Le Roi au coeur de glace

Le Roi au coeur de glace lecture et réalisation d'un livre

12/09/2026

Chapitre 35 : Étrange poudre

Le ciel était toujours sombre, il y avait des phénomènes électrique orageux sans réellement d'orage sauf a certains moments mais des éclairs bleu électrique balayer le ciel.
Aucun rayon de soleil ne parvenait véritablement à traverser cette étrange obscurité qui recouvrait désormais le monde.
Mais depuis quelques heures, un nouveau phénomène avait commencé.
Quelque chose tombait du ciel.
Une poudre étrange.
Des milliers de petits fragments glacés descendaient lentement dans l'air.
À première vue, cela ressemblait à de la neige.
Mais ce n'en était pas.
Les fragments étaient plus fins, plus irréguliers, presque comme de minuscules morceaux de glace réduits en poussière.
Ils tombaient sur les toits.
Sur les arbres.
Sur les routes.
Sur les champs.
Sur les rivières déjà partiellement gelées.
Et surtout…
Ils tombaient partout.
Le phénomène ne concernait plus une seule région.
L'ensemble du territoire en était désormais recouvert.
Les habitants sortaient de leurs maisons pour observer ce spectacle étrange.
Certains tendaient les mains.
D'autres regardaient le ciel avec inquiétude.
Personne ne savait ce qu'était cette poudre.
Personne ne savait d'où elle venait.
Et personne ne pouvait expliquer pourquoi elle avait commencé à tomber.
Atlas
À plusieurs kilomètres de là, un groupe de voyageurs approchait enfin d'Atlas.
Furax, Scyla, Sharkwer, Baldric et Benyamïn arrivaient aux portes de la cité.
Leurs regards se levèrent presque immédiatement vers le ciel.
La poudre glaciale continuait de tomber autour d'eux.
Benyamïn resta silencieux quelques instants.
Il observa les fragments qui se déposaient sur son armure.
Le monde avait changé.
Et ce changement semblait désormais impossible à arrêter.
Ils franchirent finalement les portes d'Atlas.
À l'intérieur de la cité, l'agitation était importante.
Les soldats préparaient le matériel.
Les chevaux étaient équipés.
Les a***s vérifiées.
Les réserves chargées.
Tout le monde savait qu'un départ approchait.
Norance
Pendant ce temps, beaucoup plus au nord, l'armée de Morgath atteignait enfin Norance.
Le bateau avait traversé le Fluvien malgré le froid et les difficultés rencontrées sur le chemin.
Les nains débarquèrent progressivement.
Morgath observa les environs.
La poudre glaciale tombait également ici.
Elle recouvrait les ruines, les chemins et les bâtiments abandonnés.
Norance semblait figée dans un hiver sans fin.
Mais l'armée n'était pas venue pour rester.
Morgath donna ses premiers ordres.
Les soldats se mirent immédiatement au travail.
Ils savaient que quelque chose se préparait.
Le départ d'Atlas
À Atlas, Adel Al’Rashim avait pris en main l'organisation de l'expédition.
Khïn, Vark, Tumnii, Dorn, Grakhar, Xarkess, Lyrielle et les autres soldats se préparaient.
Les a***s étaient vérifiées une dernière fois.
Les provisions réparties.
Les chevaux préparés.
Les cartes consultées.
Chacun savait désormais que cette expédition ne serait pas une simple mission de reconnaissance.
Trop de choses étranges s'étaient produites.
Les morts-vivants.
Les créatures anciennes.
Le dragon rouge.
Les portes magiques.
Les symboles.
Et maintenant cette poudre tombée du ciel.
Khïn leva les yeux.
Un fragment glacé tomba sur sa main.
Il le regarda quelques secondes.
Vark s'approcha.
— Toujours rien ?
Khïn secoua la tête.
— Rien.
Le fragment fondit lentement entre ses doigts.
Les deux guerriers échangèrent un regard.
Puis ils reprirent leurs préparatifs.
Sur les chemins
Plus loin encore, deux silhouettes avançaient seules sur une ancienne route.
Varnek et Argus Draeven.
Le froid ralentissait leurs pas.
Le vent soufflait entre les arbres.
Puis la poudre commença à tomber autour d'eux.
Argus leva la tête.
Un fragment se posa sur son épaule.
Il l'observa.
Varnek, lui, regardait déjà le ciel.
— Encore ce phénomène…
Argus ne répondit pas.
Son regard resta fixé sur les ténèbres au-dessus d'eux.
Pendant quelques secondes, il eut cette étrange impression que quelque chose observait le monde depuis derrière cette obscurité.
Mais il ne savait pas quoi.
Il baissa finalement les yeux et continua sa route.
Partout sur le territoire, le même spectacle se répétait.
À Atlas.
À Norance.
Dans les villages.
Dans les forêts.
Sur les montagnes.
Sur les routes.
La poudre glaciale tombait sans interruption.
Et personne ne savait quand elle s'arrêterait.
Les différents groupes continuaient leur progression.
Certains se dirigeaient vers Atlas.
D'autres vers Norance.
D'autres encore vers les anciennes terres où se trouvaient les portes oubliées.
Tous avançaient sans connaître l'ensemble de la vérité...

