quand on essaie de comprendre ce que je fais, car il n’y a pas grand-chose à en dire. Ici (et peut-être ailleurs dans mes travaux) ce ne sont que des hommes violents dans une maison. On se dit "c’est tout". On ressent comme moi, ce fameux sentiment de vanité, qui, au fond veut dire "ce n'est qu’une fascination". En relisant La littérature et le mal de Georges Bataille, je suis tombé sur ce passage traitant de Baudelaire : "Le Mal, que le poète fait moins qu’il n’en subit la fascination, est bien le Mal, puisque la volonté qui ne peut vouloir que le Bien, n’y a pas la moindre part. D’ailleurs il n’importe guère, à la fin, que ce soit le Mal : le contraire de la volonté étant la fascination, la fascination étant la ruine de la volonté […]. Baudelaire ouvrit dans la masse tumultueuse de ces eaux la dépression d’une poésie maudite, qui n’assumait plus rien, et qui subissait sans défense une fascination incapable de satisfaire, une fascination qui détruisait". Je suis lié à ce rapport-là ».

Jeu : Clara Maitrot, Matthieu Calvié, Valentin Chalus, Inès
Dhahbi, Victor Grenier, Baratunde Ba Muhoya Ali
Composition musicale et sonore : Francis St Germain
Lumière : Clélie Meynadier et Mathilde Robert
Scénographie : Blandine Granier
Costumes : Solène Godfrin et Camille Charlet

Crédit photo : David Anémian

2023 à L’ENSATT – première partie de l’adaptation du roman Sanctuaire de William Faulkner. Mise en scène Florian Remblie...
27/04/2025

2023 à L’ENSATT – première partie de l’adaptation du roman Sanctuaire de William Faulkner.

Mise en scène Florian Remblier :
« L’histoire gravite autour de Temple, une jeune fille bourgeoise qui se fait violer par Popeye, un malfrat impuissant (il se sert d’un épi de maïs). Ça se produit dans un repère de trafiquants d’alcool – la Vieille Maison du Français – habité par un couple, Lee Goodwin et Ruby Lamar, leur bébé mourant, ainsi que Tommy, sorte d’homme de main de Lee, d’idiot du village ; et de Pap, un vieillard sourd et aveugle. Mon idée de mise en scène était de prendre uniquement la première partie du roman, jusqu’au moment du viol, avant la séquestration de Temple. Ce qui m’a donné envie de faire ce spectacle est une chose que j’ai mis du temps à comprendre : les hommes violents dans cette maison – les hommes qui se battent ; et qui me font peur. Ce n’est pas le sens qui m’a inspiré ce spectacle, mais la sensation ».

Jeu : Julie Cecchini, Matthieu Calvié, Mathilde Briet, Vincent Dupuis, Quentin Varnat, Kevin Perrot, Valentin Chalus.
Son : Milhann Chodorowski
Scénographie : Blandine Granier
Costumes : Canelle Charlanes

2022, à L’ENSATT, Le Partage de midi de Paul Claudel. Mise en scène Florian Remblier : "Je voulais trouver une manière d...
27/04/2025

2022, à L’ENSATT, Le Partage de midi de Paul Claudel.

Mise en scène Florian Remblier :
"Je voulais trouver une manière de réussir à faire entendre les passages les plus lyriques de Claudel. Pour cela, j’ai mis en place une lenteur et une ambiance étrange, inquiétante ; un peu dérangeante ; pour voyager avec son imaginaire dans un monde où les mots nous parviennent comme des vagues de sens. Je travaillais le texte comme une partition musicale ; en utilisant les voix différentes des comédien.nes pour créer des changements de sonorités ; dans un jeu froid ; sans émotion ; en mettant un cadre lent que je pouvais casser avec une soudaine accélération ; et au fur et à mesure, j’ai senti que je pouvais remettre des émotions ; mais que je pouvais les choisir ; comme si je peignais une toile en noir et blanc et que d’un coup je jetais une couleur".

Jeu : Julie Cecchini, Matthieu Calvié, Samuel Roussel, Mathilde Briet, Vincent Dupuis
Son : Marine Swietlik, Guilhem Sarkis-Dumas, Lisa Fauran
Scénographie : Blandine Granier
Costumes : Canelle Charlanes

2022, à L’ENSATT, à partir de L’Être et le néant de Jean-Paul Sartre (des chapitres consacrés à autrui). Mise en scène F...
27/04/2025

2022, à L’ENSATT, à partir de L’Être et le néant de Jean-Paul Sartre (des chapitres consacrés à autrui).

Mise en scène Florian Remblier :
"Ce qui m’a donné envie de travailler ce texte c'est la langue de Sartre, qui est très incarnée pour de la philosophie. Il utilise la première personne du singulier, comme pour nous mettre en situation, pour faire l’expérience en direct de sa pensée.
Le texte demandait une forte concentration pour être suivi, donc je voulais créer les conditions qui permettraient cette écoute. J’essayais de mettre le public dans un état hypnotique, où il serait happé par la parole des comédien.nes ; qu’on entre dans la psyché des personnages ; de leurs obsessions et leur intimité . Il n’y avait presque pas de déplacement. Les corps des comé dien.nes restaient longtemps dans l’immobilité, ce qui créait une tension entre eux ; seulement à la fin – et c’était l’évènement –, l’un d’eux se déplaçait et parvenait à saisir l’autre, faisant l’expérience concrète de son échec, car à ce moment-là, cet autre s’évanouissait, et disparaissait dans la pénombre".

Jeu : Garance Malard, Victor Grenier
Son : Nils Rougé
Lumière : Georgia Tavares
Scénographie : Blandine Granier
Costumes : Tiphanie Bicheux

Tombeau, d'après Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat dans le cadre d'un atelier à L'ENSATT, en 2021.M...
02/01/2025

Tombeau, d'après Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat dans le cadre d'un atelier à L'ENSATT, en 2021.

Mise en scène Florian Remblier :

"Je n’ai pas cherché à retranscrire ce que le texte voulait dire. Je me suis emparé des motifs horrifiques et poétiques qu’il y avait à l’intérieur pour recomposer au plateau, avec les corps que j’avais (qui ne correspondaient pas à ceux du roman), une histoire qui s’inspirait d'un passage de Guyotat. C’est comme si j’avais fait un montage, une sélection, et que j’avais réinventé à l’intérieur de ce passage une sorte de cauchemar sur le mal, la violence et le désir. Pour moi c’était comme une création dramaturgique ; de l’écriture ; et en ce sens on pourrait rapprocher ce travail de l’écriture scénique".

Adresse

28 Rue Denfert-Rochereau
Lyon
69004

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