03/01/2026
Une nouvelle année commence.
Le temps passe, inexorablement, et avec lui nos outils, nos technologies, nos chiffres, toujours plus nombreux, toujours plus rapides.
On parle d’évolution, de progrès, d’optimisation.
Mais parfois, on a surtout l’impression que l’essentiel se fait plus discret.
En ce début d’année, j’ai eu envie de prendre un peu de recul, de m’interroger sur ce que nous mesurons encore… et sur ce que nous ne mesurons plus du tout.
Sur ce que les chiffres disent — et sur ce qu’ils couvrent.
Il y a encore peu de temps, les chiffres faisaient sens, ou du moins ils donnaient l’illusion rassurante d’un monde lisible, mesurable, ordonné, dans lequel un nombre suffisait à situer une chose, une personne, une entreprise, comme si la réalité pouvait se résumer à quelques indicateurs bien visibles et facilement comparables.
Aujourd’hui, ces chiffres sont toujours là, omniprésents, brillants, parfois impressionnants, mais quelque chose s’est lentement distendu entre eux et le réel, au point que l’on continue à les consulter tout en sentant confusément qu’ils ne racontent plus ce qu’ils prétendent raconter. Ils parlent fort, ils saturent l’espace, ils s’imposent à nous, mais leur volume couvre désormais le sens même qu’ils étaient censés transmettre.
Ce phénomène ne concerne pas seulement le web. Il déborde largement des écrans de réseaux sociaux pour s’installer dans notre quotidien le plus concret, jusque dans ces moments où l’on cherche simplement à parler à quelqu’un. Appeler un service client, aujourd’hui, revient souvent à entrer dans un labyrinthe de voix synthétiques, de menus automatisés, de choix numérotés qui promettent une solution rapide tout en éloignant, pas à pas, toute possibilité de contact humain réel. On appuie sur des touches, on reformule sa demande pour une machine, on écoute des réponses parfaitement polies mais parfaitement impersonnelles, et l’on finit parfois par raccrocher sans avoir croisé une seule voix vivante.
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https://www.orvibe.fr/des-chiffres-qui-parlent-trop-fort-pour-dire-la-verite/
Le temps passe, les chiffres s’accumulent, et quelque chose se distend entre ce que l’on mesure et ce que l’on vit. Une réflexion sur le sens, l’automatisation et la place de l’humain.