06/09/2026

Chapitre 34 : Répartition

Les quatre mages étaient réunis autour d'une grande table.
Depuis plusieurs jours, les événements s'accumulaient.
Le froid qui avait envahi le monde.
Les morts-vivants sortis de la Cité Blanche.
Le dragon rouge aperçu au-delà des mers du Nord.
La créature apparue près des montagnes.
Et surtout…
Les anciennes portes magiques découvertes dans plusieurs endroits du royaume.
Pour Paraph, Burgos, Elektra et Ezekiel, il devenait impossible de croire à de simples coïncidences.
Ils avaient besoin de réponses.
Et pour les obtenir, ils allaient devoir retourner là où certains des indices les plus anciens avaient été découverts.
Les catacombes d'Arkontte.
Et la Grotte des Oubliés.
Paraph posa plusieurs documents sur la table.
— Nous avons suffisamment d'indices pour commencer à comprendre.
Ezekiel parcourut les parchemins.
— Des portes magiques ont été découvertes dans plusieurs endroits.
— Et elles n'étaient pas là par hasard, répondit Elektra.
Burgos observa les documents.
— Elles enfermaient quelque chose.
Un silence s'installa.
Des créatures anciennes.
Des créatures qui, pour certaines, venaient désormais de retrouver leur liberté.
Rajka en était la preuve.
Le dragon rouge avait été aperçu de leurs propres yeux.
Les morts-vivants, eux, étaient liés à la Cité Blanche.
Et maintenant, Taürus avait également quitté son ancienne prison.
Trois événements.
Trois endroits différents.
Mais peut-être…
Une seule histoire.
Paraph se leva.
— Nous devons nous séparer.
Il désigna la carte.
— Elektra et Ezekiel iront à la Grotte des Oubliés.
Elektra regarda son anneau magique.
— Et comment allons-nous rejoindre les montagnes ?
Ezekiel leva sa main.
Son propre anneau brillait légèrement.
— Nos anneaux.
Ils avaient été conçus pour permettre une téléportation rapide vers certaines zones déterminées.
— Nous nous téléporterons à proximité de la grotte, expliqua Elektra. Ensuite, nous continuerons à pied.
Paraph acquiesça.
— Soyez prudents. Si les anciennes créatures étaient enfermées là-bas, il est possible que d'autres portes existent encore.
Ezekiel rangea les documents.
— Nous trouverons quelque chose.
Paraph se tourna alors vers Burgos.
— Nous, nous irons à Arkontte.
Burgos hocha la tête.
— Les catacombes pourraient contenir les réponses que nous cherchons.
Paraph prit alors un petit objet posé près des parchemins.
Une plume noire.
Il la posa devant lui.
Puis il commença à prononcer une formule.
La plume se souleva.
Une lumière sombre l'entoura.
En quelques secondes, elle se transforma en un corbeau entièrement constitué d'énergie magique.
Ses yeux brillèrent.
Le corbeau attendait.
Paraph prit alors un morceau de parchemin et y inscrivit quelques mots.
— Nous devons prévenir les Héritiers des Anciens à Brumegris.
Burgos regarda le message.
— Et qu'allons-nous leur demander ?
Paraph répondit sans hésiter :
— De retrouver Kimbo.
Burgos fronça les sourcils.
— Le paladin ?
— Le chasseur de monstres.
Paraph attacha le message au corbeau magique.
— Nous aurons besoin de quelqu'un capable de reconnaître ce que nous allons peut-être découvrir.
Le corbeau déploya ses ailes.
FWOOSH !
Il s'envola par la fenêtre et disparut dans le ciel sombre.
Les quatre mages restèrent quelques secondes silencieux.
Puis Paraph étala les documents sur la table.
Certains étaient anciens.
Très anciens.
Des cartes.
Des fragments de textes.
Des dessins représentant des créatures.
Et surtout…
Des symboles.
Paraph posa son doigt sur l'un d'eux.
— Regardez.
Burgos se pencha.
— Le même symbole ?
— Exactement.
Elektra observa le document.
— Celui qui apparaît près des anciennes portes ?
Paraph hocha la tête.
— À chaque endroit où une créature est apparue, nous avons retrouvé des traces de ces symboles anciens.
Ezekiel releva les yeux.
— Et les portes ?
Paraph déplaça plusieurs cartes.
— Elles sont invisibles.
Il marqua une pause.
— Mais elles sont toujours apparues à quelques mètres des symboles.
Le silence devint lourd.
Burgos comprit le premier.
— Donc les symboles pourraient être liés aux portes.
— C'est ce que je pense.
Elektra regarda les cartes.
— Et si quelqu'un avait volontairement ouvert ces portes ?
Personne ne répondit immédiatement.
Paraph fixa les documents.
Toutes les pièces semblaient commencer à s'emboîter.
Les créatures anciennes.
Les prisons magiques.
Les symboles.
Les portes.
Le froid.
Les morts-vivants.
Le dragon.
Tout semblait lié.
Mais une question restait sans réponse.
Qui avait fait cela ?
Paraph referma lentement un vieux parchemin.
— Si nous avons raison…
Il regarda les trois autres.
— Quelqu'un est en train de rouvrir les anciennes prisons.
Ezekiel serra les poings.
— Les Ténèbres…
Paraph ne répondit pas.
Il regarda une dernière fois les symboles.
— Ou alors…
Il marqua une pause.
— Le monde lui-même est en train de basculer du mauvais côté.
Un silence glacial envahit la pièce.
Mais une chose était désormais certaine.
Ces événements n'étaient pas naturels.
Quelqu'un avait déclenché tout cela.
Et cette personne avait commencé à réveiller les anciennes Ténèbres.

