23/06/2026
Mardi, il fait toujours chaud mais au moins on est au frais pendant les projections.
On commence avec "Tana" de Ji ZHAO et Ke Er ZHU (Chine).
Tana est une jeune femme qui veut percer dans la musique. En dehors de sa vie assez dur dans une grande ville, elle a formé avec 2 amies un groupe. Pour briller dans l'émission à laquelle elles participent, elles mélangent rock et instruments traditionnels des steppes. Elles font un carton mais un juge les recale. Pour lui, Tana n'a pas compris l'esprit des steppes mais il lui donne un indice :"Agudamu". Tana est assez désespérée, son groupe doit passer par le repêchage. Elle reçoit alors un message urgent du médecin de son père et retourne à la campagne. Là elle apprend que son père a peut-être une tumeur au cerveau mais il ne veut pas de suivi, sans explication. Fâchée, Tana va dans sa chambre et tombe sur le vieil instrument de son père. En l'utilisant, elle en fait jaillir Chesnut, la Fér Violon. Elle lui demande de l'aider à convaincre son père. Elle va alors partir à la découverte du passé de ce dernier.
Tana est un film aux multiples facettes : il parle de la famille, de souvenirs, de pardon, de rêves, de musique traditionnelle, d'amitié et des steppes. Ces dernières sont un des points centraux du film : on découvre ses habitants, leur mode de vie, leur culture, leur proximité avec la nature. Une autre partie concerne la famille, celle de Tana et son père : petit à petit, on découvre leurs fêlures, les mensonges qui les ont séparés, les mots qui les ont perdus. De ce côté-là, avec également la thématique du rêve que l'on veut accomplir, on reste sur une histoire classique. Cependant, le film traite tout cela de manière suffisamment subtile que l'on suit les événements avec plaisir. Et la force des chants mongols, couplés à des effets visuels maîtrisés, sont un plus indéniable. C'est une bonne découverte.
On reste en Chine avec le prochain long métrage, "Nobody" de Shui YU. Grand succès dans son pays avec plus 15 millions de spectateurs depuis 2025, il accomplit un rêve pour son réalisateur. En effet, depuis qu'il était étudiant, il voulait venir à Annecy. Et il y est enfin, après 20 ans dans le métier de l'animation.
Deux Yaos (démons), un sanglier et un crapaud, sont obligés de fuir le "palais" auxquels ils étaient rattachés suite à une erreur. Entendant parlé de Sun Wukong, du prêtre Tang Sanzang et de leur 2 compagnons, ils décident de faire passer pour eux. Après avoir déterminé leur apparence, ils recrutent une belette bavarde et un gorille très peureux pour compléter leur équipe. Loin de savoir ce qui les attend, sachant à peine comment imiter leur cible, ils débutent leur voyage...
Le réalisateur voulait adapter un conte traditionnel chinois, autre que la Perigrination vers l'Ouest. Alors oui, ce n'est pas lui, mais le scénario de ce film y est quand même fortement lié. Il s'agit néanmoins avant tout de recherche de soi, de remise en question, de trouver sa place dans le monde : les 4 personnages que l'on suit ont chacun leur raison d'avancer. Le film a donc un fond sérieux mais ce qui domine, c'est l'humour. Tous les protagonistes, les situations, les dialogues : tout est là pour nous faire rire et ce, constamment. Difficile de garder son sérieux plus de 10 secondes. On aime ou on n’aime pas mais au moins cela ne laisse pas indifférent.
Suivant, Peleliu – Guerre au paradis (Peleliu – Guernica of Paradise) de Goro KUJI (Japon). Et on change à nouveau de registre avec la bataille de l'île de Peleliu, en 1944 dans l'océan pacifique. 10000 jeunes soldats ont été rassemblés pour défendre ce lieu. Tamaru est l'un d'entre eux. Fils de restaurateurs, aspirant mangaka, il dessine dès qu'il a un moment. Cette caractéristique et la mort d'un soldat proche de lui, le propulse à un nouveau poste : "chroniqueur des mérites". Il est maintenant chargé de répondre aux familles lors de la mort d'un soldat. Cela lui donne une raison supplémentaire pour noter tout ce qu'il voit. Mais malheureusement lui et ses camarades n'étaient pas prêt pour affronter la réalité de leur situation : ils ne sont pas là pour ralentir les américains, ils sont là pour mourir tout en apportant le plus de leurs ennemis avec eux. Et ainsi la terrible bataille commence...
Adapté d'un manga de Kazuyoshi Tekada, il met en scène la violence de la guerre de manière très crue. Et cela contraste d'autant plus avec l'aspect relativement mignon des personnages (enfin surtout les japonais). Rien ne nous est épargné : les démembrements, les attaques suicides, le patriotisme exacerbé, la folie des hommes... Ce film, réaliste et exigeant, est un plaidoyer contre l'absurdité de la guerre ainsi que l'histoire d'hommes ordinaires qui tentent de survivre. Techniquement il n'est pas parfait mais il a un rythme qui nous empêche de décrocher, aussi difficile que soient les images. C'est un film fort, mais essaye d'être neutre et objectif.
Et pour finir, à nouveau un film japonais avec Sekiro: No Defeat de Kenichi KUTSUNA. Il est adapté du jeu vidéo "Sekiro - Shadows Die Twice" créé par From Software en 2018.
Ashina est un lieu créé par le Sabre Divin, un samouraï extrêmement fort. Mais après 20 ans, cette force est devenue le germe d’un conflit avec le gouvernement. Pour protéger Ashina, plusieurs personnes se tournent vers Kuro, l’Héritier Divin du Dragon, dont on dit que le sang peut apporter l’immortalité. Le garde du corps de ce dernier, le shinobi Ôkami, va avoir beaucoup à faire pour protéger son maitre. Et ce, alors que les pouvoirs de celui-ci ont un contrecoup inattendu sur la population locale…
Reprenant assez fidèlement la trame du jeu vidéo, le film va à l’essentiel, tout en incluant quelques morceaux de bravoures plus ou moins superflu. Même les non-connaisseurs peuvent suivre l’histoire sans problème, l’ensemble étant cohérent avec suffisamment de contexte pour comprendre. On reste de toute manière dans un drame japonaise féodal typique, les armes « magiques » et les gadgets en plus. Le style graphique ressemble à de la peinture, ce qui donne un certain cachet mais nuit un peu à l’animation. Cependant les combats sont ultra dynamiques et on est vite pris dans l’action. Le problème est que si le film est d’assez bonne qualité, il reste destiné à un public de niche. Cela n’enlève pas ses qualités même s’il faut noter que le rythme de l’ensemble est assez haché, à cause du matériau de base.
Petit mot sur la séquence animée avec cette fois un hommage au cinéma indien et à Bollywood, saupoudré d’amour lesbien. Encore du très bon travail.
C’est tout pour aujourd’hui. A Demain !