06/09/2026

Chapitre 33 : Le savoir est une a**e

Le bateau avançait lentement sur le Fluvien, ses lourdes embarcations militaires glissant sur une eau devenue presque noire sous le ciel obscur.
À son bord se trouvait l’armée naine du commandant orc Morgath.
Ils entraient désormais dans la zone de Norance.
Mais ce qu’ils découvrirent en remontant le fleuve dépassait tout ce qu’ils avaient imaginé.
Le fleuve, large d'une vingtaine de mètres, traversait une région autrefois habitée et prospère.
Désormais, tout semblait abandonné.
Des maisons éventrées bordaient les rives. Des champs étaient recouverts de givre. Des charrettes renversées et des débris jonchaient les chemins.
Et partout…
Des morts.
Des centaines de morts-vivants déambulaient sans but apparent le long des berges.
Certains marchaient dans les anciens villages.
D'autres erraient entre les maisons.
Quelques-uns se tenaient simplement immobiles, le regard vide tourné vers le fleuve.
Les habitants avaient fui.
Ceux qui n'avaient pas pu partir étaient morts.
Et certains étaient désormais devenus ce qu'ils fuyaient.
Le silence était seulement interrompu par le bruit du bateau et les cris lointains des morts-vivants.
Morgath observa les rives.
— Impossible d'accoster ici.
Quelques nains se rapprochèrent de lui.
— On pourrait tenter de pousser directement jusqu'à la berge.
Morgath regarda l'eau.
Une fine couche de glace commençait déjà à se former à la surface.
Puis elle s'épaississait.
De plus en plus rapidement.
Le froid gagnait du terrain.
— Non. Si on continue comme ça, le bateau finira prisonnier de la glace.
Un nain pointa alors du doigt l'horizon.
— Le pont de Louvel !
Morgath se retourna.
Au loin, à travers la brume froide, les contours du pont apparaissaient enfin.
— On continue jusqu'au pont. Ensuite, on prendra la rive droite. Elle semble plus accessible.
L'équipage modifia légèrement sa trajectoire.
Le bateau ralentit.
Le pont de Louvel se rapprochait.
Puis un cri retentit depuis la rive.
— À L'AIDE !
Morgath se retourna brusquement.
Plusieurs paysans étaient regroupés derrière des barricades improvisées.
Devant eux se trouvaient plusieurs morts-vivants.
Les créatures avançaient lentement, mais elles étaient encore trop loin pour atteindre les survivants.
Les paysans tentaient de maintenir les barricades en place.
Morgath observa la scène quelques secondes.
Puis il dégaina sa nouvelle a**e à poudre.
Un petit canon portatif conçu par les artisans nains.
Il épaula.
BOOM !
Le projectile frappa directement la tête du mort-vivant.
La créature s'effondra.
Les nains autour de Morgath comprirent immédiatement.
BOOM !
BOOM !
BOOM !
En quelques secondes, les morts-vivants furent tous à terre.
Les paysans restèrent figés.
Puis l'un d'eux comprit.
— Ils viennent nous aider !
Les habitants sortirent prudemment de derrière leurs barricades.
Ils attrapèrent tout ce qu'ils pouvaient : cordes, planches, morceaux de bois.
Ils vinrent jusqu'au bord du fleuve pour aider les soldats à débarquer.
Mais une nouvelle difficulté apparut.
La glace.
À chaque pas, elle craquait sous les bottes des nains.
CRRRR...
— Doucement !
Un premier groupe traversa.
La glace trembla.
CRAAAC !
Mais elle tint bon.
Les villageois maintenaient les cordages tandis que les nains avançaient un par un.
Finalement, après de longues minutes de tension, toute l'armée de Morgath parvint à rejoindre la terre ferme.
Les soldats se regroupèrent immédiatement.
Morgath observa le pont de Louvel.
— On prend le pont. Ensuite, on s'enfonce dans la rive gauche.
Les nains se mirent en formation.
Mais ils n'eurent pas le temps d'avancer bien loin.
Une immense masse de morts-vivants apparut devant eux.
Une centaine.
Peut-être davantage.
Les créatures avançaient lentement dans leur direction.
Morgath leva son a**e.
— FEU !
BOOM !
Les canons nains résonnèrent dans toute la vallée.
BOOM !
BOOM !
Les petits boulets traversèrent les rangs des morts-vivants.
Certains nains chargèrent ensuite avec leurs haches.
CLANG !
CRAAK !
Les morts-vivants tombaient les uns après les autres.
La bataille fut courte.
Lorsque le dernier ennemi s'effondra, les nains reprirent leur souffle.
Morgath allait donner l'ordre de continuer lorsqu'un bruit étrange apparut derrière eux.
Des pas.
Nombreux.
Les soldats se retournèrent.
Les morts-vivants qui se trouvaient encore dans les environs venaient de changer de direction.
Tous.
Sans exception.
Une véritable marée de corps sans vie passa devant l'armée naine.
Mais cette fois…
Ils ne marchaient plus lentement.
Ils couraient.
À une vitesse incroyable.
Ils traversèrent le chemin sans même regarder les soldats.
Aucune attaque.
Aucun mouvement vers les nains.
Rien.
Ils semblaient simplement avoir trouvé leur destination.
Leurs corps couraient sans montrer le moindre signe de fatigue.
Leurs cris d'hommes sans vie résonnaient dans la vallée.
AAAAAAAH !
Puis ils disparurent progressivement dans la brume.
Les nains restèrent silencieux.
L'un d'eux regarda Morgath.
— Où vont-ils comme ça ?
Morgath fixa longuement la direction prise par les morts-vivants.
Il ne répondit pas immédiatement.
Puis il murmura :
— Aucune idée…
Son regard resta fixé sur l'horizon.
— Mais j'ai bien l'impression qu'eux… le savent.
Le silence retomba.
Morgath resserra sa prise sur son a**e.
Quelque chose avait changé.
Les morts-vivants n'étaient peut-être plus de simples créatures errantes.
Quelqu'un…
Ou quelque chose…
semblait désormais les guider.

02/09/2026

Chapitre 32 : Taürus

BOUM !
Un coup de poing phénoménal frappa la roche.
La montagne trembla dans ses profondeurs.
Des blocs de pierre se détachèrent de la paroi et s'écrasèrent lourdement au sol.
BOUM !
Un deuxième coup.
La roche se fissura davantage.
Dans l'obscurité, quelque chose tentait de se frayer un passage.
Une immense main apparut à travers la paroi.
Ses doigts étaient gigantesques, chacun d'eux faisant presque la taille d'un homme.
La créature agrippa la roche et tira.
KRRRRRAAAAK !
Une partie de la paroi vola en éclats.
La poussière envahit les profondeurs de la montagne.
Puis apparut un énorme poignet.
Autour de celui-ci était attachée une chaîne colossale, complètement rouillée.
Elle semblait avoir été abandonnée là depuis des siècles.
La créature tira encore.
CLANG !
La chaîne se tendit.
CLANG !
Elle résista.
Un nouveau coup de poing s'abattit.
BOUM !
La montagne trembla une nouvelle fois.
Puis la créature tira de toutes ses forces.
CRAAAAACK !
La chaîne céda.
Une immense partie de la roche s'effondra.
L'ouverture était maintenant suffisamment grande.
Un silence profond envahit la montagne.
Puis une respiration se fit entendre.
HAAAAAAA...
L'air froid de l'extérieur pénétra dans la caverne.
La créature inspira profondément.
Après des siècles passés dans l'obscurité...
elle respirait enfin l'air libre.
Deux yeux apparurent dans la poussière.
Puis une immense silhouette sortit lentement de la montagne.
Plus de dix mètres de hauteur.
Un corps massif.
Une musculature impressionnante.
Un énorme crâne.
Deux cornes gigantesques courbaient sa tête.
Ses bras étaient démesurés.
Ses jambes semblaient capables de faire trembler la terre à chacun de leurs pas.
Ses poignets et ses chevilles portaient encore les chaînes brisées.
Les morceaux de métal traînaient derrière lui.
CLANG...
CLANG...
CLANG...
Il ne portait qu'un vieux pantalon déchiré.
La créature resta immobile.
Elle observa silencieusement les terres sauvages.
Le vent froid passa sur son immense corps.
Ses yeux se levèrent lentement.
Il regarda le sommet de la montagne.
Puis il commença à grimper.
Sa progression était impressionnante.
Ses mains s'enfonçaient dans la roche pour lui permettre de gravir les parois.
Chaque mouvement faisait tomber des pierres derrière lui.
CRAC...
BOUM...
En quelques instants, il atteignit le sommet.
Il s'immobilisa.
Devant lui s'étendait un immense territoire.
Des montagnes.
Des forêts.
Des vallées plongées dans une étrange obscurité.
La Cité Blanche n'était pas visible.
Elle se trouvait bien trop loin, cachée derrière les montagnes et les terres sauvages.
Pourtant...
la créature tourna lentement la tête vers une direction précise.
Il fixa l'horizon.
Il ne bougea plus.
Comme s'il savait exactement où regarder.
Comme s'il connaissait déjà son chemin.
Le vent souffla autour de lui.
Les chaînes brisées accrochées à ses poignets bougèrent légèrement.
CLANG...
Puis la créature se retourna.
Elle descendit la montagne.
Un pas.
BOUM.
Puis un autre.
BOUM.
Sa marche devint progressivement plus rapide.
Puis il se mit à courir.
Malgré sa taille gigantesque, sa vitesse était impressionnante.
Il traversa les rochers.
Franchit les ravins.
Gravit les pentes avec une facilité déconcertante.
Il ne semblait ni chercher son chemin ni hésiter.
Il avançait dans une direction précise.
Toujours la même.
La direction de la Cité Blanche.
Son nom était Taürus.
Personne ne savait qui il était réellement.
Personne ne savait depuis combien de temps il avait été enfermé.
Personne ne savait qui avait placé ces chaînes autour de ses poignets et de ses chevilles.
Et surtout...
personne ne savait pourquoi, après des siècles d'emprisonnement, son premier objectif semblait être cette cité qu'il ne pouvait même pas voir.
Taürus continua sa marche.
Silencieux.
Implacable.
Libre.

02/09/2026

Chapitre 31 : Obscurité totale

Le monde avait changé.
Depuis plusieurs semaines, quelque chose d'inexplicable s'était installé sur les terres connues.
Le jour existait encore.
La nuit aussi.
Mais plus rien n'était comme avant.
Le soleil apparaissait dans le ciel sous une forme étrange, sombre, presque noire, comme si une immense ombre avait recouvert sa lumière.
La nuit, la lune et les étoiles étaient toujours visibles.
Mais leur éclat semblait plus faible.
Plus froid.
Et surtout...
Le froid s'était installé.
Un froid digne des hivers les plus terribles que les anciens avaient connus.
Les forêts étaient silencieuses.
Les rivières commençaient à geler.
Les vents traversaient les plaines comme des lames.
Et partout, les peuples commençaient à comprendre qu'un phénomène qu'ils ne pouvaient expliquer était en train de toucher le monde entier.
Atlas
Dans les ruines d'Atlas, les survivants de la bataille commençaient doucement à se relever.
Certains soldats marchaient encore difficilement.
D'autres transportaient des pierres, reconstruisaient les murs ou tentaient de remettre en état les bâtiments détruits.
La tristesse était toujours présente.
Les morts étaient nombreux.
Et les visages des survivants portaient encore les traces de la bataille.
Mais une inquiétude nouvelle avait pris le dessus.
Le climat.
Personne ne comprenait ce qui se passait.
Dans la grande salle du royaume, Khïn, Vark, Tumnii, Dorn, Grakhar, Xarkess, Adel Al'Rashim, Lyrielle et plusieurs soldats étaient réunis.
Devant eux se trouvaient des cartes d'Atlas.
Des plans de reconstruction étaient étalés sur une grande table.
Les travaux avaient déjà commencé à l'extérieur.
Des hommes et des femmes reconstruisaient les habitations.
Des soldats renforçaient les murailles.
Des forgerons fabriquaient de nouvelles a***s.
Atlas devait renaître.
Et le peuple avait déjà fait son choix.
Adel Al'Rashim devait devenir l'intendant du royaume.
Il avait accepté cette responsabilité avec fierté.
— Nous devons reconstruire les quartiers nord en priorité, expliqua Adel. Les habitations sont trop proches des anciennes fortifications. Si nous devons défendre Atlas à nouveau, elles deviendront un obstacle.
Khïn acquiesça.
— Fais comme tu le juges nécessaire.
Adel regarda les plans avec détermination.
— Alors nous commencerons demain.
Soudain...
BAM !
Les grandes portes de la salle s'ouvrirent.
Tous les regards se tournèrent vers l'entrée.
Un messager apparut.
Il était couvert de poussière.
Son visage était épuisé.
Il avançait difficilement.
Un morceau de tissu protégeait son visage du froid.
Il s'arrêta devant le conseil.
— J'apporte un message...
Khïn se leva.
— De qui ?
Le messager sortit un parchemin soigneusement attaché.
— Du seigneur Albin.
La pièce devint silencieuse.
Khïn prit le message.
Il brisa le sceau.
Ses yeux parcoururent les premières lignes.
Son expression changea.
Vark le remarqua immédiatement.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Khïn ne répondit pas.
Il continua de lire.
Puis il posa lentement le parchemin sur la table.
— Ce n'est pas seulement Atlas.
Lyrielle s'approcha.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
Khïn releva les yeux.
— Le phénomène touche toutes les terres.
Le messager prit alors la parole.
— Depuis plusieurs semaines, les journées se sont progressivement dégradées.
Il inspira profondément.
— Au début, les températures étaient simplement plus douces que la normale.
Puis elles ont commencé à descendre.
Encore.
Et encore.
Les journées ensoleillées sont devenues plus courtes.
Les vents se sont renforcés.
Puis le froid est devenu glacial.
Il marqua une pause.
— Et maintenant...
Il hésita.
— Maintenant, le soleil lui-même semble avoir changé.
Personne ne parla.
— La lumière disparaît de plus en plus tôt chaque jour, continua le messager. Et depuis quelques jours...
Il regarda autour de lui.
— Une étrange poussière tombe du ciel.
Dorn fronça les sourcils.
— De la neige ?
— Non.
Le messager secoua la tête.
— Ce sont de minuscules fragments. Une poudre très fine. Elle voltige dans l'air avant de se déposer sur les arbres et les toits.
Vark échangea un regard avec Khïn.
— Vous savez ce que c'est ?
— Non, répondit le messager.
Un silence lourd s'installa.
Xarkess s'approcha de la table.
— Et Norance ?
— Le seigneur Albin demande de l'aide. Il souhaite savoir si Atlas peut envoyer une expédition afin d'observer la situation.
Khïn regarda les autres.
— Nous devons y aller.
Tumnii secoua immédiatement la tête.
— Non.
Tous se tournèrent vers lui.
— Je ne partirai pas.
Khïn le fixa.
— Tumnii...
— J'ai perdu assez de choses.
Sa voix était calme, mais ferme.
— Je resterai ici.
Il se leva.
Avant de quitter la salle, il salua les personnes présentes.
— Bonne chance.
Puis il disparut derrière les portes.
Personne ne le retint.
Lyrielle regarda l'endroit où il venait de partir.
Elle baissa les yeux.
La mort de Kaelor était encore présente dans son esprit.
Mais quelque chose avait changé en elle.
La douleur était toujours là.
Pourtant, elle ne voulait plus rester immobile.
Elle releva la tête.
— J'irai.
Khïn la regarda.
— Tu es sûre ?
— Oui.
Elle serra les poings.
— Kaelor est mort... mais je ne veux pas que sa mort m'empêche de continuer.
Une nouvelle détermination brillait dans ses yeux.
Khïn resta silencieux quelques secondes.
Puis il acquiesça.
— Alors je viens aussi.
Vark se leva à son tour.
— Moi également.
Khïn tourna la tête vers lui.
— Tu n'es pas obligé.
Vark esquissa un léger sourire.
— Je sais.
Il regarda par la fenêtre.
Dehors, la lumière était déjà faible malgré l'heure.
— Mais quelque chose me dit que nous devons découvrir ce qui se passe.
Adel Al'Rashim posa alors ses mains sur la table.
— Je viens.
Vark le regarda.
— Et Atlas ?
— Atlas aura besoin d'un intendant.
Adel sourit.
— Mais un intendant peut parfois quitter son royaume pour quelques jours.
Dorn éclata de rire.
— Alors moi, je viens !
Grakhar leva immédiatement la main.
— Moi aussi.
Dorn lui lança un regard amusé.
— Pourquoi ?
Grakhar haussa les épaules.
— Parce qu'il fait trop chaud ici.
Un silence.
Puis plusieurs soldats éclatèrent de rire.
Même Khïn esquissa un sourire.
L'espace de quelques secondes, la tristesse sembla disparaître.
Mais elle revint rapidement.
Car tous savaient pourquoi ils partaient.
Quelque chose approchait.
Quelque chose qu'ils ne comprenaient pas.
Khïn posa alors son doigt sur la carte.
— Nous partirons vers Norance.
Vark s'approcha.
— Combien d'hommes ?
— Pas une armée.
Khïn regarda chacun des volontaires.
— Une petite expédition. Des guerriers capables de se déplacer rapidement.
Adel acquiesça.
— Et pendant notre absence, Atlas doit continuer sa reconstruction.
— Exactement.
Khïn prit une plume.
Il commença à tracer plusieurs lignes sur la carte.
Une organisation militaire devait être créée.
Des groupes de défense.
Des éclaireurs.
Des patrouilles.
Des réserves d'a***s.
Atlas ne pouvait plus se permettre d'être pris au dépourvu.
La guerre avait changé.
Le monde aussi.
Et désormais, ils devaient se préparer à quelque chose qu'ils ne comprenaient même pas encore.
Pendant ce temps, dehors...
Une fine poussière continuait de tomber du ciel.
Elle recouvrait lentement les ruines d'Atlas.
Personne ne savait d'où elle venait.
Personne ne savait ce qu'elle annonçait.
Mais dans les profondeurs du monde...
Les Ténèbres avaient déjà commencé leur marche.
Et bientôt, Atlas allait comprendre que le froid n'était peut-être que le premier signe de leur retour.

Chapitre 31 : Obscurité totale (suite)

Un silence pesant régnait encore dans la grande salle.
La carte de la région était toujours étendue sur la table, entourée de soldats, de guerriers et de conseillers.
Puis une voix s'éleva derrière eux.
— Attendez...
Tous se retournèrent.
Tumnii se tenait dans l'encadrement de la porte.
Il avait quitté le conseil quelques instants auparavant, mais quelque chose semblait avoir changé dans son regard.
Il s'avança lentement.
— J'ai bien réfléchi.
Khïn le regarda sans dire un mot.
Tumnii posa son regard sur les membres du conseil.
— Je vais venir aussi.
Un sourire apparut immédiatement sur le visage de Khïn.
— Tu es certain ?
Tumnii acquiesça.
— Oui.
Il regarda ses propres soldats.
— Mais mes hommes, eux, retourneront dans les montagnes. Ils doivent protéger les leurs.
Les soldats présents échangèrent des regards.
Puis des sourires se dessinèrent sur plusieurs visages.
Le retour de Tumnii auprès du groupe semblait leur faire du bien.
— Alors nous serons plus nombreux que prévu, dit Vark.
Tumnii sourit légèrement.
— Et peut-être plus chanceux.
Un bruit provenant de l'entrée interrompit la conversation.
TOC ! TOC !
Deux soldats atlassiens apparurent derrière les grandes portes.
Ils s'inclinèrent devant Adel Al'Rashim.
— Seigneur Adel...
— Entrez.
Les deux soldats s'avancèrent.
— Deux hommes demandent à entrer. Ils disent appartenir à un groupe appelé les Hommes de l'Ombre.
Adel regarda Khïn.
Puis il fit un signe de la main.
— Faites-les entrer.
Les soldats s'écartèrent.
Deux silhouettes pénétrèrent dans la grande salle.
Leurs vêtements sombres étaient recouverts de poussière.
Ils portaient des capuches et des a***s légères.
Ils ne semblaient pas être des soldats ordinaires.
Le premier s'avança.
— Votre messager...
Il regarda le parchemin posé sur la table.
— Il a fait tomber la deuxième partie du message.
Un murmure parcourut la salle.
— La deuxième partie ? demanda Vark.
L'homme sortit un morceau de parchemin plié.
— Oui.
Il le tendit à Adel.
Le second homme prit alors la parole.
— Et croyez-moi...
Il marqua une pause.
— Ce qui est écrit ici est bien plus grave que ce que vous venez d'entendre.
Adel déplia le parchemin.
Ses yeux parcoururent les premières lignes.
Son visage se figea.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Khïn.
Adel ne répondit pas immédiatement.
Il passa le parchemin à Khïn.
Khïn lut.
Puis Vark se rapprocha.
— Lis à voix haute.
Khïn inspira profondément.
— Le seigneur Albin fait mention de morts-vivants.
La salle entière sembla se refroidir.
— Des morts-vivants ?
Lyrielle s'approcha.
— Où ?
Khïn continua.
— Ils seraient sortis de la Cité Blanche.
Personne ne parla.
Même Dorn et Grakhar cessèrent de plaisanter.
La Cité Blanche...
Son nom était connu de tous.
Une cité ancienne.
Un lieu dont les histoires étaient déjà suffisamment inquiétantes sans qu'on y ajoute des morts revenus à la vie.
Le premier Homme de l'Ombre reprit la parole.
— Ce n'est pas tout.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
— Une créature est sortie de la forêt d'Arkontte.
Vark fronça les sourcils.
— Quelle créature ?
— Nous ne savons pas.
— Vous l'avez vue ?
— Seulement quelques secondes.
L'homme secoua la tête.
— Mais ceux qui l'ont aperçue affirment qu'elle n'était ni humaine, ni orc, ni une bête connue.
Un nouveau silence.
Le second Homme de l'Ombre s'avança.
— Et il y a quelques jours, nous avons reçu ceci par corbeau.
Il sortit un petit morceau de papier.
— Un dragon a traversé les mers du Nord.
Cette fois, plus personne ne bougea.
Dorn regarda Grakhar.
— Un dragon...
Grakhar hocha lentement la tête.
— Voilà qui devient intéressant.
— Intéressant ? répéta Vark.
Grakhar haussa les épaules.
— Je préfère combattre un dragon que mourir de froid.
Dorn éclata brièvement de rire.
Mais personne d'autre ne riait.
L'inquiétude était désormais palpable dans toute la salle.
Des phénomènes climatiques inconnus.
Une armée ancienne sortie des profondeurs.
Des morts-vivants.
Une créature inconnue dans la forêt d'Arkontte.
Et maintenant...
Un dragon venu des mers du Nord.
Adel posa lentement le parchemin sur la table.
— Voilà.
Il regarda les personnes présentes.
— Nous n'en savons pas plus.
Il marqua une pause.
— Mais c'est déjà assez.
Khïn acquiesça.
— Beaucoup trop.
Le premier Homme de l'Ombre reprit alors la parole.
— Il y a encore une chose.
Khïn se retourna.
— Quoi ?
— Il y a quelques temps, nous avons aperçu des hommes avec d'autres membres de notre groupe.
— Combien ?
- Ils étaient deux il y avait un homme et un orc.
Lyrielle fronça les sourcils.
— Un homme et un orc ?
— Oui.
— Où allaient-ils ?
— Vers Arkanah.
Le nom fit réagir plusieurs personnes.
— Arkanah... chez les Hayawann ? demanda Adel.
L'Homme de l'Ombre acquiesça.
— Exactement.
Il regarda Khïn.
— Peut-être sont-ils des amis à vous ?
Khïn secoua la tête.
— Non.
Vark fit de même.
— Je ne connais personne correspondant à cette description.
Lyrielle regarda les autres.
— Moi non plus.
Tumnii réfléchit.
— Personne dans nos rangs.
Le mystère s'épaississait.
Ces hommes étaient donc inconnus.
Et pourtant...
Ils avaient été aperçus en direction d'Arkanah.
L'Homme de l'Ombre reprit :
— À présent, ils sont cinq.
Khïn releva brusquement la tête.
— Cinq ?
— Oui.
— Et où sont-ils maintenant ?
— Ils se dirigent vers Atlas.
Tous se regardèrent.
— Ils ont essayé d'éviter la forêt, poursuivit l'homme. Ils ont pris un autre chemin.
Adel s'approcha de la carte.
— Alors ils seront ici bientôt.
— Probablement.
Khïn observa longuement les routes dessinées sur la carte.
Un homme.
Un orc.
Trois autres inconnus.
Cinq voyageurs avançant vers Atlas alors que le monde sombrait peu à peu dans l'obscurité.
Il ne pouvait s'empêcher de se demander qui ils étaient.
Et surtout...
Pourquoi venaient-ils ici ?
Adel se retourna vers les deux Hommes de l'Ombre.
— Merci, messieurs, pour ces informations.
Khïn leur fit alors un léger clin d'œil.
— Restez avec nous. Reposez-vous.
Les deux hommes se regardèrent.
Puis le premier sourit légèrement.
— Nous sommes des Hommes de l'Ombre.
Le second inclina la tête.
— Nous vous remercions pour votre hospitalité.
Ils se dirigèrent vers la porte.
Avant de sortir, le premier se retourna.
— Mais nous devons poursuivre notre route.
Adel hocha la tête.
— Alors que les anciens dieux vous protègent.
L'homme abaissa légèrement son capuchon.
— Merci à vous.
Puis les deux silhouettes disparurent dans le couloir.
Les grandes portes se refermèrent.
CLAC.
Khïn resta devant la carte.
Personne ne parlait.
Puis il posa lentement son doigt sur la route menant à Atlas.
— Cinq inconnus...
Vark s'approcha.
— Et ils arrivent ici.
Lyrielle regarda par la fenêtre.
Dans le ciel, le soleil sombre disparaissait derrière d'épais nuages.
Une fine poussière tombait encore.
— Peut-être qu'ils savent quelque chose.
Tumnii croisa les bras.
— Ou peut-être qu'ils fuient quelque chose.
Adel regarda les cartes.
— Dans les deux cas...
Il releva les yeux.
— Nous devons être prêts à les accueillir.
Dehors, le vent se leva.
Au loin, dans les terres sauvages...
cinq silhouettes avançaient silencieusement vers Atlas.
Et aucun d'entre eux ne savait encore que leur arrivée allait bouleverser le royaume.

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